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dimanche 29 novembre 2009

Chronique : Girls - Album (2009)

Commençons cette critique par une évidence : il est des albums qui sont plus difficiles à chroniquer que d'autres. C'est le cas de ce disque opportunément nommé Album, et ce pour plusieurs raisons.
Tout d'abord, la politique commerciale ayant précédé l'édition dudit Album s'est avérée pour le moins curieuse : plusieurs morceaux qui en sont extraits étaient disponibles dés l'année dernière en single et sur la Toile (par des chemins numériques plus ou moins légaux). Ce choix était très susceptible d'annihiler tout effet de surprise, les morceaux qu'il restait à découvrir pouvant s'avérer décevants au regard de ce qui avait déjà pu être écouté.
Ensuite, le buzz rattaché à tout groupe indie artificiellement affilié au "genre shoegaze", supposé être la martingale pour vendre à peu près tout et n'importe quoi à l'amateur de rock indé moyen, aurait également pu faire craindre le pire (combien d'enfants illégitimes de Ride ou de Jesus & Mary Chain, par exemple ?).
Ces deux éléments mis bout-à-bout ont provoqué chez votre serviteur un sentiment d'excitation un brin hystérique (ce dernier est allé chercher son exemplaire chez un Agitateur d'Idées bien connu ... le jour de sa sortie aux Etats-Unis !) mêlé à une réelle appréhension.
Comme son patronyme l'indique, le groupe Girls a pour thème de prédilection le seul qui ait quelque intérêt : les filles.
Le leader du groupe, Christopher Owens, fait ainsi de ses compositions de superbes petits récits épiques, nourris de frustrations, d'amours ratées, et de déceptions en tout genre, distillés dans des morceaux dont les titres évoquent parfois des prénoms féminins qu'on devine douloureusement évocateurs.
Laura et Lauren Marie sont ainsi des supplications mises en musique sur un ton badin pour la première, et nettement plus obscur pour la seconde. Si Laura évoque une confrontation plutôt faite de cris, reproches et engueulades bien senties, sur une rythmique rock cisaillée par un refrain plus mélodieux (pour faire revenir la belle ?), Lauren Marie est quant à lui un morceau plus tendu, évoquant de façon particulièrement douloureuse le thème de l'amour impossible.
Ghost Mouth est un morceau sur la même tonalité musicale, mélancolique et nonchalante, aux sonorités doucereuses et déchirantes.
Mais ce qui constitue la marque de fabrique de Girls, c'est cette capacité à générer des morceaux inscrits dans la pure tradition hippie-folk californienne, subtilement agrémentée de motifs sonores noisy-pop : il en résulte de magnifiques moments de grâce, desquels exsudent des vapeurs lysergiques qui font que les mélodies entrent dans la tête de l'auditeur pour ne plus en ressortir ...
Les sommets de l'Album entrent dans cette catégorie, tel le splendide Summertime, morceau entamé au rythme d'une balade innocemment mélancolique, qui s'achève sur un impénétrable mur de guitare. Basé sur une structure similaire, mais sur un rythme plus lent et plus lourd, l'étourdissant Hellhole Ratrace envoie l'amateur de bon son en apesanteur en un peu plus de six minutes qui s'avèrent, au final, bien trop courte !
Cependant, Girls n'oublie pas les amateurs de noisy "pure et dure", et en profite pour leur jouer un tour pendable : le hautement addictif Morning Light solde en effet les comptes de l'héritage porté par My Bloody Valentine à grands coups de riffs de guitare saturés, mêlés à des chants éthérés dignes des fameux irlandais ... mais sur un rythme d'une vélocité infernale !
Même le tube psychobilly Big Bad Mean Motherfucker est empreint d'un psychédélisme particulièrement corsé, donnant une saveur particulière à un style musical pourtant très stéréotypé.
Le morceau Curls constitue, pour sa part, une petite plage instrumentale isolée, gorgée du soleil de la Côte Ouest, dont rêverait le groupe Air s'il était encore capable d'en trouver le chemin.
Mais ce qui rend cet Album particulièrement délectable, c'est l'ironie mordante, parfaitement mise en musique, qui transparait tout au long de l'oeuvre.
En effet, la pose misérabiliste de Christopher Owens le-roi-des-peines-de-coeur ne doit évidemment pas être prise au sérieux : en témoigne le morceau Lust for Life (sounds familliar ?) qui décrit de façon particulièrement cruelle l'existence d'une ancienne petite amie du chanteur au son d'une mélodie inhabituellement enjouée.
De même, le ton exagérément mélodramatique de Owens sonne comme une parodie irrévérencieuse du chant de Kurt Cobain, traduisant de sa part une façon amusante d'échapper enfin à l'ombre gigantesque et toujours présente de la figure christique de Seattle.
Owens va d'ailleurs jusqu'à paraphraser Sinnead O'Connor, qui peut être considérée comme un monument en matière de "pathos-pop", de façon totalement nonchalante.
Ce cocktail savamment dosé d'ironie, de psychédélisme, de dramaturgie excessive et de noisy acérée fait de cet album l'un des plus importants de cette année 2009, et très probablement, de l'avis de votre serviteur, l'album de l'année !

Mr Indie

http://www.myspace.com/girls

Tracklisting :
1 - Lust for Life
2 - Laura
3 - Ghost Mouth
4 - God Damned
5 - Big Bad Mean Motherfucker
6 - Hellhole Ratrace
7 - Headache
8 - Summertime
9 - Lauren Marie
10 - Morning Light
11 - Curls
12 - Darling

Le clip du fulgurant Morning Light :



Le clip de Lust for Life :

mercredi 11 novembre 2009

Chronique : The Flaming Lips - Embryonic (2009)

Chroniquer un album des Flaming Lips n'est jamais chose aisée. Il faut dire que l'univers musical du groupe entre arrangements psychédéliques, sonorités étranges (notamment dues à l'utilisation d'un theremin instrument de musique électronique permettant de produire de la musique sans que l'on touche physiquement l'appareil...), mélodies pop et goût prononcé pour la distorsion, à de quoi rebuter. La bande à Wayne Coyne a sorti la bagatelle de 12 albums depuis 1986 et on doit bien avouer que même s'il on trouve le groupe plus qu'attachant aucun album n'a su jusqu'à présent totalement nous convaincre et ce malgré les qualités évidentes de The Soft Bulletin (1999) ou de morceaux comme "Do You Realize?".
Toujours dans la démesure, le groupe revient avec sous le bras un double album (son premier), 18 morceaux et 70 minutes de musique... Le groupe y propose une sorte d'immense jam sorte de croisement improbable entre Pink Floyd, Miles Davies, Joy Division, et la musique électronique. Gasp !

