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dimanche 11 octobre 2009

Chronique : Howling Diablos - Divine Trash Highway (2009)

On a déjà eu l'occasion de vous parler de cet excellent groupe de Detroit responsable d'un splendide album, Car Wash, sorti en 2005 chez Alive Records (ici). Ce Divine Trash Highway sorti cette année n'est pas à proprement parlé un nouvel album mais une compilation de titres enregistrés entre 1995 et 2003 et ce dans divers studios et par différents producteurs.
On aurait pu craindre un assemblage hétéroclite qui aurait nuit à la cohérence de ce disque, et pourtant il n'en est rien. Mieux on découvre le groupe sous un jour nouveau, loin des préoccupations plus catchy, plus punk blues, de Car Wash.
Le groupe se fait plus groovy, plus funky voire carrément jazzy.
On prend pour tout dire un pied phénoménal à l'écoute de la plupart des 14 titres composant ce disque.
Le groupe s'associe le temps de deux compositions ("If You Love Someone" ; "Junkyard Jesus") à Calvin Cooke, génial musicien maniant la steel comme personne et qui dope littéralement l'introductif "If You Love Someone". On notera également une reprise splendide de "Momma Told Me Not To Come" de Randy Newmann, sur lequel la gouaille de Tino Gross et des choeurs inspirés du gospel donnent un nouveau souffle à ce classique (surpassant aisemment la version des Three Dog Night ou plus récemment celle des Stereophonics avec Tom Jones...).
La façon d'aborder des styles aussi différents tout en conservant une certaine forme d'identité musicale n'est pas sans rappeler les Dirtbombs. D'ailleurs sur "Moonshine" ou même "CIA" le parrallèle est assez frappant : on jurerait que Mick Collins jamme avec le groupe !
Le groove dont font preuve les Howling Diablos sur "Check It Out" nous ramène en plein Harlem en plein seventies !
Les musiciens comme à l'habitude sont irréprochables, l'apport du sax de Jonny Evans apportant comme sur Car Wash un cachet tout particulier décuplant ici le côté résolumment funky des compositions, développant un beat qui remémorre les temps glorieux de Sly & The Family Stone ("Josephine").
Le groupe n'en oublie pas pour autant son côté rock'n roll, des pépites comme "Dodge Main" sont là pour en attester. Même sur le terrain souvent glissant de la ballade bluesy, les Howling Diablos évitent soigneusement les écueils et arrivent à convaincre ("Rainin' In Mississippi").
Malgré ce concert de louanges, tout n'est pas parfait et nous rappelle que le groupe reste humain et donc sujet à se fourvoir par instant : l'intro insupportable aux claviers de ce "Hobo Jungle" quelque peu raté ou ce "Mom" hésitant entre blues et r'n'b et qui tourne rapidement en rond. Curieusement, "Mexican Laundromat", qui aurait pu se trouver sur Blowback de Tricky, tout en reprenant la même orientation musicale que "Mom" réussit lui son coup, achevant de démontrer que le groupe à plus d'une corde à son arc.
Rien toutefois n'entame notre enthousiasme et on pardonne rapidement au groupe ces quelques choix que l'on trouve (avec toute notre subjectivité) discutable. Surtout que la fin de l'album reprend sur des bases élevées avec un "Leaving In The Morning" enlevé sorte de blues du bayou, un "Junkyard Jesus" hypnotique et ce "Divine Trash Highway" hallucinant où sur une rythmique épileptique le groupe propose un boogie/ska, rien que çà !

Au final, et en attendant un nouvel album en 2010, les Howling Diablos confirment qu'ils sont un groupe à part, en dehors de toutes modes. Ils incarnent de façon remarquable une alternative à la médiocrité dont souhaitent nous abreuver l'industrie du disque. Ce doit être pour cela qu'on les aime autant !

