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dimanche 27 septembre 2009

Chronique : Simdiese 6 - Simdiese 6

Si les groupes de rock français sont fréquemment mis en avant sur le site de RawpowerMagazine, il est bien plus rare que des artistes fenchies oeuvrant en solo soient chroniqués par nos soins. C'est pourtant le cas ici de Simediese 6, dont le EP éponyme est une curiosité inédite dans notre bel hexagone. En effet, la musique de Simdiese 6 s'aventure sur les chemins rarement empruntés de l'électro-pop.
Mais l'écoute des compositions du musicien nordiste démontre qu'il ne s'agit là d'une singularité parmi d'autres ...

Ainsi, le titre ouvrant l'album, l'excellent In Denial, trahit une influence qui va au-delà de l'acception la plus classique de l'électro-pop. Si la rythmique martiale glaciale, à peine rechauffée par quelques vocaux, tend à évoquer au départ les doux souvenirs du trip-hop façon UNKLE, voire l'abstract hip-hop à la DJ Shadow, des guitares électriques acérées s'imposent rapidement, emplissant l'espace sonore, et faisant de ce morceau un single potentiel percutant !

Suit la ballade Sad Place, où se côtoient piano, guitare et synthétiseur, qui réussit à faire ce que le groupe allemand The Notwist a échoué à reproduire sur son dernier album : un morceau so(m)bre et onirique, invitant l'auditeur à la douceur et au réconfort de la mélancolie.

Le synthétique et bien nommé Brrrrr fait encore passer la température en dessous des normales saisonnières, avec son chant vocodé obsessionnel et son instrumentation électronique minimaliste. L'effet est assez saisissant, et la tension - accentuée par un chant et une rythmique électroniques épileptiques - en devient palpable. Brrrrr souffle le chaud et le froid, provoquant des perturbations durables dans le cerveau de l'auditeur, dignes d'un Radiohead période Kid A/Amnesiac.

Le plus reposant Submersible, sensiblement radioheadien également, avec sa ligne de guitare toute en rondeurs et sa rythmique syncopée, est un morceau folk éthéré qui constitue un intermède fort agréable ...

Maybe accélère le tempo sur une ligne de guitare minimale, martelée par une boîte à rythmes frénétique et cisaillée rageusement par des guitares électriques fuzz tendues. L'écoute de ce morceau, pourtant très différent de Brrrrr, produit sur le cerveau un effet similaire : les sens sont en alerte, et sont bouleversés par le mélange de douceur et de brutalité qui se dégage de ce morceau qui conclut l'album.

En conclusion, ce premier EP constitue une surprise fort agréable, explorant un champ musical trop rare dans le rock français. Simdiese 6 va cependant au-delà des influences évoquées par son minimalisme étonnant, conférant ainsi à ses morceaux une dimension intimiste inédite et très personnelle. L'écoute de ce premier EP laisse augurer de prestations scéniques assez spectaculaires, tant la tension perceptible sur l'album ne peut être que décuplée par sa transposition en live ... ce qu'il sera possible de constater le 3 octobre prochain sur la scène parisienne de La Bellevilloise !


Mr. Indie



mercredi 16 septembre 2009

Chronique : Palpitation - I'm Happy Now (2008)

Les deux Suédoises de Palpitation donnent bien du fil à retordre à leurs fans... Leur EP de 2008, I'm Happy Now, sur le label Hide & Seek, est impossible à dénicher et leur site web se résume à quelques photos commentées en suédois. Qui compose le duo ? "You and me" répond le Myspace des demoiselles. Ces farceuses, sur leurs photos et vidéos, sont systématiquement affublées de masques... Pourquoi tant de secrets ? Parce que seule la musique doit compter. C'est ce qu'on a cru comprendre, à la lecture d'une micro-interview dénichée sur le net. Difficile de faire plus indépendant et confidentiel que Palpitation. Cet anonymat est fort dommage : I'm Happy Now contient huit superbes bombinettes pop. Les deux inconnues de Palpitation ont du goût et du talent : leur mélodies s'inspirent avec bonheur des Stokes et des Bangles, des Go-go's et des Smiths. Véloce ("Next Stop Tennessee" ,"This Is It") ou mélancolique ("Can I Blame You", "I Lost And Died"), la pop aux lignes claires séduit d'emblée. Pour une raison bien simple : la voix de la chanteuse. Voilée, cassée, la voix de Palpitation est incroyablement sexy. Portées par un tel timbre, des fadaises deviennent cruciales ("I have to move to Tennessee/before I go crazy about you"). Jouant de ses félures, la chanteuse reste d'une élégance impeccable, et sait éviter les effets pathétiques et les facilités. Quelle voix ! C'est un flacon de Chanel n°5 passé au papier de verre.
Palpitation a tout compris. Le duo ne nous encombre pas de sa vie et de ses opinions, se cache, et livre, presque à regret, vingt minutes d'une pop qui a une classe folle. C'est parfait !