Le premier disque comprend des pistes complètement barrées comme l'introductif "Convinced of The Hex" où basse, claviers, guitares et batteries se télescopent sans aucun lien à première vue entre eux, pour former au final un ensemble bien plus cohérent qu'il n'y paraît de prime abord. Le morceau s'enchaîne avec un "The Sparrow Looks Up At The Machine" stratosphérique, sorte de transe cosmique à l'ambiance pesante presque malsaine (que l'on retrouve également sur "See The Leaves").
Pour autant le groupe propose également des plages plus calmes, évoquant Pink Floyd. Ces très bonnes pistes ("Evil", "If" et "The Ego's Last Stand") sont autant d'intermèdes bienvenus entre deux déflagrations sonores.
C'est d'ailleurs quand le groupe se fait plus bruitiste qu'il se montre également nettement moins intéressant. Des morceaux comme "Aquarius Sabotage", "See The Leaves" ou "Your Bats", s'écoutent et s'oublient tout aussi vite...
Néanmoins l'ambiance particulière qui se dégage de ce premier disque et la qualité de certaines pistes ("Gemini Syringes" ou l'épique "Loverless") permettent d'oublier les défauts d'un premier disque parfois bancal.

Le deuxième disque fait la part belle aux contributions extérieures. Ainsi Karen O des Yeah Yeah Yeahs pose sa voix sur les très bons "I Can Be A Frog" et "Watching The Planets", tandis que les Flaming Lips s'accoquine aux MGMT pour le furieux "Worm Mountain".
Ce second disque est pourtant bien plus équilibré que le premier et propose de nombreuses pistes aux envolées lyriques où l'on sent que le groupe s'est librement inspiré du jazz notamment sur "The Impulse" qui doit autant à Miles Davis et Coltrane qu'à Kraftwerk et dans une moindre mesure sur "Sagittarius Siver Announcement".
Le groupe n'en oublie pas les morceaux plus enlevés comme ce "Worm Mountain" un peu décevant ou surtout le superbe "Silver Trembling Hands".

Au final, on mesure toute la difficulté de réaliser un double album. Amputé de quelques morceaux, les Flaming Lips aurait enregistré un très bon disque.
Pour autant le disque comporte suffisamment d'atouts pour que les fans y trouvent leur compte et constitue à ce titre une excellente manière pour les néophytes de s'initier à l'univers si particulier du groupe.

Frank

Tracklisting :

Disque 1 :
1. "Convinced of the Hex"
2. "The Sparrow Looks Up at the Machine"
3. "Evil"
4. "Aquarius Sabotage"
5. "See the Leaves"
6. "If"
7. "Gemini Syringes" (featuring Thorsten Wörmann and Karen O)
8. "Your Bats"
9. "Powerless"
10. "The Ego's Last Stand"

Disque 2 :
11. "I Can Be a Frog" (featuring Karen O)
12. "Sagittarius Silver Announcement"
13. "Worm Mountain" (featuring MGMT)
14. "Scorpio Sword"
15. "The Impulse"
16. "Silver Trembling Hands"
17. "Virgo Self-Esteem Broadcast" (featuring Thorsten Wörmann)
18. "Watching the Planets" (featuring Karen O)

A noter que la version proposée en téléchargement comporte quatre autres pistes :
19. "UFOs Over Baghdad"
20. "What Does It Mean?"
21. "Just Above Love"
22. "Anything You Say Now, I Believe You"

L'album en écoute sur deezer :
http://www.deezer.com/en/index.php?incr=1#music/the-flaming-lips/embryonic-398999

Le myspace du groupe :
http://www.myspace.com/flaminglips





jeudi 9 juillet 2009

Chronique : The Warlocks - The Mirror Explodes (2009)

The Mirror Explodes est la 5e livraison de la bande à Bobby Hecksher. L'album précédent, Heavy Deavy Skull Lover, avait marqué un tournant dans la discographie des américains : plus sombre qu'à l'accoutumée, le groupe offrait l'équivalent musical d'une descente aux enfers. Loin des tubes que sont "Shake The Dope Out", "Cocaine Blues" ou autre "Baby Blue", les Warlocks s'aventuraient sur des contrées plus shoegaze.
Ce Mirror Explodes creuse le même sillon. Dès les premières notes de "Red Camera", on sent que ça va pas bien pour Bobby Heckner : le morceau suinte le désespoir. cette impression malsaine est omniprésente sur les 8 titres de l'album et contribue au malaise que l'on ressent à l'écoute de ce disque.
De malaise il en est aussi question dans la tournure musicale qu'adopte le groupe. Alors que les précédents disques portaient la marque de fabrique des Warlocks, les morceaux de Mirror Explodes donnent tous une impression de déjà entendue dont on a du mal à se défaire.
Ainsi "Red Camera" fait immédiatement penser aux Black Angels de Directions To See A Ghost alors que "The Midnight Sun" réveille le fantôme de My Bloody Valentine. Toutefois cela n'enlève rien à la qualité de ces deux morceaux qui sont remarquablement exécutés.
Malheureusement on ne peut pas en dire autant de "Slowly Disappearing" qui ne provoque qu''assoupissement... Assoupissement dont on est heureusement tiré par un morceau fabuleux, l'extraordinaire "There Is A Formula To Your Despair" note d'espoir dans un océan de noirceur, presque une incongruité au milieu de l'album, tant la tonalité plus pop tranche avec le reste des morceaux. Mais le meilleur est à venir avec "Standing Beetween The Lovers Of Hell" porté par un martèlement de batterie syncopé, des guitares qui montent progressivement et la voix au timbre désespéré de Bobby Hecksher. Le morceau, d'une qualité que l'on n'attendait plus de la part des Warlocks, est le temps fort de l'album.
"You Make Me Wait", "Frequency Meltdown" d'une qualité moindre donnent l'impression que le groupe tourne en rond, la surenchère de guitares ne saurait masquer l'image d'un groupe à bout de souffle et d'idées. Mais curieusement, c'est aussi ce qui fait le charme de ces morceaux, comme s'il on assistait en direct aux derniers soubresauts de la bête...
"Static Eyes" qui clôt l'album entrouvre à son tour, après "There Is A Formula To Your Despair", la porte vers un univers plus enjoué, comme un SOS lancé à l'auditeur.
C'est donc un peu décontenancé que l'on termine l'examen de ce disque, très inégal, assez décousu, oscillant entre le convenu et des fulgurances démontrant néanmoins le talent indéniable de Bobby Hecksher.
Un disque que l'on ne conseillera donc qu'aux fans (que nous sommes.)