Frank

(http://www.myspace.com/howlingdiablo)

If You Love Someone :


Moonshine :


Momma Told Me Not To Come :


Divine Trash Highway :


Très peu de vidéos du groupe sont disponibles, on a néanmoins pu dégotter celles-ci :


samedi 19 septembre 2009

Chronique : Left Lane Cruiser - All you Can Eat !! (2009)

Groupe de punk blues américain, Left Lane Cruiser est composé de Freddy J IV au chant et à la guitare et Brenn "Sausage Paw" Beck derrière les fûts. Alliant des influences roots allant du blues à la country en passant par le bluegrass, à une énergie sans faille, le groupe revient avec un nouvel album, All You Can Eat!! successeur du génial Bring Yo' Ass To The Table sorti en 2008 et chroniqué sur ce blog (ici).
Produit et enregistré dans les studios Ghettos Recorders de Detroit par le légendaire Jim Diamond (Dirtbombs, White Stripes, Love Me Nots entre autres...), ce nouvel album marque une évolution pour le groupe. Moins roots, les guitares sont plus agressives, presque garage voire hard rock. Il en résulte un album massif sans doute moins abordable que son prédécesseur. On y retrouve pourtant tout ce qui fait le charme des Left Lane Cruiser et notamment ce jeu génial de guitare slide.
Ainsi même si le groupe s'offre quelques récréations bluesy et bluegrass (le superbe "Ol' Fashioned"), la puissance sur certains morceaux surprend quelque peu (le quasi-punk "Waynedale"). On a peine à croire que le groupe se résume à un duo ! Du coup on ne peut s'empêcher de penser que certaines pistes auraient gagné à être joué avec plus de finesse comme sur l'enchaînement "Hard Workin' Man"/"Black Lung" quasi hard rock évoquant un Led Zeppelin plus dopé que les coureurs du Tour de France. Pour autant, il ne faut pas bouder son plaisir, cet album reste un modèle du genre et un sacré album de rock'n roll. Simplement, il faut du temps pour digérer des morceaux comme "Putain!" ou "Poopdeflex" qui tranchent avec leur production habituelle.
Quoiqu'il en soit des pistes comme "Crackalacka", "Hillgrass Bluebilly" ou "Broke Ass Blues" sont autant de pépites que l'on conseille expressément aux amateurs du genre.

Les fans du précédent album ne seront donc pas déçus par cette nouvelle livraison qui confirme les espoirs que l'on est nombreux à placer sur ce groupe. Pour autant certains, comme nous l'avons été, pourrons être quelque peu décontenancés par la violence de certains morceaux, sentiment renforcé par la gouaille de Freddy J IV. Une fois ce cap franchi on peut se délecter comme il se doit de ce disque certes sauvage mais ô combien jouissif.

Prendre son pied en écoutant un disque, ma foi c'est déjà pas mal.

Frank (aka Mr Rock)

(http://www.myspace.com/leftlanecruiser)

"Crackalacka" :


"Broke Ass Blues" :


Deux extraits live de relative bonne qualité même si on entend peu la voix...

"Crackalacka" live


"Hillgrass Bluebilly" live

mercredi 2 septembre 2009

Chronique : Henry's Funeral Shoe - Everything's For Sale (2009)

