My Maudlin Career est un disque qui souffre du syndrome du banana split : c'est excellent au début, écoeurant sur la fin... Mais d'abord un petit mot sur Camera Obscura : groupe de Glasgow, formé en 1996, quatre albums au compteur, le premier produit par Stuart Murdoch, king of pop chez Belle & Sebastian, le petit dernier lancé par le label 4AD. Tout pour plaire, donc : le groupe de Tracyanne Campbell collectionne les bons points. Nous sommes en présence d'un orchestre qui fait preuve d'un irréprochable bon goût pop. My Maudlin Career ne déroge pas, produit de manière pimpante par Jari Haapalainen, orné de beaux arrangements de cordes et de cuivres par Björn Yttling (de Peter Bjorn and John).
L'album débute en fanfare, enchaînant quatre morceaux d'exception. En ouverture, "French Navy" abasourdit l'auditeur. En trois minutes, Camera Obscura ressuscite les 60s, retrouve le sens mélodique des girls groups et de la Tamla-Motown. Faites le test suivant ; écoutez "French Navy" chez vous, à tue-tête. Puis, sortez dans la rue. Vous vous demanderez pourquoi les jeunes filles ne portent pas de choucroute et de robe vichy. Il vous faudra quelques minutes pour vous remettre de ce choc temporel. Comme à la parade, Camera Obscura aligne alors ses pépites pop. "The Sweetest Thing", enfonce le clou : les violons sont superbes, l'ambiance y est plus retro que jamais. "You Told A Lie" et "Away With Murder" sont autant de délices. On tombe alors sous la charme de la belle voie claire de Tracyanne Campbell... ... et puis patatra. Après ça ne passe plus. On finit par repérer les trucs et les faiblesses : l'usage un peu trop systématique de l'écho, histoire d'enjoliver le chant, la batterie manquant d'imagination. My Maudlin Career distille alors une pop lissée, aimable, très bien arrangée, mais un peu trop convenue et bon chic-bon genre. Rien n'est mauvais, mais les chansons, manquant de dynamique, finissent par ennuyer. Oh, un ennui poli, bien sûr. Tout n'est pas à jeter, "My Maudlin Career" et "Careless Love" sont parfaites pour un après midi pluvieux, avec un bon livre sous la main. On ne peut s'empêcher de pester. Quel dommage ! Les gens de Camera Obscura ont beaucoup de talent, le début mirifique de l'album le prouve : il y a longtemps que l'on n'avait pas entendu de chansons pop aussi bien chantées, arrangées, composées. C'est très beau. Au risque d'être glacé.
Neuvième album solo pour Morrissey ! L'ancien leader des Smiths poursuit son bonhomme de chemin. Comme tant d'icônes des années 80, il gère habilement sa carrière, distillant, entre de dispensables albums studio (les inconsistants You Are The Quarry en 2004 et Ringleader Of The Tormentors en 2006) quelques albums live et autres compilations. Le Moz occupe le terrain à la manière de Paul Weller, chaque année apportant son album. Dans un cas comme dans l'autre, il faut le reconnaître, l'avenir est derrière. Les meilleurs albums solo de Morrissey remontent au début des années 90 (le méconnu Your Arsenal en 1991 et l'acclamé Vauxhall & I en 1994).
Que vaut donc le Morrissey 2009 ? A-t-il un arrière goût de fruit rouge ou de banane ? Et bien, ce cru sent plutôt la sueur ! Enregistré en novembre-décembre 2007 à Los Angeles en compagnie des guitaristes Boz Boorer et Jesse Tobias, mis en boîte par Jerry Finn, Years Of Refusal est présenté par son géniteur comme son "album le plus puissant à ce jour". Force est de le reconnaître : au jeu du bras de fer, les bagarreurs Your Arsenal et Southpaw Grammar sont battus à plate couture. L'album est à l'image de sa pochette : ici, on bombe le torse, on fait rouler ses muscles. Les guitares sont omniprésentes, puissantes, délivrant des mélodies simplistes, presque stadières. Matt Walker, le batteur, ne donne pas sa part au chat et martèle ses futs avec énergie-dommage qu'il ne connaisse qu'un seul rythme... Si Morrissey ne posait pas sa voix sur ces compositions, on les trouverait vulgaires, clinquantes, grotesques : du rock pompier taillé pour les arènes et les grandes salles. Oui, mais voilà, l'icône vient pousser la chansonnette... Et, alors, de temps en temps, on cède. Tout le problème est là, Morrissey chante de mieux en mieux sur des morceaux de plus en plus ineptes. Par conséquent, on tombe dans les bras de "I'm Throwing My Arms Around Paris", la meilleure chanson du lot, la plus fine. On se fait rouler dans la farine par "Something Is Squeezing My Skull": les roulements de batterie, les grosses guitares, ça marche, pour une fois... "All You Need Is Me", mauvais comme une teigne, finit par gagner aux points. "You're gonna miss me when I'm gone" : trop facile de jeter des répliques comme celles-ci. Immanquablement, on tombe dans le panneau. De même, on peut encore se laisser happer par ces sempiternels hymnes au désamour, à la solitude, à la difficulté d'être... Sauf que cela fait trente ans que Morrissey creuse le même sillon. Avec, au bout du bout, ce paradoxe : en France, se retrouver placardé sur tous les kiosques à journaux, avec comme extrait de l'interview au mensuel Technikart, "la célébrité, c'est dégoûtant". On se demande, alors, si toute cette mélancolie, tout ce mal être, ne sont pas devenus, eux aussi, un fond de commerce. Oh, la boutique est mieux tenue que jamais, les étals sont remplis, la présentation est flatteuse...Il n'empêche qu'après l'écoute de Years Of Refusal, et malgré quelques plaisirs honteux, on a un peu l'impression de s'être, une fois de plus, ou une fois de trop, fait avoir.