Mr Rock

(http://www.myspace.com/thewarlocks)


mercredi 3 juin 2009

Chronique : The Vandelles - Del Black Aloha (2009)

The Vandelles est le nouveau groupe à émerger de cette scène de Brooklyn décidemment très vivace. Comme on pouvait s'y attendre le groupe propose un shoegaze/noisy aux influences assez évidentes : les britanniques de Jesus & Mary Chain bien évidemment mais aussi les danois de The Raveonettes avec lesquels ils partagent la même sensibilité pour les sonorités fifties. D'ailleurs le son de guitare évoque beaucoup Link Wray et Dick Dale donnant un cachet tout américain à un genre né en Grande-Bretagne.
Son premier EP avait connu un succès d'estime aux Etats Unis leur permettant néanmoins de tourner notamment avec The Black Angels, avec lesquels ils partagent une certaine noirceur, musicalement parlant.
Le groupe est composé de 4 membres, deux femmes et deux hommes et présente la particularité de proposer une section rythmique exclusivement féminine, ces messieurs assurant les parties de guitare et le chant.

Del Black Aloha est donc leur premier LP à ce jour, et est plus que prometteur. De l'inaugural "Dash & Dive" à "Bad Volcano", le groupe envoie 12 bombes de belle facture prenant soin d'éviter habilement l'écueil principal de ce type de production en variant les tempos.

Allant de purs morceaux noisy les rapprochant de leurs compatriotes de A Place To Bury Strangers ("Dash & Dive" ; "Get Down") à des morceaux aux ambiances plus éthérés même si les riffs de guitares restent toujours aussi acérés ("Lovely Weather" ; "Blue LA Strip" ; "California Killer"), The Vandelles propose toujours des compositions de qualité.

L'influence de Link Wray et Dick Dale est plus que palpable notamment sur "Roving Rex" ou sur le bien nommé "Bomb The Surf".

Les Vandelles prennent parfois le temps de relâcher la pression, notamment sur la deuxième partie de l'album, offrant quelques morceaux assez pop permettant de reposer nos esgourdes quelque peu malmenées par le déluge sonore reprenant là la formule des Raveonettes ("Chain Walking" ; "Bad Volcano").

Au final, on passe un très bon moment à l'écoute de ce disque qui ravira tout autant les aficionados du genre que les néophytes.

Mr Rock

(http://www.myspace.com/thevandelles)
Une vidéo au son pas exceptionnel :

mardi 2 juin 2009

Chronique : Jeremy Jay - Slow Dance (2009)

Voilà bien longtemps que l'on n'avait pas entendu un album pop aussi enthousiasmant... Mais d'abord quelques mots sur le bonhomme. Jeremy Jay, blanc bec dégingandé, a grandi à Los Angeles, entre une mère suisse et un père américain. En 2007, il sort son premier single (Airwalker) ainsi que son premier album (Dreamland, une BO de film). Un deuxième LP, A Place Where We Could Go, suit, en 2008.
La même année, Jay enregistre Slow Dance, à Olympia, dans les studios de Calvin Johnson, un des papes de l'indie US.
Le bonhomme semble avoir tout compris : pop en trompe l'oeil, chamboule-tout de références, mélancolie délavée. Une demi-heure au compteur, dix sèches vignettes, la recette gagnante, on écoute deux fois plus les albums courts. Les guitares étriqués, à l'os, sont jouxtées par des claviers glacés, tandis qu'une basse ronde vient adoucir l'affaire. Les mélodies sont simples, efficaces, avec un parfum tenace de déjà entendu. Mais où ? Chez qui ? Blondie ? Jonathan Richman ? Cure ? Les références voltigent. Le synthé évoque la cold wave britannique, tandis que les guitares tendues ont l'élégance du punk américain, au tournant des années 70. La musique vire baloche sur "Will You Dance With Me ?", tutoie le glam pour "Where Could We Go Tonight ?", frise l'electro-pop tendance Kraftwerk le temps de "Slow Dance" ou de "Canter Canter"... C'est parfait, à chaque fois. On en reste bouche bée.
En dix courts morceaux, Jeremy Jay évoque avec simplicité l'adolescence, avec ses moments de désoeuvrement ("as the lights go down you sigh/where could I go tonight") et ses joies encore enfantines ("by the fireplace/blankets/hot chocolate/ice skating"). Malgré la banalité des thèmes évoqués ("qu'est ce qu'on fait ce soir ?", "veux-tu danser avec moi"), rien ne sonne mièvre ou faux. Plus curieusement, cette simplicité donne une certaine mélancolie aux chansons. On a l'impression de parcourir de vieux polaroïds, aux couleurs usées. L'adolescence fantasmée que nous chante Jeremy Jay, avec ses patins à glace, ses bals de promotion, son chocolat chaud, semble, parfois, étrangement glacée.
Jay chante le tout de manière intrigante : la voix, un peu maniérée, oscille entre la froideur et l'exaltation, entre le détachement et la ferveur. Ce ton, distant et élégant, est la véritable signature de ce disque, de ce grand disque. Slow Dance : album pop de l'année.