Henry's Funeral Shoe, sous ce nom de groupe curieux se cache un duo gallois, les frères Aled et Brennig Clifford : Aled au chant et à la guitare et Brennig à la batterie. On ne sait finalement que peu de choses sur ce duo si ce n'est qu'ils sont signés sur l'extraordinaire label (on le dira jamais assez...) Alive Records, ce qui en soit constitue presque obligatoirement un gage de qualité. Bien que citant entre autres comme références les Who, Creedence, Black Keys et Beatles, le duo oeuvre dans un rock pêchu aux rythmiques héritées du hard rock seventies, mâtiné d'influences allant du blues (notamment Robert Johnson) au country en passant par le bluegrass. Si on pense de temps à autres à Mountain voire plus récemment aux Raconteurs, le groupe présente étrangement quelques similitudes frappantes avec le groupe australien Rose Tattoo avec lequel il partage un goût prononcé pour la guitare slide, une rythmique de plomb et un chant qui fait plus qu'évoquer Angry Anderson. Différence notable, le groupe a su parfaitement assimiler les leçons du blues et ne s'adonne jamais à la démonstration, les parties de guitares s'intégrant dans un ensemble musical où aucun des deux musiciens ne prend le pas sur l'autre.
Le résultat est un album d'une grande cohésion d'où il est difficile de ressortir un morceau plutôt qu'un autre tant on déguste avec délectation les dix pistes de l'album.
La formule basique du duo fonctionne comme chez les Black Diamond Heavies à plein régime sans que l'on note un quelconque essoufflement et les frères Clifford arrivent même à nous surprendre comme sur ce "It's A Long Way" qui boucle la face A du disque où l'alternance entre la voix délicate de Brennig et celle beaucoup plus gouailleuse de Aled fait merveille.
Car il convient de ne pas se fier au morceau éponyme qui ouvre l'album et sur lequel le groupe use de ficelles connues mais emporte l'adhésion grace à son énergie. En effet, dès "Down The Line", c'est la guitare slide qui fait son apparition et comme chez les Left Lane Cruiser apporte un certain cachet presque boogie au morceau. Superbe. Sur "Don't Lose The Rythm" on sent toute l'influence du blues sur la musique des Henry's Funeral Shoe et on comprend pourquoi le groupe est désormais en bonne place sur le catalogue d'Alive Records... "Stranger Dig" que l'on devine être un cheval de bataille pour le groupe sur scène et "It's Along Way" élevent encore un peu plus le niveau : sur ces deux morceaux le groupe est intouchable.
La Face B, repart sur les mêmes bases avec un "Maria Maria" porté par un riff qui s'incruste durablement en tête, à la manière des meilleurs morceaux d'AC/DC. Le groupe monte ensuite en puissance accélérant le tempo sur "Empty Church" et "Coming On Through" avant de se lâcher sur le boogie "Second Hand Prayer".
Démontrant que le groupe a plus d'une corde à son arc, la face B s'achève sur la ballade acoustique "Mary's Tune" chanté par Brennig semble-t-il, Aled assurant les parties d'harmonica. Le morceau dans une veine folk que n'aurait pas renié Dylan, est un pur joyau.

Le groupe a réussi pour son premier album à fournir dix titres fantastiques, remarquablement écrits et executés et on mesure désormais ce qui manque aux Raconteurs pour confirmer les espoirs que l'on plaçait en eux : la foi. Les Henry's Funeral Shoe l'ont et ça change tout.

Une des belles claques de cette année 2009.

Mr Rock

(http://www.myspace.com/henrysfuneralshoe)





vendredi 26 juin 2009

Chronique : Howling Diablos - Car Wash (2005)

Les Howling Diablos ont tout du fantasme pour l'amateur de rock. Premièrement, le groupe est de Detroit, la mecque du rock'n roll de ces années 2000 (White Stripes, Von Bondies, Detroit Cobras, Dirtbombs, etc etc ...). Deuxièmement, le groupe pratique un blues rock au son rugueux dans la droite ligne des Black Keys. Troisièmement, le groupe est signé chez Alive Records, sans la doute LA maison de disque qu'il faudra retenir de la décennie (Buffalo Killers, Brimstone Howl, Black Diamond Heavies, Hacienda, Radio Moscow, Thomas Function, Left Lane Cruiser ...).
Le groupe existe depuis le début des années 90's, et a ouvert entre autre pour Georges Clinton, Albert Collins, Ben Harper ou Alice Cooper, ce qui leur vaut une réputation flatteuse suite à des prestations live incandescentes.
Le morceau-titre qui ouvre l'album donne le ton : riff répétitif, quelques notes de saxo, ligne de basse élastique avant qu'à mi morceau le morceau ne décolle. C'est là toute la marque de fabrique et le talent du groupe. Ils prennent le temps de construire leurs morceaux sans se soucier d'un quelconque format, même si l'essentiel des morceaux se situent entre trois et quatre minutes. La voix de Tino Gross n'est pas sans rappeler un certain Captain Beefheart renforçant le côté roots du blues pratiqué par les Howling Diablos.
Les musiciens, Johnny Bee (batterie), MO Hollis (basse), Erik Gustafson (guitare) et Johnny Evans (sax), ne sont pas en reste. S'ils ont une technique irréprochable, ils ne le montrent jamais de façon trop ostensible. Leur technique est au service des compositions, et ne tourne jamais à la démonstration. Il faut dire que les Howling Diablos ont le blues dans la peau et en ont compris l'essence ("Dope Man").
Sur ce très bon album, les morceaux de bravoure sont nombreux.
Même s'il est difficile de ressortir un morceau plutôt qu'un autre, on retiendra malgré tout outre "Car Wash" et "Dope Man", un "Easy Street" porté par le jeu de batterie tout en finesse de Johnny Bee. Le genre de morceaux qui s'incruste durablement dans nos esprits.
L'apport du sax sur les morceaux apportant par ailleurs un souffle rafraichissant sur certains morceaux comme sur "Prison Train" ou l'extraordinaire "Elvis lives".
Ce dernier morceau, fabuleux, voient les musiciens se lâcher, le jeu de guitare saturé à l'extrême de Gustafson répondant de façon magistrale au sax de Johnny Evans.
Ce disque d'une durée de 35 minutes, procure énormément de plaisir dans un genre qui semble revenir en grâce ces dernières années. Si vous aimez les Black Keys ou que vous avez craqué pour The Muggs, cet album est fait pour vous.