La bande d'Alex Kapranos, les sautillants Franz Ferdinand, a - il faut bien l'avouer - toujours suscité des sentiments ambigus de la part de certains caciques du rock . Cependant, cela ne les a pas empêché d'être désignés par la presse et par une bonne partie du public sous le terme flatteur de "sauveurs du rock" aux côtés de groupes tels que les Strokes, White Stripes et autres Bloc Party. Ces anciens, et très sages en apparence, étudiants en art n'ont pourtant jamais eu comme autre ambition que celle de remplir la mission la plus délicate pour un vrai groupe : faire danser les filles. Ce sacerdoce auquel ils n'ont jamais dérogé d'album en album, si extrême soit-il pour le fan de guitare électrique moyen, les Ecossais s'y consacrent encore plus sur le très bien nommé Tonight, album plus ambitieux qu'il n'y parait : il démontre que le rock et le dancefloor peuvent se croiser en d'autres occasions que le passage sur les platines de disques baggy sound ou portant la patte des Daft Punk. En effet, Tonight mise autant, pour remporter son succès sur les pistes de danse, sur des recettes que Franz Ferdinand connait bien, mais subtilement remaniées ("Ulysses" et sa rythmique dub imparable, agrémentée cette fois d'un son électro aussi groovy que les guitares), que sur des procédés inédits à l'efficacité diabolique. S'entrechoquent ici des morceaux classieux boostés par d'agiles accords de guitares ("Turn It On" et le cinglant "Bite Hard", qui allie un swing frénétique à des guitares/claviers impossibles à dominer) et des ballades pop plus traditionnalistes, dénuées d'outrances et effets de manche inutiles ("Dream again", "Katerine Kiss Me"). On croise également des titres discoïdes et funky, où la basse prédomine, associée à des guitares syncopées mais tranchantes, taillés pour l'hédonisme et la fête ("No You Girls", "What She Came For"). Mais Franz Ferdinand prend surtout des risques (contrôlés ...) en enregistrant trois morceaux de bravoure dance semblant avoir été écrits pour des DJ décalés en mal de sensations fortes (le tryptique électro "Live Alone", "Lucid Dreams" et "Can't Stop Feeling").
En cette période de crise généralisée (du disque ? du pouvoir d'achat ? des "valeurs" ? que sais-je ?), Tonight s'inscrit dans cette tendance salutaire, amorcée par des groupes tels que MGMT ou Metronomy, selon laquelle le sérieux et l'ultra-référence à une obédience rock bien déterminée (soit la pop sixties baroque ou la soul sixties "black", mais dopées par un orchestre et des cuivres outranciers pour pallier au manque d'imagination) ne sont plus de mise désormais.
Franz Ferdinand, pour sa part, ne fait pas étalage de sa richesse musicale, bien réelle à l'écoute de cet album où se croisent des influences diverses (dub, funk, électro, rock, disco), mais préfère la mettre au service d'une efficacité irrésistible pour le cerveau autant que pour les jambes.
Mr. Indie
----- La sortie de Tonight est, que l'on apprécie ou pas Franz Ferdinand, un évènement. A cette occasion, nous avons souhaité ouvrir le débat. Retrouvez donc ci-après les impressions de Mr Pop, Mr Rock et Mr Indie aux avis assez divergents sur ce disque d'un poids lourd du pop-rock.