Mr. Pop

http://www.myspace.com/jeremyjay

jeudi 14 mai 2009

Chronique : The Sleepover Disaster - Hover (2009)

The Sleepover Disaster est un groupe surprenant à plus d'un titre. Tout d'abord nous avons affaire à un groupe qui existe depuis maintenant douze ans, celui-ci s'étant formé en 1997 ! Et ce disque semble être leur deuxième album après un premier opus en 2004, Loud Is The New Quiet et un EP en 2005, The Oceanographer. Pourtant il aura fallu attendre 2009 pour en entendre parlé dans nos contrées (merci myspace !).
Ensuite, surprenant le groupe l'est par le style de musique proposé ici à savoir du shoegaze. A l'image des Pains Of Being Pure At Heart ou de A Place To Bury Strangers de l'autre côté des Etats Unis (le groupe est californien), The Sleepover Disaster voue un culte à ce genre né dans le sud de l'Angleterre à la fin des années 80's.
Une nouvelle fois les groupes américains reprennent le flambeau d'un genre délaissé outre-manche et démontrent la vivacité de la scène rock de l'autre côté de l'Atlantique.
Tout comme les Pains Of Being Pure At Heart, le groupe mâtine son shoegaze d'influences pop (à l'image de ce qu'a pu faire un groupe américain comme The Lilys).
Partant de là, on aurait été déçu de passer à côté de ce disque tant les 9 pièces qui le compose sont du meilleur goût pour tout amateur de Jesus & Mary Chain entre autres.
"Friend" qui ouvre l'album est un de ces morceaux magiques qui deviennent un classique dès la première écoute, splendide morceau où les guitares grondent en arrière plan laissant la part belle au chant très mélodieux de Luke Giffen. L'ensemble évoquant également les Smiths alors que "Code Breaker" de facture plus classique rappelle Slowdive. Le groupe alterne des morceaux aux ambiances très éthérées avec des pistes aux tempos plus rythmés ("Funnel Cloud" ; "Tremble") voire noisy ("On A Sunday").
Toutefois le groupe n'en oublie jamais de soigner ses mélodies, prenant son temps pour soigner ses morceaux et développer à chaque fois une ambiance particulière ("Dark Star" ; "Make You Sing").
Le groupe sort même des sentiers battus sur "Songwriting For Dummies" longue pièce de 8', très contemplatif, qui monte progressivement en puissance.

Malgré son classicisme, on ne s'ennuie guère, Hover est un bon album, de ceux que l'on écoutera encore dans quelques années, compensant son manque d'originalité par une rare qualité mélodique.

Mr Rock

(http://www.myspace.com/thesleepoverdisaster)



dimanche 12 avril 2009

Chronique : Beirut - March Of The Zapotec & Realpeople : Holland (2009)

Zach Condon, l'homme qui se cache derrière Beirut, revient avec un drôle d'objet : en une seule pochette sont réunis deux EPs, l'un aux tonalités mexicaines (March Of The Zapotec), l'autre aux sonorités électro-pop (Realpeople : Holland). Condon nous a habitué aux bizarreries. Ce jeune homme est connu de nos services pour avoir produit deux albums plus (Gulag Orkestar) ou moins (The Flying Club Cup) inspirés par la musique... des Balkans ! Plutôt curieux pour un natif du Nouveau-Mexique... Il ne faut pas s'étonner, dés lors, que Zach Condon divise la blogo-poposhère. Pour la majorité, le bonhomme est un petit génie. Quelques esprits plus critiques voient en Condon un touriste de la musique, n'ayant livré qu'une version affadie, déracinée et caricaturale des folklores balkaniques.
C'est sans doute pour couper court à de tels commentaires que Beirut, pour enregistrer March Of The Zapotec, s'est entouré d'une véritable fanfare mexicaine. Fort de dix-sept membres, l'orchestre Banda Jimenez accompagne en musique les temps forts du village de Teotlilan del Valle, au sud-est de la ville d'Oaxaca. Ces gens savent jouer ! Les albums précédents de Beirut laissaient percer le goût de Condon pour les marches funéraires, et la Banda Jimenez s'impose dans ce domaine. "La Llorona", "On A Bayonet" ou "The Shrew", aux cuivres solennels, au train de sénateur, semblent avoir été composées pour l'enterrement du corps sans tête d'Alfredo Garcia. "The Akara", avec son introduction mélodramatique, son break d'ukulélé et sa rythmique agile, s'impose comme le clou de cette "marche des Zapotec". La voix plaintive de Condon se mêle avec bonheur aux cuivres de la Banda Jimenez, et l'écoute de ce mini-album procure un réel bonheur.
La transition avec Realpeople : Holland n'est pas évidente. Les cinq titres de cet EP révèlent l'envers du décor. S'il est aujourd'hui connu pour ses albums aux teintes folkloriques, Condon a appris à composer en élaborant des chansonnettes de pop électroniques. L'intérêt de ces morceaux vient surtout du fait qu'ils viennent après un disque de musique mexicaine. Le passage du chaud au froid est alors assez excitant. Elaborés à partir de claviers un peu cheap, les morceaux en eux mêmes sont assez peu marquants. On retiendra surtout, pour son lyrisme, "My Night With The Prositute From Marseille" (il y a bien un exotisme de pacotille chez Zach Condon...) et, pour sa rythmique simplette mais efficace, "No Dice".
Avec ces deux EPs, Zach Condon entretient avec talent l'écran de fumée qui entoure sa musique. Musicien bohême et voyageur, nouveau David Byrne, ou touriste pop, petit blanc se réfugiant dans ses comptines synthétiques ? Mystère. Reste à écouter ce disque hybride, qui restera une des curiosités de 2009.