Mr Rock

(http://www.myspace.com/howlingdiablo)

PS : le groupe a sorti récemment (fin avril) un nouvel album Divine Trash Highway. On en reparle dès que l'on se le sera procuré !




Une reprise de Gloria par le groupe :

dimanche 29 mars 2009

Chronique : Cut In The Hill Gang - Hung Up (2009)

Johnny Walker ... Sans doute et bien malheureusement le secret le mieux gardé des Etats-Unis. Chanteur guitariste des fabuleux Soledad Brothers, responsable de 4 albums monumentaux, dont le dernier Hardest Walk sorti en 2006 constitue le chant du cygne, Johnny Walker est sans doute l'un des personnages les plus attachants de l'underground rock américain, apparaissant pour les connaisseurs comme une sorte de Steve Wynn (1) des années 2000.
Pour la petite histoire Jack White (qui produit le premier album des Soledad Brothers bien avant les White Stripes) a appris auprès de Johnny Walker à manier la guitare slide, ce même Johnny Walker joue sur le premier White Stripes et ces derniers reprennent "Goin' Back To Memphis" régulièrement en live (on peut en voir l'expression sur le DVD Under Blackpool Lights)...
Voilà qui devrait poser le personnage et comprendre l'importance et l'impact de ses différents projets.
Alors que l'on pensait que Johnny Walker suite à l'échec des Soledad Brothers s'était quelque peu rangé, le voici qui revient en power trio sous le nom de Cut In The Hill Gang, avec un disque Hung Up sous le bras !
Ce qui est frappant sur cet album c'est que bien que composé de 11 morceaux, ceux-ci s'enchaînent remarquablement les uns aux autres donnant l'impression d'écouter une vaste jam où s'entrechoquent blues, early rock'n roll ("Bird On A Wire"), country, et garage, un peu à l'image de ce qui se faisait souvent dans les années 60's et débuts des années 70's. On pense aux disques de John Mayall ou Paul Butterfield mais aussi à des disques comme le Super Sessions d'Al Kooper/Mike Bloomfield/Steven Stills.
Ce sentiment est renforcé par le talent individuel de chacun des musiciens, que l'on a d'ailleurs eu l'occasion d'apprécier lors d'une prestation magistrale au Point Ephémère (2) en début de semaine. Chaque musicien se tire la bourre et pourtant le disque ne tourne jamais à l'exercice de style. Leur virtuosité est mis au service du collectif ce qui rend chaque morceau tout bonnement indispensable.
Il se dégage de l'album un souffle épique qui va crescendo, la face B nous apparaissant encore meilleure que la face A...
De "Soul Waste" à "Say A Spell", en passant par des monuments comme "Stitch In Time" ou "Johnny's Quixotic Dream", rien que du bon.
Les compositions sont co-signés par les trois membres du groupe à l'exception d'une reprise de "Diddey Wah" de Willie Dixon.

On ne saurait trop conseiller d'acheter ce disque d'un artiste injustement méconnu qui contre vents et marées continue de sortir des disques impeccables sans aucune concession à l'air du temps.

Mr.Rock

(1) Steve Wynn, chanteur guitariste des extraordinaires The Dream Syndicate, de Gutterball, du projet country Danny & Dusty et qui tourne toujours à l'heure actuelle avec ses Miracle Three.
(2) ce concert au Point Ephémère s'est déroulé dans la plus stricte intimité... Avec The Jelley Hearts duo féminin punk-blues en première partie. La bande à Johnny Walker fut tout simplement époustouflante bluffant le maigre public présent. Honte aux absents !