Mr Rock : Je n'ai pas été emballé par le disque. Qu'il soit tourné vers le dancefloor ne me gêne pas mais bien souvent les morceaux sont sauvés de la médiocrité par la voix unique de Kapranos qui est quand même un entertainer de talent. Mr Pop : oui, c'est vrai il arrive par sa seule voix à tirer vers le haut des morceaux qui joués par d'autres ne déclencheraient pas le moindre intérêt. Mr Rock : les musiciens autour donnent l'impression de pas être concernés, si ce n'est le batteur toujours égal à lui-même qui porte les morceaux, tu ne les sens pas transcendés. Mr Pop : je ne sais pas trop quoi en penser. Ce n'est pas un mauvais disque. Il y a de bons trucs mais aussi des choses très mauvaises. Tu prends "Lucid Dreams" : c'est quand même un morceau bancal. Brillant pour l'essentiel et qui se gâte sur la fin. Mr Rock : et c'est un peu tout le temps la même chose. Sur "No You Girls", le morceau tombe complètement à plat au moment où on aurait aimé que groupe lâche la bride. Comme ils le faisaient brillamment sur les deux premiers albums. Mr Indie : justement pour moi c'est un parti pris, décontracté du gland ! (rires) Mr Rock : Pour le coup c'est mou du genou ! Tu prends le premier Strokes, tu ne peux pas trouver plus décontracté du gland ! Et pourtant ils écrivaient des morceaux bien plus emballants que ça ! (rires) Mr Pop : c'est un album de début de soirée ! Mr Rock : ou de fin de soirée ! Quand tu as trois grammes après avoir fini ta bouteille de vodka-orange, tu passes ça tu vas danser ! (rires). Bon je suis méchant. Ce n'est quand même pas un mauvais album. Mr Pop : par contre j'aime beaucoup "Send Him Away" avec sa rythmique afro. Mr Indie : voire carrément world... et d'ailleurs je trouve cet album beaucoup plus riche que les précédents. Plus varié. Mr Pop : oui mais est-ce que j'achèterai à mon tour ce disque? Ce que j'en ai entendu ne m'a pas convaincu... malgré quelques bons morceaux comme ce "Send Him Away". D'ailleurs je préfère quand ils font ce style de morceaux que les titres plus calibrés du début d'album. Mr Rock : oui on sent qu'ils pourraient faire autre chose et pourquoi pas prendre la relève des Talking Heads, c'est une voie qu'on aimerait qu'ils abordent. Mr Pop : Pour moi Franz Ferdinand c'était un peu le Blur des années 2000. Pas musicalement mais comme pour Blur dans les années 1990's ils apparaissaient comme une sorte d'alternative. Du coup je m'attendais soit à un album en forme d'aboutissement à la Parklife ou à un changement plus radical à la Blur, le cinquième album. Et finalement c'est entre les deux... Mr Rock : comme s'ils avaient le cul entre deux chaises... Mr Indie : ils leur manquent peut être un "Take Me Out"? Mr Rock : Je ne crois pas car "Take Me Out" même s'il est devenu un tube n'occultait pas l'excellence des autres morceaux. Mr Pop : il manque toujours le petit quelque-chose qui ferait la différence. C'est rarement mauvais mais c'est trop rarement transcendant. Mr Indie : Mouais... en ces temps de crise un petit album comme ça tout bêtement hédoniste, qui donne envie de se lever le matin, ce n'est déjà pas mal. Peut être mon attente n'était-elle pas assez élevée... Mr Pop : moi ça ne me donne pas envie de me lever (rires) Mr Rock : et côté hédoniste je préfère écouter le Little Joy et surtout Yéti, un des meilleurs albums pop de l'année passée et qui arrive à t'amener l'été en plein hiver ! Mr Pop : un peu comme le début du dernier album de Bishop Allen. Mr Rock : et Franz Ferdinand est aussi quelque part prisonnier de son succès, on va moins leur pardonner car l'attente est plus grande que pour un autre groupe. Un jeune groupe aurait sorti ce disque on aurait sans doute été moins amer. Mr Indie : justement ! c'est bien pour ça que je l'aime bien ce disque, sans prétention, léger et varié ! Mr Pop : Pour revenir à "Lucid Dreams", je trouve ce morceau vraiment trippant. Mr Indie : et pour le coup mis à part le tout début ça tranche avec ce qu'ils ont fait par le passé. Mr Rock : c'est vrai que s'étalant sur 7'56 le morceau dépote vraiment ! Et même si je suis plus circonspect sur la fin, au moins Franz Ferdinand prend des risques, ose ! Mr Pop : J'adore ces sons de clavier, au bout de trois minutes, qui relèvent le morceau. Le souci c'est qu'arrivé sur la fin on a l'impression d'avoir un mauvais remix de Depeche Mode ce qui vient un peu gâcher le plaisir du morceau. Mr Indie : Je ne suis pas d'accord, le groupe emmène le morceau toujours plus haut et assume le virage electro jusqu'au bout. Mr Rock : technoïde même... bon moi ça me laisse de marbre cette fin de morceau... pas trop ma came ! Par contre c'est curieux l'enchainement avec ce "Dream Again", assez dépouillé... Mr Indie : C'est pour ça que j'estime cet album assez riche ! Je retiens vraiment ces deux aspects de ce nouveau Franz Ferdinand : variété des thèmes et hédonisme assumé !
Par ces temps où il suffit de savoir jouer du bontempi ou de choisir un punk rock braillard à base d'onomatopées pour rafler la mise, opter pour des mélodies et un véritable sens de l'écriture musical semble relever du domaine de la folie. C'est pourtant le choix des anglais de The View.