Mr. Pop

(http://www.myspace.com/beruit)

dimanche 5 avril 2009

Chronique : Bishop Allen - Grrr... (2009)

Bishop Allen nous vient de Brooklyn, ce qui leur assure déjà notre sympathie (Albion mérite-t-elle encore de figurer sur le planisphère pop ?). Justin Rice et Christian Rudder, deux amis, forment le noyau dur du groupe et, depuis 2003, ont livré deux LPs, Charm School (2003) et The Broken String (2007). En 2006, Bishop Allen s'est mis en tête de livrer un EP par mois, chaque galette étant intitulée d'après le mois de sa sortie. Quelques morceaux calés dans des séries, des réclames ou des films et hop ! Bishop Allen se retrouve auréolé d'une petite gloire indie-pop. C'est très bien, tout ça...
Sauf que...Grrr... peut sembler souffrir d'un étrange problème. Le coup du verre à moitié plein ? De l'excellente première face ? C'est peut être bien, hélas, le tour que nous jouent Rudder et Rice. Mais il ne faut pas être trop aigre... Car Bishop Allen a beaucoup de talent. Leur pop, en effet, est pleine de saveur. Tout au long de l'album, on pense à d'autres roitelets de la pop américaine. Ces gens ont l'énergie, l'allant et la vivacité des superbes Lemonheads de la période It's A Shame About Ray. Mais on pense également aux excellents Shins, pour la limpidité et l'évidence de quelques titres.
Mais, hélas, Grrr...rassemble tous les meilleurs morceaux en son début ! Cinq premiers morceaux formidables, puis quatre chansons très agréables, mais moins immédiates, et viennent les quatre derniers titres, bien peu marquants : étrange construction pour un album.
Alors, autant se concentrer sur les raisons d'aimer ce drôle de petit disque (trente-cinq minutes au compteur, ce qui devrait être la durée maximale autorisée d'un album de musique pop). En effet, il sera difficile de se lasser de Dimmer, de ses cordes pincées et de ses arrangements de violons. The Lion & The Teacup, au rythme sautillant, avec ses scansions de vibraphone et son refrain naïf, en réminiscence du dernier Herman Dune, procure cette joie toute simple que devrait dispenser toute bonne chanson pop : on a envie de la réécouter aussitôt finie, on a envie de chanter le refrain sous la douche ou dans le métro. Dans un monde idéal, c'est South China Moon qui devrait, avec son riff de poche, enflammer les stades. Dirt On Your New Shoes, avec ses guitares aux accents africains, prouve que de Vampire Weekend à Animal Collective, les Talkings Heads ont, enfin, une descendance. Oklahoma achève de nous convaincre et laisse pensif : comment se fait-il qu'un morceau aussi simple se révèle aussi bon ? Tout est là, simplement, les guitares acrocheuses, la rythmique primesautière, les choeurs mutins... La pop s'apparente à la pâtisserie : tout est dans le dosage des proportions. Bishop Allen nous donne, en son début d'album, des morceaux aussi savoureux que des macarons. On ne ne peut que les en remercier !
Alors, peu importe, finalement, que le reste de l'album ne soit pas aussi convainquant par la suite. Dans Grrr..., il n'y pas de mauvais titres : les meilleurs chansons éclipsent des titres plus anodins, mais on chercherait en vain une faute de goût.

Mr. Pop

(http://www.myspace.com/bishopallen)

mardi 24 mars 2009

Chronique : Yeah Yeah Yeahs - It's Blitz (2009)

Quand viendra l'heure de faire le bilan des années 2000's, il ne faudra surtout pas oublier de dresser la liste des artistes ayant par opportunisme viré leur cuti par appât du gain... Alors que Robert Johnson avait vendu, à un carrefour, son âme au diable contre la magie du blues, ces groupes ont plutôt pactisé avec le dieu-pognon.
Après le Long Blondes l'an passé, c'est donc au tour des Yeah Yeah Yeahs de succomber aux sirènes...du tiroir-caisse.
Ce It's Blitz taillé pour plaire à un public étendu et peu regardant devrait leur attirer les faveurs d'un nouveau public grâce à un virage technoïde quelconque, bas du front. Un comble pour un groupe responsable d'un album enthousiasmant Fever To Tell et qui assurait alors la première partie du Jon Spencer Blues Explosion.
Alors que leur principal atout, outre la voix de Karen O, est le jeu de leur guitariste Nick Zinner, comment a-t-on pu passer à un groupe sans guitares, Nick Zinner passant aux claviers pour un résultat lamentable ?
Pas grand chose à sauver de ce désastre absolu à l'exception de la voix de Karen O toujours impeccable, le tout s'engonçant dans un revival eighties qui ferait passer The Bravery pour le meilleur groupe de rock & roll au monde ("Zero" ; "Heads Will Roll" ou l'horrible "Soft Shock").
Surnage péniblement l'atmosphérique "Skeletons" et ce "Dull Life" sur lequel on retrouve (un peu) la fougue d'antan. Malheureusement c'est bien tout. "Shame & Fortune", "Runaway", "Dragon Queen", "Hysteric" et "Little Shadow" oscillant entre le médiocre et l'inécoutable.

A jeter aux oubliettes.

Mr.Rock

(http://www.myspace.com/yeahyeahyeahs)

L'album est en écoute en intégralité sur deezer :
http://www.deezer.com/#music/album/284620

jeudi 19 mars 2009

Héros Oubliés : Wayne Robbins & The Hellsayers - The Lonesome Sea (2005)