Mr. Pop

(http://www.myspace.com/palpitationband)


mardi 12 mai 2009

Chronique : Pink Mountaintops - Outside Love (2009)

Est-ce que tout ce que touche Stephen McBean se transforme en or ? Telle est la question que l'on se pose au moment d'écouter cette nouvelle livraison de Pink Mountaintops.
Stephen McBean est la tête pensante des géniaux Black Mountain dont on vous a déjà parlé dans ces colonnes. Pink Mountaintops est son autre projet majeur, et ce Outside Love est leur 3e album après Pink Mountaintops en 2004 et le génial Axis Of Evol en 2006.
Avec les deux Black Mountain ces albums sont tout simplement indispensables, faisant de Stephen McBean une sorte de génie malheureusement largement inconnu d'un plus large public...
Dans ce groupe à géométrie variable (1), on retrouve certains membres de Black Mountain (notamment la chanteuse Amber Weber, Mattew Camirand et Joshua Wells) et une palanquée de "guests" comme Sophie Trudeau de A Silver Mt Zion ou Jesse Sykes.
Alors que dans Black Mountain, McBean se laissait aller à un heavy rock psyché, son projet Pink Mountaintops est lui beaucoup plus folk voire americana.
Les dix morceaux de l'album étant autant selon McBean "de chansons d'amour et de haine".
Sur les deux premiers morceaux, "Axis : Thrones Of Love" et "Execution", on retrouve néanmoins une rythmique lourde et pesante et des vocaux ethérés, ces deux morceaux semblant faire la transition avec les productions de Black Mountain même si le changement est palpable, comme l'apparition de guitares country sur "Execution".
Le changement est encore plus radical sur "While We Were Dreaming", splendide ballade mélancolique avec un travail remarquable sur les voix. Le ton singulièrement plus folk de Pink Mountaintops sied à merveille aux compositions de Stephen McBean : "Vampire" réhaussé de violons ou "Holiday" bercé par quelques accords d'harmonica à mi-chemin entre Arcade Fire et Fleet Foxes, illustrent parfaitement le propos.
Le faussement débonnaire "Come Down" confirme le renouveau d'une pop pastorale et chorale alors que "Outside Love" est un des temps forts de l'album, Mc Bean offrant l'écrin parfait au superbe timbre de voix de Jesse Sykes, le tout agrémenté de paroles surréalistes (Someone told me of a dream / Killed along the lost highway / But to me it seemed obscene / Like Satan laughed and spread the wings).
Stephen McBean est un merveilleux songwriter et cette tonalité volontairement plus apaisé au regard de ses autres projets lui permet d'écrire de véritables petites pépites ("And I Thank You").
Seule fausse note, la présence incongrue de l'énervé "The Gayest Of Sunbeams", sur lequel l'influence d'Arcade Fire est manifeste, qui vient casser le rythme de l'album.
L'album se conclue sur un "Closer To Heaven", ponctué de cordes magnifiques. Au final, on tient un des plus beaux albums sortis en 2009 et on en conseillera fortement l'acquisition.