(http://www.myspace.com/cutinthehillgang)




lundi 16 février 2009

Chronique : The Muggs - On With The Show (2008)

The Muggs, c'est un groupe américain formé à Détroit en 2000 autour de Danny Methric (guitare/chant), Tony Denardo (basse, et qui suite à un accident vasculaire joue ses parties de basse sur un clavier) et Matt Rost (batterie). Oeuvrant dans un blues rock détonnant rappelant autant les maîtres du genre que les déflagrations de Cactus, ce On With The Show est leur deuxième album après un album éponyme sorti en 2005.
La formule du power trio confère au groupe une assise à la fois puissante et précise.
Le blues "Motown Blues" ouvrant l'album sert d'intro au génial "Slow Curve" sur lequel le groupe fait montre de toute son explosivité en 2'50 : un morceau parfait à conseiller à tous ceux que le genre rebute.
"Just Another Fool" permet de mettre le jeu hallucinant de Matt Rost à la batterie et qui n'est pas sans rappeler celui de John Bonham au sein de Led Zeppelin, avec le même mélange de précision et de puissance conjuguées. Avec une basse chaleureuse, le champs est laissé libre aux délires guitaristiques de Danny Methric.
Cette formule leur permet d'enchaîner les morceaux de bravoure : "All Around You", "On With The Show", "Somewhere Down The Line"ou un "Down Below" lorgnant du côté des Black Crowes.
D'ailleurs le timbre de voix de Methric est à classer entre Chris Robinson et Ozzy Osbourne (période Black Sabbath) en moins schizophrène quand même...
Passage obligé du genre, le groupe s'essaye à la balade bluesy avec "Curbside Constellation Blues" (réhaussé d'un piano). Pour autant le groupe réussit à éviter les écueils et poncifs du genre et s'en sort remarquablement.
En fin d'album, le groupe propose deux morceaux d'anthologie :
"Never Know Why" voit le groupe sur plus de 8' faire siens les territoires autrefois parcourus par Black Sabbath : la batterie plus lourde que jamais, la basse omniprésente et une guitare totalement débridée portent le morceau vers les sommets. Ce morceau quasi psychédélique par l'ambiance qui s'en dégage est à n'en pas douter un des chevaux de bataille du groupe sur scène.
"Get It On" poursuit dans la même veine et donne une furieuse envie de headbanger ou de faire de l'air guitar ! Le morceau s'enchaînant avec une reprise totalement décomplexée de "Motown Blues" qui ouvrait l'album.

Cet album excellent associé aux disques de chez Alive Records permet de mesurer l'impact prodigieux qu'ont eu les Black Crowes su tout cette scène blues rock américaine.

Un disque dont on conseille fortement l'acquisition.

Mr.Rock

(http://www.myspace.com/themuggs)

vendredi 23 janvier 2009

Chronique : Left Lane Cruiser - Bring Yo' Ass To The Table (2008)

Encore un disque Alive Records... Left Lane Cruiser est un duo composé de Joe Evans à la guitare et au chant et de Brenn Beck aux percussions, harmonica et nous vient de Fort Wayne dans l'Indiana et propose un blues-country rock détonnant. Ce qui les démarque des autres c'est l'usage d'une guitare slide donnant ce côté country à l'ensemble même si le blues n'est jamais très loin ! Le tout donne un blues-rock qui sent bon les bouges du sud des Etats Unis, à coup de riffs bien saignants ("Wash It"; "Set Me Down" ; "Justify") avec plein de bon gras autour ! Dédiant un morceau à un plat de "Pork & Beans" et avec un titre d'album comme celui-là vous devinerez aisément dans quelle catégorie joue ces irrésistibles américains. Le groupe afin de rompre toute monotonie qui viendrait à s'installer chez l'auditeur exigeant (?) se permet une incursion bluegrass ("G Bob") à mi-album mais c'est pour mieux repartir avec le débraillé "Big Momma"... Le groupe propose quelques variations comme sur l'excellent "Amy's In The Kitchen" alternant tempos lents et rapides. Après ces douze titres, l'album s'achevant sur le dantesque "Heavy", on en ressort exsangue...
Un mot sur les voix, assez rocailleuses et qu'on devine travaillées par l'absorption de fortes doses de Jack Daniels !
Le son est titanesque rendant bien la mesure du travaille de Brenn Beck aux percussions qu'on devine aisément en train de marteler tout ce qui lui tombe sous la main !
Alors l'ensemble peut lasser, notamment ceux qui n'apprécient que modérément la guitare slide, les autres comme nous s'agiteront dans tous les sens à l'écoute de ce disque bourrin certes mais ô combien salvateur pour nos oreilles.
Entre les disques de chez Jagjaguwar et ceux de Alive Records, il se passe quelque chose sur le continent américain ! Et ça n'a rien avoir avec l'élection d'Obama.