Pourtant aux premières mesures on craint de se retrouver derrière un nouveau clone des Libertines avec « Coming Down », morceau énergique et efficace, porté par un chanteur qui a choisi pour se démarquer de ses contemporains de chanter juste lui... Le parallèle avec les Libertines est évident, toutefois là où la bande à Barat et Doherty s' était arrêté malheureusement bien souvent à écrire des démos, The View eux enchaînent des morceaux bien torchés, aboutis : « Superstar Tenderman » et surtout « Some Jeans » single imparable rappelant tour à tour The Bats ou le REM des débuts. Car ce qui leur permet de se démarquer des Libertines, c'est que The View fait à l'évidence une petite fixette sur le rock américain du milieu des 80's (Paisley Underground, REM) et « océanien » de la fin 80's et début 90's (the Bats, Died Pretty). Ces gosses ont du goût! Et les morceaux s 'enchaînent, sans que l'on ressente le moindre ennui malgré quelques morceaux plus faibles qui empêchent l'album d'être un authentique chef d'oeuvre (« Don't tell me » ; « Dance into the night »). Il faut dire que l'album contient 14 morceaux... Mais comment résister à des morceaux comme « Skag Trendy » ou « The Don », morceaux que les Libertines ont oublié de composer. En fait le seul défaut de The View est qu'il ne s'est pas encore émancipé du parrainage de Doherty. Mais ce groupe a des ressources, d'ailleurs sur la version import on trouve les morceaux « Skag Trendy » et « Some Jeans » en live qui démontrent que The View s'il réussi à se démarquer de l'ombre du grand Pete, à toutes les cartes en main pour devenir un très grand. (http://www.theviewareonfire.com/)
Bon autant le dire d'emblée on ne va pas se faire des amis en chroniquant ce disque... Les Libertines divisaient vos chers rédacteurs, entre ceux qui voyaient dans la bande à Barat et Doherty d'authentiques génies et ceux qui les trouvaient quelque peu surestimés... Au final on convenait tous qu'il y avait du potentiel. Implosion des Libertines et création d'un côté des Babyshambles avec Doherty et des DirtyPrettyThings avec Barat... Leurs premiers albums oscillaient entre le médiocre pour le Babyshambles et le plus que dispensable avec le DirtyPrettyThings. Pourtant la sortie de Shotter's Union, deuxième opus des Babyshambles nous a quelque peu incité à l'optimisme. On se dit dès lors que si un Dohertycâmé jusqu'aux ongles est capable de torcher de splendides compos pourquoi pas son ex-compère! Surtout depuis la sortie de ce "TiredOfEngland" single sympathique où Barat reprend enfin à son compte les possibilités entrevues sur le second album des Libertines, ce qui il faut bien le dire nous n'attendions plus. C'est donc plein d'espoirs que l'on se jette sur cette nouvelle galette... L'album comprend 12 titres et ce qui surprend c'est le nombre assez conséquent de ballades et l'impression tenace que le groupe cherche désespérément à démontrer à tous qu'il a gagné en maturité, en qualité d'écriture. Le résultat est simplement insipide... On sauvera néanmoins "Buzzards and Cows" qui ouvre l'album, morceau assez bon même si une impression de déjà-entendu plane quelque peu ; "TiredOfEngland" bien entendu ; "ChineseDogs" repiqué aux Strokes... et c'est tout. Car il bien difficile de s'enthousiasmer pour un "Hippy's Son" qui se veut rageur et demeure raté ou pour un "TruthBegins", ballade traversé d'éclairs de guitares sans génie ni même de craquer pour un "Best Face" qui donne illico l'envie de réécouter les Libertines ou pour ce "Kicks Or Consumption" sonnant comme du ArcticMonkeys du pauvre.... Et que dire de toutes ces ballades inutiles qui polluent l'album ("ComeCloser" ; "Faultlines" ; un "TheNorth" plus efficace qu'un somnifère) et où pour le moins les gars ne se sont pas trop foulés. Au final malgré quelques trop rares bons moments on déconseillera vivement cet album qui s'adresse aux fanshardcore et encore peu regardant... A 15 euros le cd cela rend la chose encore plus affligeante (encore que quelques jours après sa sortie on le trouve déjà dans les bacs à soldes)... "TiredOfEngland"...
The Fratellis faisait partie des bonnes surprises de 2006 avec un Costello Music rafraichissant à défaut d'être très innovant. Le groupe proposait une britpop musclé qui partait dans tous les sens et sentaient bon les pubs enfumés d'Ecosse d'où viennent ces joyeux larrons.
« My Friend John », ouvrant l'album, donne l'impression que les Fratellis reprennent l'ouvrage là où ils l'ont laissé et permet d'augurer le meilleur. « A Heady Tale » et son intro à la Happy Mondays retient l'attention. Malheureusement « Shameless » voit le groupe s'égarer et proposer un power rock à la Cheap Trick ni bon ni mauvais mais juste dispensable, les morceaux s'égrenent alors avec le même constat : « Look Out sunshine! », « Stragglers Moon » ou « Mistress Mabel » ne sont pas des mauvais morceaux, ils sont même plutôt bien construits, le groupe ayant gagné en maturité d'écriture. Le hic c'est que ce qu'ils ont gagné en maturité le groupe l'a perdu en spontanéité... les morceaux cognent et sont, on le sent, sincères mais n'atteignent jamais leur but. Pire des morceaux comme « Jesus Stole My Baby » ou « tell Me A Lie » filent un peu la migraine. Pourtant par moment la magie opère toujours comme sur « Babydoll » ou « Acid Jazz Singer » sur lesquels planent l'ombre de Ray Davies des Kinks. « Milk And Money » qui clôt l'album synthétisant à lui seul les bons côtés (le début très maîtrisé) et les mauvais côtés (la fin bourrine et sans intérêt) du groupe. Dommage... (http://www.myspace.com/littlebabyfratelli)
The Pigeon Detectives est un groupe curieux... Déjà un nom ridicule et donc dur à porter... Leur premier album, sympatique au demeurant, les voyaient s'ébrouer dans un pub rock assez similaire aux Fratellis (en moins bon quand même). C'est donc avec une pointe de sympathie qu'on écoute ce nouvel opus. On en ressort décontenancé...