Mr Rock


(1) le nom de Black Mountain venait de la Black Mountain Army, collectif d'artistes canadiens de Vancouver. Les membres se partagent entre Black Mountain, Pink Mountaintops, Jerk With A Bombs, Lighning Dust, Blood Meridian ...

dimanche 22 mars 2009

Chronique : The Rest - Everyone All At Once (2009)

Bientôt, il faudra faire le bilan des années 2000. Quelles sont les "modes" qui ont dominé le rock de ces années ? Un collectif comme The Rest permet déjà d'y réfléchir, tant il résume et concentre certaines des tendances des années écoulées. Le groupe vient du Canada (Hamilton, Ontario), compte sept membres, a mis en ligne son premier album, va vendre son prochain single, à la pochette faite à la main, en édition limitée et numérotée... Tout est là ! La place de plus en plus grande du Canada sur la planisphère pop, la recrudescence de groupes-tribus, les albums mis à disposition des fans sur internet, le soin apporté aux supports : autant d'éléments qui ont marqué les années 2000, et que l'on retrouve chez Arcade Fire, chez Radiohead...
Mais le groupe d'Adam Bentley ne doit pas être réduit à une simple illustration. Avec Everyone All At Once, The Rest a suffisament d'atout pour s'imposer comme un groupe qui compte. A condition qu'on lui accorde toute son attention... Everyone All At Once en effet demande une écoute attentive, et se déguste lentement. L'album est un sleeper, un album dormant, qui révèle ces qualités écoute après écoute. Mais le jeu en mérite la chandelle ! Les premières mesures du morceau d'ouverture, "Coughing Blood/Fresh Mountain Air", donnent le ton de l'album. Le violoncelle ouvre le morceau avec majesté, la voix haut perchée d'Adam Bentley insuffle quelques accents lyriques, la rythmique serrée empêchent le morceau de sombrer dans l'emphase. "I'm coughing blood/Sanatorium", chante Bentley... Etrange...mais superbe. Qu'est ce que c'est que cette évocation de la tuberculose dans un morceau pop ? On reste médusé, plongé dans une rêverie aux couleurs du XIXème siècle...
Rêverie... On a pu lire ici ou là, pour qualifier la musique de The Rest, le terme de dream-pop. Les mots sont peut-être un peu galvaudés, mais pourquoi pas, après tout ? Bien des morceaux adoptent la logique des songes passant sans crier gare d'une atmosphère à une autre, multipliant les cassures de rythmes, combinant les mélodies. "Apples & Allergie", le premier single, et l'un des sommet de l'album, mêle avec brio les envolées de la pop lyrique aux accent de la soul. Plus loin, "Blossom Babies", démarre comme une petite chanson pop à l'anglaise, mais bascule insensiblement dans des sonorités plus tendues et électriques. Les nostalgiques du shoegazing apprécieront...
Tout au long de l'album, le groupe se plaît à élaborer une musique flottante, privilégiant les ambiances et les atmosphères aux mélodies calibrées. Si les guitares dominent, tantôt claires et cristallines, tantôt plus rêches, il reste suffisamment d'espace pour que banjo, piano et violoncelles s'épanouissent. "Walk On Water (Auspicious Begginings)" pousse à l'extrême l'art de The Rest. Bien que dominés par de somptueuses guitares, le piano et le violoncelle se ménagent quelques éclaircies. Là encore, durant quelques secondes, le morceau va changer totalement : une mélodie aux accents 50's débarque sans prévenir, pour s'évanouir aussitôt.
Avec Adam Bentley, The Rest tient un très bon chanteur. Sa voix, aux accents presque féminins, et son style, volontiers lyrique, rappellent Andrew Montgomery, qui officiât au sein de Geneva. Le style vocal de Bentley est l'un des nombreux atouts de cet excellent groupe.
Aucun doute : Everyone All At Once est une des très bonne surprise de ce début d'année !

Mr. Pop

http://www.myspace.com/therestband

jeudi 19 mars 2009

Chronique : Karoshi Lovers - The Revolution Is Over (2008)