Mr.Rock

(http://www.myspace.com/leftlanecruiser)

mardi 20 janvier 2009

Chronique : Black Diamond Heavies - Every Damn Time (2007) & A Touch Of Someone Else's Class (2008)

En ce moment on se fait une cure Alive Records, après les Buffalo Killers let me introduce you The Black Diamond Heavies !
Venus de Nashville les Black Diamond Heavies sont un groupe assez singulier. Duo composé John Wesley Myers et Van Campbell le groupe se démarque par le choix d'une formule batterie/orgue, ce qui surprendra donc l'auditeur habitué aux riffs de guitares...
Autre point : la voix du chanteur... Plutôt que de mettre des stickers "le tabac tue" sur les paquets de cigarettes, une écoute d'un morceau du groupe vaut toute les campagnes anti-tabacs ! On a rarement entendu une voix aussi abîmée même chez Tom Waits.
Musicalement, les américains parlent de punk blues pour qualifier le style proposer là : du blues rock sale et joué avec le refus de toutes concessions.
Leur premier album sort en 2007 et s'intitule Every Damn Time.
D'entrée de jeu, le groupe met la barre très haute avec un "Fever In My Blood" endiablé où Vic Campbell en fait des tonnes à la batterie, le morceau met d'entrée à genoux, rappelant le côté vaudou que l'on peut retrouver sur certains titres cintrés de Screamin' Jay Hawkins. Dès la deuxième piste le groupe prend le contre-pied de l'auditeur avec un blues/gospel magique "All To Hell" réhaussé de trompettes discrètes. "Leave It In The Road" trace le sillon blues avant le brutal "Poor Brown Sugar" introduit par l'intermède "Let Me Coco" (sur lequel une basse fait son apparition). "Switched In Sin" interprété par n'importe quel groupe serait une ballade quelconque ; porté par la voix appuyé de Myers il démontre tout le talent du groupe notamment lorsque l'orgue se met à s'emballer.
Certains morceaux sont plus conventionnels mais les Black Diamond Heavies par leur formule arrive à tirer le meilleur de styles mille fois usités comme sur "White Bitch" boogie rock au phrasé répétitif, le blues-rock de "Signs" ou le jazzy "Might Be Right".
Traduisant l'esprit qui a guidé cet album, "Guess You Gone And Fucked It All Up" conclute cet album excellent par un titre presque incantatoire, le batteur déployant toute sa dextérité tout au long du morceau. Cet album enregistré en deux sessions, montre un groupe techniquement très bon, jouant live et c'est sans doute ce qui explique la qualité de ce disque où est capté l'essence même du groupe.
A peine un an après ce premier opus, les Black Diamond Heavies remettent le couvert avec A Touch Of Someone Else's Class. Cette fois ils sont produits par Dan Auerbach des Black Keys. La collaboration paraît évidente tant le groupe présente des similitudes avec le groupe d'Akron (Ohio).
De cette collaboration sort un album avec un son digne du groupe, avec plus d'ampleur. La formule est identique au premier album avec plus de diversités dans les sonorités. Ainsi après un "Nutbush City Limit" explosif (reprise de Tina Turner), le groupe se lance dans un groove infernal avec le quasi funky "Everythang Is Everything".
Des reprises le groupe en propose deux autres : "Oh Sinnerman" de Nina Simone finalement assez proche de l'original et "Take A Ride" de James T Model Ford (bluesman noir déjà cité comme une référence par Dan Auerbach).
Le groupe n'en oublie pas le boogie rock énervé comme sur "Numbers 22" ou "Make Some Time" mais alterne encore plus que sur Every Damn Time avec des morceaux plus calmes. Le groupe arrive même à en être délicat notamment sur le magnifique "Bidin' My Time"... Le groupe surprend par tant de délicatesse sans doute pour affirmer le contraste avec le blues rock tout en saturation de "Take A Ride" et "Solid Gold"!
"Smooth It Out" fleurant bon le garage sixties montre un groupe complètement décomplexé, ce que dénote aussi la montée progressive de l'intensité sur un "Loose Yourself". "Happy Hour" conclut l'album sur un boogie à l'ancienne, Dan Auerbach y tenant la guitare. Jouissif.
Avec ce deuxième album en deux ans, les Black Diamond Heavies s'impose comme LA référence en matière de blues-rock et ce d'autant que les Black Keys ont opté pour une voie plus lo-fi.
Contrairement à ce que l'on aurait pu craindre, la formule batterie/orgue minimaliste n'empêche pas le groupe de surprendre et d'élargir son spectre musical et ce pour notre plus grand plaisir !

