On a déjà eu l'occasion de vous parler de cet excellent groupe de Detroit responsable d'un splendide album, Car Wash, sorti en 2005 chez Alive Records (ici). Ce Divine Trash Highway sorti cette année n'est pas à proprement parlé un nouvel album mais une compilation de titres enregistrés entre 1995 et 2003 et ce dans divers studios et par différents producteurs.On aurait pu craindre un assemblage hétéroclite qui aurait nuit à la cohérence de ce disque, et pourtant il n'en est rien. Mieux on découvre le groupe sous un jour nouveau, loin des préoccupations plus catchy, plus punk blues, de Car Wash.
Le groupe se fait plus groovy, plus funky voire carrément jazzy.
On prend pour tout dire un pied phénoménal à l'écoute de la plupart des 14 titres composant ce disque.
Le groupe s'associe le temps de deux compositions ("If You Love Someone" ; "Junkyard Jesus") à Calvin Cooke, génial musicien maniant la steel comme personne et qui dope littéralement l'introductif "If You Love Someone". On notera également une reprise splendide de "Momma Told Me Not To Come" de Randy Newmann, sur lequel la gouaille de Tino Gross et des choeurs inspirés du gospel donnent un nouveau souffle à ce classique (surpassant aisemment la version des Three Dog Night ou plus récemment celle des Stereophonics avec Tom Jones...).
La façon d'aborder des styles aussi différents tout en conservant une certaine forme d'identité musicale n'est pas sans rappeler les Dirtbombs. D'ailleurs sur "Moonshine" ou même "CIA" le parrallèle est assez frappant : on jurerait que Mick Collins jamme avec le groupe !
Le groove dont font preuve les Howling Diablos sur "Check It Out" nous ramène en plein Harlem en plein seventies !
Les musiciens comme à l'habitude sont irréprochables, l'apport du sax de Jonny Evans apportant comme sur Car Wash un cachet tout particulier décuplant ici le côté résolumment funky des compositions, développant un beat qui remémorre les temps glorieux de Sly & The Family Stone ("Josephine").
Le groupe n'en oublie pas pour autant son côté rock'n roll, des pépites comme "Dodge Main" sont là pour en attester. Même sur le terrain souvent glissant de la ballade bluesy, les Howling Diablos évitent soigneusement les écueils et arrivent à convaincre ("Rainin' In Mississippi").
Malgré ce concert de louanges, tout n'est pas parfait et nous rappelle que le groupe reste humain et donc sujet à se fourvoir par instant : l'intro insupportable aux claviers de ce "Hobo Jungle" quelque peu raté ou ce "Mom" hésitant entre blues et r'n'b et qui tourne rapidement en rond. Curieusement, "Mexican Laundromat", qui aurait pu se trouver sur Blowback de Tricky, tout en reprenant la même orientation musicale que "Mom" réussit lui son coup, achevant de démontrer que le groupe à plus d'une corde à son arc.
Rien toutefois n'entame notre enthousiasme et on pardonne rapidement au groupe ces quelques choix que l'on trouve (avec toute notre subjectivité) discutable. Surtout que la fin de l'album reprend sur des bases élevées avec un "Leaving In The Morning" enlevé sorte de blues du bayou, un "Junkyard Jesus" hypnotique et ce "Divine Trash Highway" hallucinant où sur une rythmique épileptique le groupe propose un boogie/ska, rien que çà !
Au final, et en attendant un nouvel album en 2010, les Howling Diablos confirment qu'ils sont un groupe à part, en dehors de toutes modes. Ils incarnent de façon remarquable une alternative à la médiocrité dont souhaitent nous abreuver l'industrie du disque. Ce doit être pour cela qu'on les aime autant !
Frank
(http://www.myspace.com/howlingdiablo)
If You Love Someone :
Moonshine :
Momma Told Me Not To Come :
Divine Trash Highway :
Très peu de vidéos du groupe sont disponibles, on a néanmoins pu dégotter celles-ci :

























