Comment produire une musique originale ? C'est sans doute la question que se sont posés les finlandais de Karoshi Lovers au moment d'enregistrer leur premier album.
Déjà leur nom, Karoshi Lovers... Karoshi est un terme japonais pour qualifier une mort par overdose de travail ! Tout l'album tourne autour de ce concept comme en atteste les titres des morceaux et le nombre de fois où le mot est employé.
Au niveau des influences ensuite ça se bouscule : on pense aux Cocteau Twins, aux B-52's, aux Cramps, à Bjork, The Gossip, Bauhaus, PJ Harvey, Blondie... Auxquelles on ajoutera la Famille Adams pour le look et les films de Tarantino pour l'ambiance générale du disque !
A friser l'indigestion doit se dire le lecteur à la vue de ces quelques lignes ? C'est un peu ce qui se produit à l'écoute du premier morceau "The Revolution Is Over" donnant son nom à l'album : voix lyrique, piano, guitares catchy, puis claviers eighties et mélodies poppies, le tout s'entremêlant dans un assemblage assez improbable. Pour autant on sent derrière une bonne dose d'humour chez nos finlandais, qui s'amuse ainsi à brouiller les pistes et à donner à l'auditeur le sentiment d'un plaisir coupable à l'écoute de ce morceau que l'on se plaît autant à aimer qu'à haïr. Curieuse sensation... Tout comme le morceau suivant "K Girl" à l'ambiance lourde pas forcément une réussite.
Mais au beau milieu de cet album le groupe place 4 excellents morceaux. "Only The Good Die Young" qui partant sur les mêmes bases, ambiance glauque, voix lyrique et rythmique de plomb réussit à véritablement convaincre, notamment par cette fois un usage plein s'a propos du piano en milieu de morceau. "Get A Karoshi" chanté par le guitariste Kid Karoshi, avec ses guitares surf et son ambiance de film d'horreur évoque les Cramps avec bonheur. "Down In The Ice Pit" sorte de mini opéra baroque (et gothique) où Ms.Stress chantant avec plus de retenue affirme tout son talent de vocaliste. "Birth, School, Work, Death" est une reprise des anglais de The Godfathers (sur l'album du même nom sorti en 1988). Les Karoshi Lovers en offre une relecture survitaminé, quasi epileptique et assez jouissive il faut bien le dire.
La fin de l'album s'essoufle "Death Or Karoshi" et "I Love My Karoshi" reprenant la formule du groupe mais sans apporter de véritables variations dans le rythme. Pour autant "Hold Tight" sur un tempo plus détendu montre que le groupe a des arguments à faire valoir.

Au final un album sympathique bien que mineur, original à défaut d'être toujours réellement convaincant. Néanmoins la qualité de certaines compositions et la prise de risque du groupe qui ne tombe jamais dans le mauvais goût tout en flirtant avec la limite, nous fait espérer de bonnes choses pour l'avenir. La révolution attendra.

Mr.Rock

(http://www.myspace.com/karoshilovers)


vendredi 12 décembre 2008

Chronique : The Drones - Havilah (2008)

The Drones est un groupe australien fondé en 2000 et dont ce Havilah est déjà son 5e album. Bien loin des désormais pathétiques The Vines, The Drones perpétue l'idée d'un rock australien de qualité en digne descendant de ses illustres prédécesseurs (Easybeats, Radio Birdman, The Saints, Birthday Party, The Triffids). Ici curieusement il est question d'une sorte d'americana typiquement australien, les grands espaces américains étant remplacés par des paysages australiens entre bush et désert. Un mélange où Nick Cave et ses Bad Seeds croiseraient le fer avec Neil Young.
The Drones avait sorti en 2005 un OVNI, au nom à rallonge, l'excellent Wait Long By The River
And The Bodies Of Your Ennemies Will Float By. Après une telle réussite (sorti comme d'habitude dans la plus grande confidentialité), on se demandait si The Drones arriverait à égaler ce petit bijou. C'était jusqu'à ce Havilah étonnant de maîtrise, tant d'écriture que de virtuosité, empreint de rage contenu et de mélancolie, bon de bout en bout et au final supérieur à leurs précédents albums.
A tel point que ce disque trouvera sûrement sa place dans notre top 5 de l'année alors qu'aucun des grands noms de la presse musicale n'en aura parlé...
Dès les premiers accords de "Nail It Down" on reconnaît la marque de fabrique de The Drones, un folk apocalyptique, morceau épique de plus de 7 minutes, rendant finalement hommage tant à Radio Birdman qu'à Neil Young (ah ces guitares !!!) et sur lequel la voix désabusé de Garreth Liddiard fait des merveilles. Splendide mise en bouche, un morceau quasi intouchable.
"The Minotaur", sa basse bondissante et son riff entêtant de guitare, et single de l'album, enfonce le clou notamment par son final rappelant Black Flag et où guitares et batteries se déchaînent (They come, they go /They never do not go / They come, they see / They conquer then they leave / With man-eating beliefs / Superior of death / With lineage and myth / And a half-heartedness at birth).
Les thèmes abordés sont rarement réjouissant comme sur le calme "The Drifting Housewife" où il est question de divorce (I was more worried about taxes / When my lovely red-eyed bride / Became a hairsplitting believer / That i should be vilified) .
Avec "I Am The Supercargo" le groupe reprend la suite de l'inaugural "Nail It Down" avant le dépressif "Careful As You Go".
"Oh My" et "Cold And Sober" permettent de souffler quelque peu avant l'autre pièce épique du disque : "Luck In Odd Numbers". Ce morceau qui dure près de 9 minutes est assez surprenant dans sa construction alternant moments calmes et envolées lyriques, rappelant par instant certains disques de free-jazz. Le reposant "Penumbra" et l'entraînant "Your Acting Like It's The End Of The World" (une touche d'optimisme? non finalement...) concluent de belle manière cet album, véritable manifeste en cette période où les majors dominent tout, cherchent à imposer la médiocrité comme valeur étalon et faire dominer une société du jetable. Car Havilah est un ALBUM pas une collection de singles, anti-commercial par son contenu et au regard des classements des ventes de disques. Mais nous on s'en fout et on prie pour que The Drones continue encore longtemps de nous fournir de tels albums.