Mr.Rock

(http://www.myspace.com/blackdiamondheavies)


dimanche 6 juillet 2008

Chronique : The Black Keys - Attack & Release (2008)

Les Black Keys, duo composé de Dan Auerbach and Patrick Carney proposaient sur leurs précédentes livraisons un blues-rock minimaliste et pêchu à même de satisfaire tout à la fois les fans de blues et les tenants de l'indie rock. Attack & Release est leur 6e galette et le moins que l'on puisse dire c'est que les Black Keys ont choisi de surprendre! Finis les riffs bien gras, le ton est apaisé, calme presque lo-fi, de nouvelles influences (country et bluegrass) prenant le dessus sur le blues. Du coup l'accroche n'est pas immédiate, il faut du temps pour que les morceaux s'insèrent dans nos esprits. Mais après... difficile de décrocher... Alors bien sur de temps en temps on retrouve la hargne des précédents albums (« I Got Mine » ; « Remember When side 2 ») mais ces morceaux constituent désormais l'exception. « All You Ever Wanted », « Psychotic Girl » ou « Lies » ouvre au groupe de nouveaux horizons. Et on est conquis!
De plus, chose peu commune le dernier morceau de l'album, « Things Ain't like They Used To Be » est peut être leur meilleur, ballade sur un rythme lancinant, voix féminine, guitare discrète... la classe.
(Mr Rock)

http://www.myspace.com/theblackkeys

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Maintenant j'imagine qu'une question, essentielle voire existentielle, vous taraude : Who The Fuck Are They ? Laissez moi vous conter une histoire...
Il était une fois trois amis quelque peu "désoeuvrés", fans de musique, déçus de la presse musicale et qui un jour se sont dit : pourquoi pas nous? Puisque l'on ne trouve pas ce que l'on cherche dans la presse pourquoi ne pas animer nous même notre blog musical? Ainsi avec nos défauts mais aussi notre enthousiasme, ce blog a vu le jour. Votre serviteur qui chaque mois dépense plus en disques qu'en nourriture et mes acolytes qui à l'occasion viennent contrebalancer mes penchants pour le rock saignant... Mr Pop, nutritionniste qui défend l'idée que l'apport journalier d'une pop racée et sucrée peut lutter efficacement contre le diabète et réduire l'apparition des caries. Et Mr Indie, psychiatre, convaincu des vertus du bruit blanc pour lutter contre la schizophrénie, méthode testée sur lui même avec succès... Désireux de s'ouvrir sur le monde et pour faire face aux productions de plus en plus épisodiques de Mr Pop et Mr Indie, l'équipe a été rejointe par d'autres intermittents du spectacle : - le délicieux Mr Cocktail qui passe des heures sur internet, entre deux siestes, à traquer de quoi alimenter ses billets d'humour, - Mr Bof autre cerveau malade, amoureux du cinéma bis et qui nous fait partager sa passion pour les musiques de films, - John The Revelator, historique lecteur du blog, qui est passé temporairement de l'autre côté et qui doit depuis lutter contre sa timidité maladive pour offrir de nouveaux articles... Frank