Chroniquer un album de 2005 (et réédité en 2007) dans la rubrique Héros Oubliés a quelque chose de navrant et de déprimant... Pourtant ce disque, l'unique pour l'instant, mérite que l'on s'y attarde. Wayne Robbins & The Hellsayers est un groupe américain, d'Asheville en Caroline du Nord. Malgré le succès critique de The Lonesome Sea en Angleterre et une tournée réussie aux côtés de leurs potes de Band Of Horses, le groupe n'a jamais eu le succès qu'il méritait, y compris dans son propre pays. Pourtant les succès du label Jagjaguwar comme de Band Of Horses avaient ouvert une voie dans laquelle ils auraient pu s'engouffrer. Wayne Robbins & The Hellsayers doit énormément à Buffalo Springfield ou aux Byrds tout en ayant parfaitement digéré l'indie rock américain d la fin des années 80 et début des années 90. Mais l'influence évidente du groupe est bien entendu, Neil Young. La carrière entière du Loner semble avoir servi de références à l'élaboration de ce Lonesome Sea, sans nul doute le plus bel hommage à l'un des plus grands artistes du rock and roll.
Dès l'introductif "Time Is A Bird In Your Eyes"sur lequel plane un souffle épique, comme seul en procure l'americana, on sait que l'on tient un grand disque entre les mains, de ceux dont on ne se sépare jamais...
"Sarah's Lament" agrémenté de délicats carillons, "Forgiveness" ou "Turtleshell Sisters" ne dépareraient devant aucun des morceaux présents sur Harvest...
Le groupe s'abandonne avec le même bonheur dans la ballade faussement naïve sur "The Three Sisters" et "Sunset Ode", sur lesquels les guitares claires et toutes en retenue offrent un magnifique écrin à la voix de Wayne Robbins.
Mais cerise sur le gâteau, le groupe offre 3 morceaux hallucinants, où le groupe arrive par sa maîtrise, son savoir-faire, en un mot son talent, à emporter l'auditeur sur d'autres rivages, loin des champs clairement balisés de leurs influences. Ils démontrent ainsi que contrairement à d'autres, ils ont clairement digéré l'héritage de leurs ainés pour offrir un univers musical qui n'appartient qu'à eux.
"Jesus" tout d'abord se mettant lentement en place, partant de quelques accords de guitares et de la voix plaintive de Wayne Robbin, avant de s'embarquer dans une cavalcade effrennée, les guitares se mettant à rugir, symbolisant à n'en pas douter le naufrage d'un navire en pleine tempête telle qu'apparaissant sur la pochette de l'album. Somptueux.
A contrario "Queen's Ann Revenge" joue la carte de l'americana le plus pur, sentiment renforcé par des accords de banjos, les rapprochant des géniaux Great Lake Swimmers (dont on recommande l'excellent Ongiara). Ce formidable morceau s'étale sur plus de sept minutes, sans que jamais l'attention de l'auditeur ne faiblisse, l'esprit bercé par tant de délicatesse. Le groupe joue sans fard, se met à nu et ne triche pas avec les sentiments qu'il véhicule.
"Edith's Dream" va encore plus loin. Pièce quasi hypnotique et expérimental, étirée au maximum (près de dix minutes...), alternant entre moments contemplatifs et des phases où les guitares noisy permettent au groupe de sculpter dans ce maelstrom sonore des sonorités biscornues, presque décharnées, s'affranchissant d'un genre, l'americana, définitivement trop étroit pour eux.

Cet album, un des grands oubliés de cette décennie, est un incontournable, un monument qui s'écoute encore aujourd'hui avec le même plaisir qu'à l'époque où on l'a découvert.

Mr.Rock

(http://www.myspace.com/thehellsayers)

samedi 28 février 2009

Chronique : Pains Of Being Pure At Heart (2009)

Il se passe vraiment quelque chose du côté de Big Apple... Après MGMT, A Place To Bury Strangers, Crystal Slits, Vivian Girls et d'autres que j'oublie certainement, voilà que s'apprête à débarquer les Pains Of Being Pure At Heart.
Comme tous les groupes précités les POBPAH n'ont finalement... rien d'américain ! Et c'est ce qui surprend à l'écoute de tous ces groupes new yorkais : leurs influences à tous sont essentiellement britanniques.
Chez les POBPAH celles-ci sont clairement affichées : on lorgne chez Jesus And Mary Chain que ce soit la période Psychocandy ("Come Saturday") ou surtout Darklands ("Contender"), mais aussi chez My Bloody Valentine (le dernier morceau "Gentle Sons").
Pour autant les POBPAH matine leurs influences noisy/shoegaze d'influences pop 80's, notamment les Smiths qui semble être une fascination pour le groupe tant dans les lignes mélodiques, la façon de chanter faisant beaucoup penser à Morrissey ("Young Adult Friction" et surtout "A Teenager Of Love") que sur certaines lignes de guitares remémorant le meilleur de Johnny Marr ("The Tenure Itch", "Stay Alive", "A Teenager Of Love").
Loin des clichés, les compositions de POBPAH sonnent très actuelles et ne se laissent pas enfermer dans ces influences qui auraient pu étouffer l'album. Bien au contraire, le groupe arrive à apporter sa patte et à offrir un album cohérent de bout en bout transcendant par la même leurs références.
Ce premier LP comprend 10 morceaux et dure 35 minutes donc pas de remplissage. La production, parfaite, permet de mettre en valeur la qualité des compositions.
On ne saurait trop que conseiller l'acquisition de ce disque aux amoureux des groupes précités, vous ne le regretterez pas. Il y a fort à parier que ce groupe soit la prochaine hype des Inrocks et de Magic. Pour une fois on sera en accord avec eux.
Un mot sur la pochette qui rappelle beaucoup celles de Belle & Sebastian (tiens encore un groupe britannique...). Décidément le groupe actuel le plus anglais semble être américain : ça doit être ça la mondialisation !

Mr.Rock

(http://www.myspace.com/thepainsofbeingpureatheart)

lundi 26 janvier 2009

Chronique : Animal Collective - Merriweather Post Pavilion (2009)