(Mr Rock)

(http://www.myspace.com/thedronesthedrones)

vendredi 25 juillet 2008

Chronique : The Besnard Lakes Are The Dark Horse (2007)

Les canadiens ont la côte! Après Arcade Fire : les Besnard Lakes! On pourrait craindre comme ce fut le cas pour d'autres mouvements, qu'après le succès d'Arcade Fire, l'industrie (beurk) du disque ne se mette à signer tous les groupes canadiens...
Mais ce serait passer à côté de ce splendide album, peu abordable, il est vrai mais qui dévoile toutes ses saveurs après plusieurs écoutes. Et puis, publier par le label Jagjagwar il y a peu de risques d'être déçu...
On est tout d'abord rebuté par le mélange entre voix et guitares ("Disaster"). Voix masculine aigue, rappelant étrangement Brian Wilson des Beach Boys mais une voix pleine de mélancolie que l'on croirait s'adresser aux âmes. Les guitares sont elles héritées de la noisy, convoquant tout à la fois Jesus & Mary Chain ou My Bloody Valentine ("Devastation")
De même les orchestrations, tout comme les arrangements, des morceaux sont complexes.
Le mélange déroutant au début se savoure pleinement au fil du temps et rappelle beaucoup (l'électricité en plus) les albums « Surf's up » et « Holland » albums assez surprenants des Beach Boys, loin du surf des débuts, sortis respectivement en 1970 et 1971 soit à une époque où cela n'intéressait plus grand monde.
En tout cas, le résultat est un album magnifique et original, chaque morceau dévoilant une atmosphère particulière.
Que demande le peuple!
(http://www.myspace.com/thebesnardlakes)

(Mr Rock)

lundi 7 juillet 2008

Chronique : Deus – Vantage Point (2008)

Je me rappelle de cette fille, au lycée, réputée pour ne pas être très sexy...Je l'ai croisée, ensuite, à la fac, et elle me fit connaître Deus, le « meilleur groupe belge du Monde ». Je crois que j'ai oublié de lui rendre sa cassette audio et j'ai dû essuyer quelques reproches bien sentis et très mérités. Aujourd'hui, je ne pense pas que cette fille ait posé une oreille sur le dernier album de Deus, Vantage Point, et elle aurait bien du mal à reconnaître le son de la bande à Tom Barman, mais elle y parviendrait peut-être.
En effet, si ce nouvel album est presque aussi maîtrisé que ses deux prédécesseurs ( les albums The Ideal Crash et Pocket Revolution), traversé par moment par quelques fulgurances mélodiques dont Deus a le secret (le sublime « Eternal Woman »), il est en partie pénétré par la folie qui contaminait les touts premiers albums du groupe, tel que sur ce morceau funky-tubesque intitulé « The Architect » (une rencontre pas si incongrue entre Bowie et Prince), ou sur le morceau empli de guitares froides et de sonorités synthétiques « Is a Robot ». Tout cela produit un résultat qui s'avère intéressant à l'écoute. Cependant, malgré quelques vrais instants de grâce (notamment sur le splendide « The Vanishing of Maia Scheider ») cet album demeure en-deçà de ses prédécesseurs, plus sobres, plus intenses et plus subtils. La raison de ce semi-échec est dûe à des morceaux confondants de banalité tels que « Oh Your God » et parfois balourds (« Favourite Game » et ses côtés hard-rock-glam non-assumés, « Slow » et ses choeurs robotiques parfaitement déplacés).
Cet album laisse la sensation d'un incompréhensible gâchis de la part d'un groupe doté d'une telle expérience, d'autant plus regrettable que la bande à Barman semble réellement s'être efforcée d'explorer de nouveaux horizons musicaux. Je n'en suis pas moins redevable à cette fille de m'avoir fait découvrir ce groupe qui a grandi trop vite, aujourd'hui un peu dépassé par sa propre inspiration.
(http://www.myspace.com/deusbe)