On assiste depuis quelques années à une profusion de groupes influencés par le post-punk et la new wave dont les albums sont proclamés disque de la semaine par un NME plus que conciliant. Il en est ainsi des Rakes, Maximo Park, Editors, Killers... On obtient des albums trop souvent dispensables bâtis sur un single flamboyant et rempli de morceaux soit inintéressants soit calibrés pour ratisser large... Et bien en 13 morceaux , The Pigeons Detectives arrivent à produire une espèce de "best of" de tous ces groupes dispensables! En soit c'est déjà pas si mal et un morceau comme « I'm Not Gonna Take This » n'est pas foncièrement mauvais mais franchement un best of de groupes inutiles... quel intérêt? The Pigeon Detectives a décidé de faire du fric. Très bien mais ce ne sera pas le nôtre. A bon entendeur... (http://www.myspace.com/thepigeondetectives)
Un célèbre critique rock britannique a écrit que les chansons des Tindersticks étaient « aussi lentes et solennelles qu'un enterrement mexicain ». C'était un peu méchant et plutôt drôle. Si le mot fait sourire, c'est, bien sûr, parce qu'il porte juste. La musique du groupe de Nottingham est teintée d'un sombre et mélancolique romantisme ; les albums du groupe sont à classer entre ceux de Lee Hazlewood, Leonard Cohen et Lambchop. Tristesse et beauté, donc.
Sur ce plan, le nouvel album ne déçoit pas. Il y avait pourtant du souci à se faire. Le dernier album remonte à 2003. Depuis, le chanteur du groupe, Stuart Staples, a sorti deux albums solos au retentissement assez limité... Plusieurs membres historiques sont partis, notamment Dickon Hinchliffle (violoniste, arrangeur et compositeur de multiples morceaux). Restent donc Stuart Staples, le pianiste et organiste David Boulter et, à la guitare, Neil Fraser. Le groupe a élaboré ce nouvel album dans son propre studio, en plein Limousin, et s'est entouré de musiciens tels que Thomas Belhom et Lucy Wilkins (qui accompagne Bryan Ferry en tournée, gasp !). Tout cela pour dire que The Hungry Saw mérite d'être salué, et n'a pas à rougir de la comparaison avec des albums tels que Curtains ou Simple Pleasure... Les Tindersticks nouveaux ne manquent pas d'atouts. Moins engoncé dans des arrangements parfois étouffants, le groupe laisse la part plus belle à la guitare (« Yesterday's Tomorrow », l'instrumental « E Type »). « The Flicker Of A Little Girl », qui elle aussi est agrémentée de bien belles guitares, se révèle d'une légèreté bienvenue. Par antiphrase, « Come Feel The Sun », où le violoncelle mène la partie, évoque d'interminables pluies d'automne et renoue avec les plus sombres humeurs du groupe. Au final, les Tindersticks n'ont rien perdu de leur talent pour créer des chansons envoûtantes, et on se laisse toujours prendre au piège de la voix grave de Stuart Staples. Les arrangements, comme toujours, sont somptueux, et l'interprétation est sans failles. Au final, un disque parfait pour le crépuscule. Ou pour les enterrements mexicains. Chapeaux bas ! (http://www.myspace.com/tindersticksofficial)
Mystery Jets avec son Making Dens sorti en 2006 ne nous avait pas laissé un souvenir impérissable, il faut bien le dire ! Engoncé sous des tonnes d'effets masquant l'inutilité du propos, Making Dens faisait parti de ces disques à oublier.