Originaires de Baltimore, les membres d'Animal Collective sont basés à New York depuis 2000, année de sortie de leur premier album. Longtemps constitué en quatuor, le groupe s'est resserré sur trois membres : Avey Tare (David Portner), Panda Bear (Noah Lennox) et Geologist (Brian Weitz).
Il faut bien l'avouer : jusqu'ici, on n'avait pas du tout suivi l'affaire Animal Collective. Des rumeurs de plus en plus insistantes évoquaient un groupe capable de ré-enchanter la pop, par ses délires et ses expérimentations. Rien de moins ! A la sortie de Merriweather Post Pavilion, neuvième album en date, la blogosphère s'est enflammée et a crié au miracle. Pitchfork a même attribué au disque la prestigieuse note de 9.6... Il est donc grand temps d'écouter "le premier chef d'oeuvre pop de 2009", selon l'unanime critique.
Difficile de décrire la musique proposée ici par Animal Collective. De format pop (les morceaux durent environs cinq minutes), les chansons sont constituées de trames électroniques diverses. Pour chaque morceau, plusieurs motifs s'entremêlent, se répètent, s'imbriquent, avec une apparente facilité, qui cache un art consommé. Bruits de fond, crachottements, bips-bips, traits de synthétiseurs, nappes, rythmiques, basses, tous ces éléments finissent par former une chatoyante matière sonore, dont chaque grain est lui même agité de soubressauts, de variations, de ressacs...Ecoute après écoute, les morceaux restent toujours aussi surprenants et gardent intacte leur part de mystère : chaque titre est un kaléidoscope.
Au delà de ces irisations, les chansons de cet album tirent toute leur force de deux éléments : les voix et les rythmes. Portner et Lennox semblent s'être proposé pour étrange défi de sonner commes les Beach Boys du futur. Les voix des deux hommes, soumises à un nombre impressionnnant de traitements, coupées, collées, modifiées en écho, finissent par produire de superbes harmonies vocales ; les rythmes, eux, imposent avec subtilité une ambiance tribale.
Il ne faut surtout pas réduire Merriweather Post Pavilion à son extraordinaire dernier morceau, "Brothersport". Cela fait bien longtemps que la pop n'avait pas proposé un morceau d'une allégresse aussi totale, quasi enfantine. Ce titre parfait, aux rythmiques chipées au meilleur de la musique afro-brésilienne, risque de cacher le disque. "My Girls" pourrait lui aussi concourir au titre de morceau favori. Ici, qu'avons nous ? des basses joufflues, des roulements de tambours, des mains qui claquent, des sonorités synthétiques qui tournoient comme une roue de Catherine , un mille-feuilles de vocaux. Plus loin, "Summertime Clothes" voit son début noisy s'adoucir à la faveur d'un refrain naïf, et "Daily Routine" propose un intermède planant bienvenu.
Cependant, malgré ses qualités, Merriweather Post Pavilion n'est pas un album parfait. Le dernier tiers de l'album finit par lasser (jusqu'à ce que le collectif lance "Brothersport"), certaines chansons sont grevées par de fausses bonnes idées (la guimbarde-didgeridoo de "Lion In A Coma"). Plus paradoxalement, malgré l'aspect foisonnant des morceaux, l'album manque, lui, de variété. Très cohérent, le disque prend le risque de présenter une façade trop unie, sans respirations. On est loin de tenir ici le chef d'oeuvre tant vanté dans d'autres colonnes.
Peu importe, après tout. Avec Merriweather Post Pavilion, Animal Collective trace de nouveaux chemins pour la pop (on pense parfois à ce qu'on pu faire les Talking Heads avec Remain In Light). Surtout, malgré l'extraordinaire travail sur les voix et les rythmes, malgré la facture pointilliste des morceaux, proches de la mosaïque sonore, malgré toute cette science, il se dégage une joie instinctive de ce disque. C'est cela qui est inouï.

Mr.Pop

(http://www.myspace.com/animalcollectivetheband)

Tracklisting :

1. In The Flowers – 5:22
2. My Girls – 3:40
3. Also Frightened – 5:14
4. Summertime Clothes – 4:30
5. Daily Routine – 5:46
6. Bluish – 5:13
7. Guy's Eyes – 4:30
8. Taste – 3:53
9. Lion In a Coma – 4:12
10. No More Runnin' – 4:23
11. Brother Sport – 5:59


le lien deezer :
http://www.deezer.com/en/index.php?incr=1#music/animal-collective/merriweather-post-pavilion-401359


lundi 15 décembre 2008

Chronique : Vivian Girls - Vivian Girls (2008)

Sous le nom de Vivian Girls se cachent trois femmes dignes héritières du riot girrrl : Kickball Katy, Cassie Ramone et Frankie Rose. Un power-trio féminin donc, qui semble vénérer la pop sixties des Shangri-La's, les Bangles, les Indigo Girls, Raincoats ou autre Lush, sans en oublier les guitares, l'ensemble étant assez noisy.
L'ensemble s'écoute sans véritable déplaisir, mais sans poussées de fièvre pour autant. Déjà l'album compte 10 titres pour 21 minutes... à 18 euros le cd ça fait cher du morceau et laisse une impression persistante de foutage de gueule. Mais bon en cherchant bien sur des sites de ventes en ligne on peut le dégoter pour dix euros ce qui rend la pilule moins amère.
Sur le contenu, l'ensemble dépote : guitares métalliques, basse sautillante et mélodies chatoyantes. Le problème c'est que bien que ces morceaux soient très courts et empêchent l'auditeur de s'ennuyer, rien ne permet aux dîtes mélodies de s'incruster durablement dans nos esprits. Ainsi on ne se surprendra pas à fredonner ces morceaux sous la douche !
Néanmoins ne soyons pas trop dur, malgré ses défauts l'album tient la route et procure un plaisir immédiat bien qu'éphémère, un one shot de 21 minutes dont ressortent néanmoins "Where Do You Run To" et "Damaged", deux morceaux démontrant que ces filles ont du talent et nous permet d'espérer le meilleur pour l'avenir.
Par son côté enjoué et chaleureux, ce premier album rappellera des souvenirs à bon nombre d'auditeurs (Cf : les groupes cités plus hauts).
Si la nostalgie vous étreint et s'il vous reste quelques deniers vous pouvez toujours en faire l'acquisition ou encore mieux comme nous sommes en période de fêtes vous pouvez toujours vous le faire offrir.
Pendant ce temps là nous on va retourner écouter Little Joy...

(Mr Rock)

(http://www.myspace.com/viviangirlsnyc)

mercredi 29 octobre 2008

Chronique : Mogwaï - The Hawk is Howling (2008)