(Mr Indie)

Chronique : The Notwist – The Devil, You + Me (2008)

Jetez un oeil à votre discothèque, et cherchez-y les groupes allemands s'inscrivant dans la période des années 90 à nos jours : vous ne devriez pas en trouver beaucoup. Pourtant, l'album Neon Golden sorti en 2002, du groupe The Notwist, mérite largement d'y figurer.
Grande surprise indie de cette année-là, The Notwist revient pour un nouvel album grandement attendu par ceux qui avaient adoré le son de ces petits laborantins de l'électropop mélancolique, fils spirituels germaniques de New Order et des grands de l'électro allemande (entre autres).
L'ouverture gentiment électro-noisy de ce nouvel album (« Good Lies ») évoque sensiblement l'antibois M83, et laisse espérer le meilleur. Las, probablement dépassé par la collaboration de l'orchestre jazz symphonique de Daniel Gläsel, le groupe s'enfonce dans une atmosphère cotonneuse certes appréciable par moments (« Gloomy Planets », « Hands on us »), mais souvent décevante. En effet, la linéarité de certains morceaux (« Alphabet »), comme les tentatives de rupture rythmique trop marquées sur d'autres compositions (« Where in this world ») peinent à convaincre.
Si The Devil, You + Me réussit par instants à faire dresser les oreilles de contentement (« Hands on Us »), il ne parvient à aucun moment à faire sortir l'auditeur d'une torpeur incomparable, car ni irritante, ni vraiment satisfaisante. On ne peut espérer pour ce groupe que la sortie imminente d'un nouvel album, tant The Notwist semble avoir besoin de retrouver la fraîcheur et la spontanéité (pour tout dire, l' « urgence ») qui lui a manifestement fait défaut sur ce troisième opus.
Dommage ...
(http://www.myspace.com/notwist)

(Mr Indie)

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Maintenant j'imagine qu'une question, essentielle voire existentielle, vous taraude : Who The Fuck Are They ? Laissez moi vous conter une histoire...
Il était une fois trois amis quelque peu "désoeuvrés", fans de musique, déçus de la presse musicale et qui un jour se sont dit : pourquoi pas nous? Puisque l'on ne trouve pas ce que l'on cherche dans la presse pourquoi ne pas animer nous même notre blog musical? Ainsi avec nos défauts mais aussi notre enthousiasme, ce blog a vu le jour. Votre serviteur qui chaque mois dépense plus en disques qu'en nourriture et mes acolytes qui à l'occasion viennent contrebalancer mes penchants pour le rock saignant... Mr Pop, nutritionniste qui défend l'idée que l'apport journalier d'une pop racée et sucrée peut lutter efficacement contre le diabète et réduire l'apparition des caries. Et Mr Indie, psychiatre, convaincu des vertus du bruit blanc pour lutter contre la schizophrénie, méthode testée sur lui même avec succès... Désireux de s'ouvrir sur le monde et pour faire face aux productions de plus en plus épisodiques de Mr Pop et Mr Indie, l'équipe a été rejointe par d'autres intermittents du spectacle : - le délicieux Mr Cocktail qui passe des heures sur internet, entre deux siestes, à traquer de quoi alimenter ses billets d'humour, - Mr Bof autre cerveau malade, amoureux du cinéma bis et qui nous fait partager sa passion pour les musiques de films, - John The Revelator, historique lecteur du blog, qui est passé temporairement de l'autre côté et qui doit depuis lutter contre sa timidité maladive pour offrir de nouveaux articles... Frank