2008 : on remet les compteurs à zéro bien décidé à laisser une seconde chance à ce groupe. Curieusement le premier morceau "Hideaway" fait immédiatement penser par le mélange de rock et d'accents new-wave aux sous-estimés Departure, et ce en sus de la voix quasi identique! Suivent deux pépites, deux morceaux extraordinaires : "Young Love" introduit par une basse presque funky et porté à mi-morceau par la voix de Laura Marling (folkeuse anglaise ayant déjà posé sa très jolie voix sur "Suspicious Eyes" des Rakes) et "Half In Love With Elizabeth" morceau dansant emportant tout sur son passage. Après ces débuts tonitruants, on craint un peu la suite, que l'album souffre du même syndrome que tous ces groupes récents capables d'excellents singles et d'albums très mauvais... "Flakes" ni bon ni mauvais fait craindre le pire même si "Veiledin Grey" est un sympathique (mais inoffensif) morceau où échos et guitares sèches s'entrecroisent répondant aux deux voix masculines. "Two doors down" tente de retrouver le génie de "Young Love" mais reste néanmoins malgré ses indéniables qualités d'un niveau inférieur. La deuxième partie de l'album est de moindre intérêt (on va être gentil...) oscillant entre le superficiel ("MJ", "First To Know") et le dispensable ("Umbellahead", "Hand Me Down"). Néanmoins "Behind The Bunhouse" démontre que le groupe a du talent et peut se montrer sous son meilleur jour, sans artifices... A noter un titre caché où la voix du chanteur est juste accompagnée de quelques accords de pianos... Reste donc un album sympathique par instant mais bien trop inégal. (http://www.myspace.com/mysteryjets)
L'arlésienne du rock porte un nom : My Bloody Valentine ! Auteur de l'album mythique Loveless, le groupe d'origine revient enfin cette année après vingt ans d'absence ... En dehors de quelques collaborations, dont une avec Sophia Coppola pour la B.O. Du film Lost in Translation, et une participation à la production de Primal Scream, groupe-frère du label Creation, le leader du groupe camé / neurasthénique / en panne d'inspiration Kevin Shields (rayez la mention inutile, s'il y en a bien une ...) ne s'est jamais totalement remis de la conception de son album à la pochette rouge.
C'est l'occasion rêvée de redécouvrir ce classique absolu du rock indé, d'autant que le leader du groupe, Kevin Shields a annoncé comme seul nouveau projet pour My Bloody Valentine un album hommage au presque aussi mythique Pornography de Cure. Loveless ne ressemble à rien de connu, et constitue pourtant le manifeste définitif de ce qu'on a appelé la noisy-pop. En effet, décidé à faire reculer le mur du son bien plus loin que ses contemporains Jesus & Mary Chain, My Bloody Valentine génère des sonorités totalement saturées, parfois carrément désaccordées, tout en parvenant à conserver des mélodies éthérées à la Cocteau Twins, grâce à la production de l'album qui laisse toute sa place aux vocaux féminins de Bilinda Butcher (c'est son arrivée dans le groupe ainsi que celle de la bassiste Debbi Googe qui définira l'orientation musicale finale du groupe). « Only Shallow » donne le ton de l'album : un son lourd et lent portant la voix fragile de la chanteuse, égarée dans un océan électrique de guitares hargneuses. « Loomer » dévoile pour la première fois des guitares désaccordées envahissantes, laissant très peu d'espace sonore à la voix de Bilinda Butcher. Le troublant intermède « new-age » de 56 secondes « Touched » et le morceau suivant « To Here Knows When » renforcent l'impression d'analogie avec le milieu marin, sonnant comme le calme avant la tempête : le quatrième morceau a beau être lent et calme, il n'en est pas moins couvert de grésillements électriques et de ronronnements inquiétants, qui ne semblent être contenus que par une ligne mélodique réduite à une boucle de sample discrète, mais omniprésente ... « To Here Knows When » s'achève par une autre boucle répétitive seule, laissant penser que la mélodie, bien que binaire, l'a emporté sur le chaos. Il n'en est évidemment rien, puisque le rugissement des guitares introduit l'un des meilleurs morceaux de l'album, le bien nommé « When you Sleep », totalement électrisé, où le chant du duo Butcher/Shields et le son perturbé des instruments légèrement désaccordés semblent le fruit d'un sommeil profond mais troublé. Guitares et sample se rejoignent à nouveau sur « I Only Said » , et les distorsions électriques se font plus présentes : cette fois, le disque est tout bonnement rayé (?), les voix sont plus difficilement audibles et la boucle mélodique du sample devient obsessionnelle. Le morceau finit de définir l'univers musical de My Bloody Valentine, et permet enfin à l'auditeur d'apprécier pleinement les cinq derniers morceaux de l'album. « Come in Alone » impose ses guitares qui font enfin jeu égal avec la voix de Bilinda Blutcher : le rythme est toujours lent, mais le morceau dégage pourtant une sensation de puissance due à une assise rythmique au marteau-pilon générée à la fois par les guitares, la basse et les percussions. Le deuxième point culminant de l'album se nomme « Sometimes » : l'un des morceaux les plus sobres de Loveless (une voix, une guitare, un synthé) s'impose par sa seule mélodie, prouvant la capacité qu'a My Bloody Valentine de produire de surprenants résultats avec un minimum d'effets. « Blown a Wish » mise tout sur les choeurs féminins, les transformant en un entêtant chant des sirènes (toujours cette fichue analogie maritime ...) : de nouveau, cela permet à l'auditeur de se remettre de ses émotions ... ce qui laisse présager de nouveau une suite bien moins apaisée. Les deux morceaux clôturant l'album font évoquent une sortie sur le dance-floor effectuée quelques minutes avant l'apocalypse. Le confus « What you want », au rythme nettement accéléré et aux sons électriques saturés et gracieux