Soyons clairs : s'il est un groupe qui mérite un tant soit peu le qualificatif d' "indie" - si tant est que ce terme ait encore quelque signification de nos jours !? - c'est bien Mogwaï. Ces écossais constituent en effet une sorte d'archétype du genre : dotés à eux quatre d'un charisme très inférieur à celui de Laurent Romejko, mais ne faiblissant pas, d'album en album, dans la radicalité de leurs choix, ces derniers démontrent une fois de plus l'étendue de leur talent et la constance de leur forte personnalité musicale.
Les amateurs de "belles voix" n'en auront évidemment pas pour leur argent en écoutant The Hawk is Howling : plus encore que sur leur précédent opus, Mr. Beast, Stuart Braithwaite et ses camarades, recyclant avec finesse le concept vieillissant et un peu prétentieux de feu le mouvement post-rock, remisent définitivement leurs organes vocaux au placard pour produire un album intégralement instrumental ... pour le plus grand plaisir des fans !
Le morceau "Batcat", single abrasif aux frontières du hard-rock (et du bon goût !), joué sur le fil d'un rasoir, rappelle les dangereux penchants du groupe pour les décibels létaux, dans la grande tradition de ses performances en concert : les oreilles de votre serviteur peuvent en témoigner !
Cependant, à la notable exception de "Batcat", cette radicalité parfaitement assumée ne nuit pas à l'équilibre des compositions, qui sont pour la plupart une invitation à la rêverie et à la douce mélancolie.
En témoignent des morceaux tels que "The sun smells too loud" et "Scotland's Shame", qui semblent apparaître comme les deux versants, l'un diurne, l'autre nocturne, d'une ballade automnale dans une Ecosse rude et glaçante, soufflant le chaud et le froid, bercée par des sons de guitares lancinants et des sonorités synthétiques irradiées, martelés par une rythmique autiste et implacable.
Des ballades post-rock lunaires ("Kings Meadow", "I love you I'm going to Blow your school"), agrémentées d'un piano omniprésent, renforcent cette sensation ambiguë, à la frontière du bien-être et de la profonde neurasthénie, qui se dégage de l'album.
Mais c'est surtout le sublime "Daphné and the brain", splendide bluette en clair-obscur, synthèse réussie du post-rock et de l'électro, qui laisse son empreinte définitive dans l'esprit de l'auditeur.
Mogwaï nous offre ici un album réussi, qui ne surprendra pas les habitués du son si particulier des monstrueux écossais, mais qui fait rêver d'une audience enfin mondiale auprès de ceux qui n'auraient pas encore goûté aux plaisirs ténébreux du meilleur groupe d'Ecosse.

(Mr Indie)

http://www.myspace.com/mogwai

vendredi 3 octobre 2008

Chronique : Kings Of Leon - Only By The Night (2008)

Le cas des Kings of Leon est quand même curieux... Encensé tant par les médias que le public en 2003 avec un Youth And Young Manhood jouissif remettant au goût du jour le rock sudiste tout en enlevant le gras qui va autour (spécialité de ZZ Top...), les Kings Of Leon ont déçu : tout d'abord avec un Aha Shake Heartbreak (2004) qui reprend la même formule mais sans la qualité des compositions puis en opérant un virage à 180° avec Because Of Times où le groupe vire sa cuti pour proposer un album qui fleure la new Wave. Ce Because Of Times n'est pourtant pas mauvais surtout sa face A, la face B étant quelque peu boursouflée.
Entre temps nos barbus se sont rasés, le chanteur Caleb Followill a appris à épeler les mots et le groupe tend à s'acheter une conduite straight, ce qui dans l'absolu ne nous gêne pas outre mesure...
Sortie donc de ce Only By Night qui reprend le même credo que sur Because Of Times à savoir une rock pêchu mâtiné de new wave. L'introductif "Closer", agrémenté de bips bips, voit le groupe ressemblé... à Simple Minds notamment en raison de la voix geignarde de Caleb... Heureusement, "Crawl" nous redonne l'espoir, morceau bâti sur une rythmique et surtout une ligne de basse de haute volée. Le morceau n'est pas sans rappeler le Black Sabbath des grands jours, un excellent morceau. Malheureusement la magie ne tient pas et le groupe enchaîne ensuite 3 morceaux calibrés pour les ondes FM où on les voit bien en concurrence avec Bloc Party : "Sex On Fire" ; "Use Somebody" rappelant Bon Jovi ; "Manhattan" ou comment faire du U2 du pauvre (si si c'est possible).
"Revelry" et surtout "17" tournent en rond et avec "Notion" on commence à saisir ! Les Kings Of Leon ont semble t il trop écouter Radiohead! Pardon : on mal écouté Radiohead!
Et que dire de "I Want You" où la basse très Pixies est la seule bonne chose d'un morceau qui agace assez vite...
"Be Somebody" releve le niveau avant que "Cold Desert" finisse de nous écoeurer...
A la lecture de cette notule certains nous diront c'est donc si mauvais? N'exagerez vous pas?
On dira simplement que l'album s'écoute sans plus, si on est si amer c'est justement parce que l'on a aimé ce groupe et que cela fait beaucoup de peine de voir ce qu'il est devenu.
D'ailleurs, Caleb dans ses interviews considère Youth And Young Manhood comme une erreur dans leur discographie!
Il semble donc que les Kings Of Leon est perdu la foi et la créativité en même temps qu'ils se rasaient...

(Mr Rock)

(http://www.myspace.com/kingsofleon)

PS : allez sur leur myspace pour vous faire un avis et surtout écouter y "Molly's Chamber" du premier album pour bien comprendre ce que les KOL ont perdu...

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Maintenant j'imagine qu'une question, essentielle voire existentielle, vous taraude : Who The Fuck Are They ? Laissez moi vous conter une histoire...
Il était une fois trois amis quelque peu "désoeuvrés", fans de musique, déçus de la presse musicale et qui un jour se sont dit : pourquoi pas nous? Puisque l'on ne trouve pas ce que l'on cherche dans la presse pourquoi ne pas animer nous même notre blog musical? Ainsi avec nos défauts mais aussi notre enthousiasme, ce blog a vu le jour. Votre serviteur qui chaque mois dépense plus en disques qu'en nourriture et mes acolytes qui à l'occasion viennent contrebalancer mes penchants pour le rock saignant... Mr Pop, nutritionniste qui défend l'idée que l'apport journalier d'une pop racée et sucrée peut lutter efficacement contre le diabète et réduire l'apparition des caries. Et Mr Indie, psychiatre, convaincu des vertus du bruit blanc pour lutter contre la schizophrénie, méthode testée sur lui même avec succès... Désireux de s'ouvrir sur le monde et pour faire face aux productions de plus en plus épisodiques de Mr Pop et Mr Indie, l'équipe a été rejointe par d'autres intermittents du spectacle : - le délicieux Mr Cocktail qui passe des heures sur internet, entre deux siestes, à traquer de quoi alimenter ses billets d'humour, - Mr Bof autre cerveau malade, amoureux du cinéma bis et qui nous fait partager sa passion pour les musiques de films, - John The Revelator, historique lecteur du blog, qui est passé temporairement de l'autre côté et qui doit depuis lutter contre sa timidité maladive pour offrir de nouveaux articles... Frank