à la fois, fait monter l'album en puissance : une composition irrésistible, à la fois dansante et désespérée. Mais ce morceau génial ne fait que préparer le point d'orgue de Loveless, le démentiel « Soon » qui évoque le mieux ce climat d'urgence et d'hédonisme : une ligne rythmique implacable associant à nouveau batterie, basse et boucle synthé, régulièrement traversée par des guitares rageuses, achèvent de laisser pantois, halluciné par l'écoute d'un album qui ne ressemble à rien de connu. Car c'est bien tout l'enjeu que constitue l'écoute de Loveless : non content d'être le premier groupe à allier de façon élégante le chaos sonique et la mélodie pop, My Bloody Valentine est parvenu à constituer un album remarquablement construit, alternant la glace et le feu, embarquant celui qui l'écoute dans un déluge de sensations opposées, et cependant parfaitement harmonieuses. Loveless est donc plus qu'un album : c'est une expérience unique réservée aux seuls amateurs de sensations fortes, indispensable à quiconque veut prétendre avoir écouté une fois dans sa vie quelque chose de différent. C'est peu dire que d'affirmer que My Bloody Valentine n'a pas d'héritiers directs (au mieux des groupes plus ou moins inspirés), ce qui rend d'autant plus nécessaire la découverte de cet objet unique dans une discothèque qu'est Loveless. (Mr Indie)
Le retour de Portishead aux affaires en aura laissé sceptiques plus d'un : le fameux "son de Bristol" (ou trip-hop) apparaissant désormais largement dépassé, les dernières prestations de ses plus fameux représentants (Tricky et Massive Attack, pour ne citer qu'eux) n'ayant pas vraiment convaincu les plus nostalgiques des amateurs du genre. Pourtant, l'album "Third" prouve les limites que constitue la catégorisation dans un genre de tel ou tel groupe, et démontre avec brio que Portishead vaut mieux que cette seule réputation réductrice de "fer de lance du trip-hop" que le groupe n'a jamais recherché. Geoff Barrow, Adrian Utley et Beth Gibbons reprennent en effet les affaires là où ils les avaient laissées depuis le deuxième album éponyme, évitant aisément le piège de la répétition nostalgique. Les lourdes basses ont été remplacées par une guitare acoustique plus avenante, la voix de Gibbons est (un peu) plus apaisée, mais le climat géneral ne s'est pas apaisé pour autant : des guitares électriques mugissent çà-et-là de façon menaçante, les cuivres se font plus discrets, mais plus sinistres, et les tourments subis par le groupe durant sa brève disparition transparaissent sur plusieurs morceaux (Beth Gibbons a avoué il y a peu que l'immense succès qu'elle a connu a bousillé sa vie privée) ... Cet album constitue donc, au-délà de la simple thérapie ou du cliché rebattu de "l'album de la maturité", une certaine forme de résurrection pour les membres de Portishead : souvent tendu (sur « Machine Gun », « Hunter » ...), d'autres fois mélodique, mais toujours glacial (avec des morceaux tels que « The Rip »), Portishead ne renie rien de son identité. Mais, se débarrassant des encombrants oripeaux du trip-hop et de sa sophistication surannée, le groupe touche l'auditeur par des compositions plus dépouillées et sensibles, se mettant à nu sans vulgarités, en toute simplicité.
S'il est un mouvement qui ait influencé les groupes britanniques ces dernières années, c'est bien le post-punk : c'est peu dire qu'il y a de quoi frôler l'overdose, bien que la résurgence de cette mouvance ait eu au moins l'intérêt de faire danser les filles sur du rock, ce qui constitue en soi un prétexte tout à fait louable (il est de bon ton, d'ailleurs, de considérer Franz Ferdinand comme un groupe de pus, mais le rock n'aurait pas certainement pas l'audience dont il bénéficie aujourd'hui sans la bande d'Alex Kapranos). Si l'album Antidotes est évidemment bien loin de révolutionner le genre, il n'en demeure pas moins intéressant dans sa façon d'amener, sur quelques rares morceaux, un style musical ultra-stéréotypé vers des directions innatendues : en effet, plusieurs titres utilisent habilement les cuivres, de façon relativement sobre, par petites touches, comme le feraient des musiciens de post-rock (il apparait délicat de qualifier The Foals d'avant-gardiste, tant celui-ci est toujours post-quelque chose). Par ce biais, The Foals parvient à accomplir ce que nul ne pouvait soupçonner : créer des morceaux influencés par le ska ... et malgré tout écoutables ! Cette touche d'originalité bienvenue fait son petit effet, mais cet album demeure cependant un album de post-punk de plus, pas détestable, mais pas emballant non-plus.
La formule du duo dynamique ("power duo" ?) dans la lignée des Kills et autres White Stripes réussit le plus souvent, et c'est un paradoxe qui défie toute tentative d'explication, à générer des albums au son bien brutal et de l'énergie débordante instantanément contagieuse. C'est également ce qui se produit sur cet album des Blood Red Shoes, qui ont leur petite touche en plus par rapport aux duos précedemment évoqués : leur influence profondément grunge. The Blood Red Shoes allie en effet power-pop euphorisante et son de guitare cradingue avec bonheur, ce qui n'est plus si fréquent. Il convient de préciser que le groupe met fin au cliché sexiste le plus vivace du rock'n roll : Laura-Mary Carter joue de la guitare, tandis que c'est son compagnon qui est à la batterie !! C'est la fille qui porte la culotte, grâce à son chant omniprésent, bien que souvent en arrière-plan (une excellente habitude prise avec des groupes tels que The Go Team ou Los Campesinos) et à son furieux jeu de guitare déjà évoqué. Le résultat, même s'il ne convainc pas par sa folle originalité, permet au groupe de se distinguer, grâce à une poignée de singles incendiaires comme l'épatant « You Bring Me Down » ou le furieux « I Wish I Was Someone Better »...
Le premier album des Long Blondes avait un charme certain bien que niveau général soit assez médiocre, pas assez de bons morceaux pour contrebalancer. Néanmoins le groupe avait du talent, et pouvait prétendre à cartonner et à prendre la succession de Blondie auquel le groupe faisait penser et pas seulement pour la voix de Kate Jackson...
« Century » qui ouvre l'album fait immédiatement déchanter : rythme technoïde bas du front, son lisse, voix poseuse, paroles répétées à l'envie... l'horreur absolu.. On essaye de poursuivre... « Guilt » nous fait reprendre confiance mais le morceau est-il réellement bon après ce « Century » infâme? Las... le suivant « The Couples » donne dans le Blondie du pauvre et cela ne s'arrange pas avec « I liked the boys » insupportable et que dire de « Here comes the serious bit »... Las.. épuisé.. on ne peux continuer à écouter ce disque dont on sent bien que le groupe veut à ses influences Blondie concilier avec le succès (lui mérité) de The Gossip. Mais au moins Standing in Your Way Of Control de The Gossip était lui un bon album surpassant aisément ce disque poseur au possible. Dégoût. (Mr Rock)
Les Kills ont tout bon...a priori. Leur rock décharné, la voix sexy de VV (Alison Mosshart), leur allure parfaite, mélange idéal de glamour et de débine, tout cela a fait du duo l'un des fers de lance du rock de la décennie 2000. Et voilà que débarque Midnight Boom, successeur des superbes Keep On Your Mean Side et No Wow. Doutant de ses capacités à produire l'album, Hotel (Jamie Hince) a confié la réalisation à Alex Epton (alias Armani XXXChange), plutôt spécialiste de l'électro.
Curieusement, le son est moins sombre et radical que sur No Wow, comme si la prise de risque avait finalement été limitée...Une impression d'équivoque saisit à l'ouverture de l'album. L'électronique « U.R.A Fever », où se mêlent les voix de VV et d'Hotel, a un goût de trop peu, et semble inachevée. Faux départ. Crâneuse, « Cheap And Cheerful » se distingue par un superbe travail sur les percussions. On est surpris d'entendre les Kills sonner aussi légers, aussi pop. « Tape Song » a vite fait de casser cette joyeuse ambiance. Guitares serrées, basse obsédante : « Tape Song » rappelle que les Kills ne sont pas précisément des rigolos. Passé un dispensable « Getting Down » arrivent les magnifiques « Last Days Of Magic » et « Hook And Line ». Tendus, fébriles, ces deux morceaux sont le sommet de l'album. Rien, après, n'aura cette puissance. Non que la suite de l'album soit mauvaise ; les Kills sont des gens de talent, comme le prouvent « What New York Used To Be », « Black Balloon ou « Sour Cherry ». Il n'empêche que Midnight Boom déçoit un peu. L'album est bon, c'est entendu, mais on attendait mieux de VV et Hotel, qui semblent avoir passé la main. (Mr Pop)
Maintenant j'imagine qu'une question, essentielle voire existentielle, vous taraude : Who The Fuck Are They ?
Laissez moi vous conter une histoire...
Il était une fois trois amis quelque peu "désoeuvrés", fans de musique, déçus de la presse musicale et qui un jour se sont dit : pourquoi pas nous? Puisque l'on ne trouve pas ce que l'on cherche dans la presse pourquoi ne pas animer nous même notre blog musical? Ainsi avec nos défauts mais aussi notre enthousiasme, ce blog a vu le jour.
Votre serviteur qui chaque mois dépense plus en disques qu'en nourriture et mes acolytes qui à l'occasion viennent contrebalancer mes penchants pour le rock saignant...
Mr Pop, nutritionniste qui défend l'idée que l'apport journalier d'une pop racée et sucrée peut lutter efficacement contre le diabète et réduire l'apparition des caries.
Et Mr Indie, psychiatre, convaincu des vertus du bruit blanc pour lutter contre la schizophrénie, méthode testée sur lui même avec succès...
Désireux de s'ouvrir sur le monde et pour faire face aux productions de plus en plus épisodiques de Mr Pop et Mr Indie, l'équipe a été rejointe par d'autres intermittents du spectacle :
- le délicieux Mr Cocktail qui passe des heures sur internet, entre deux siestes, à traquer de quoi alimenter ses billets d'humour,
- Mr Bof autre cerveau malade, amoureux du cinéma bis et qui nous fait partager sa passion pour les musiques de films,
- John The Revelator, historique lecteur du blog, qui est passé temporairement de l'autre côté et qui doit depuis lutter contre sa timidité maladive pour offrir de nouveaux articles... Frank