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lundi 18 mai 2009

Concert : The Norvins / Les Terribles (Mécanique Ondulatoire - 16-05-09)

Les Terribles, c'est un groupe parisien autant influencé par Ronnie Bird que le garage rock sixties (et ce de toutes les contrées), qu'ils reprennent avec enthousiasme. Faisant preuve d'une grande décontraction, d'un plaisir et d'une joie communicative, Les Terribles ont fait passé un très bon moment au public présent. Les Terribles c'est un peu l'équivalent musical des films où officiaient le génial Ray Harryhausen : kitschissime mais réellement magique ! Que du fun !
http://www.myspace.com/lesterribles

On attendait avec un peu d'impatience le concert de The Norvins. On vous a déjà rabattu les oreilles avec ce groupe garage parisien, auteur d'un hautement recommandable premier album, le très bien nommé Time Machine. Il faut dire que leur précédent passage à la Boule Noire en première partie des Love Me Nots nous avait quelque peu laissé sur notre faim, la faute à quelques problèmes d'acoustique nous privant des parties de clavier...
Dans les conditions toujours assez particulières de la Mécanique Ondulatoire (une cave pour celles et ceux qui ne connaitraient pas l'endroit), The Norvins ont proposé un set carré et énergique. Après une mise en route un peu laborieuse, les gars ont singulièrement élevé le niveau démontrant que le groupe mérite mieux que l'anonymat dans lequel ils sont malheureusement confinés. On dira que le groupe a fait le job et on espère les voir un jour dans de meilleures conditions.
On profite de l'occasion pour recommander une une nouvelle fois l'achat de leur disque qui ravira les amateurs de garage rock et convaincra à n'en pas douter les grincheux qui pensent que l'on ne rocke pas en France !
http://www.myspace.com/thenorvins

La soirée se termine avec DJ Traxman (du label soundflat), qui a enthousiasmé les personnes présentes par la qualité des disques présentés (garage, soul et northern soul...).

Une superbe soirée en somme !
Mr Rock & Mr Pop

vendredi 27 mars 2009

Concert : Soirée Gloria (26/03/09)

Soulagement ! Tel est le sentiment qui nous étreint au moment d'entrer au Trabendo pour cette dix neuvième soirée Gloria. Déjà parce que ça faisait un moment que l'équipe Gloria n'avait donné signe de vie. Ensuite, parce que l'affiche était alléchante : les français de Carpet Sellers, les irlandais de The Revellions, et LA légende, les Pretty Things...
C'est avec un peu de retard (imputable à un apéro prolongé de Mr Pop) que l'on assiste à la prestation des Carpet Sellers. Malgré une tension palpable, les Carpet Sellers ont déroulé leur garage rock énergique et mélodique avec une conviction sans faille emportant l'adhésion de l'ensemble du public présent satisfait de découvrir ou de re-découvrir un groupe garage français capable de rivaliser avec leurs homologues anglosaxons notamment. Malgré un public forcément exigeant, les Carpet Sellers ont relevé le défi avec brio et repartiront certainement avec de beaux souvenirs en tête et surtout plein d'espoirs pour l'avenir. Vivement un disque !
A peine le temps de fumer une clope ou de descendre une pinte que les irlandais de The Revellions montent à leur tour sur scène. Précédés par une réputation élogieuse de bêtes de scène et d'un album tout bonnement excellent, nos irlandais étaient attendus au tournant. Leur prestation fut asez hallucinante, frénésie et rage rock'n rollienne mélées, le jeu du chanteur à chaque fois à la limite de la rupture contribuant à l'atmosphère de sauvagerie que dégage le groupe. Pour autant s'il on ne connaît pas leurs morceaux, on peut être quelque peu dérouté par la musique que propose le groupe sur scène. L'orgue en retrait et le jeu centré sur le chanteur rendant certains morceaux peut être moins percutants sur scène. Mais on fait la fine bouche. Le concert fut pour ma part exceptionnel. A noter que les deux derniers morceaux, absents de leur album, présentent un groupe sous forte inspiration stoogienne, et augure le meilleur pour la suite si cette orientation se confirme.
Les Pretty Things... On a tout dit sur ce groupe sauvage et authentique, responsable de 5 ou 6 albums indispensables. Et malheureusement un des grands oubliés du rock sixties. Le groupe se présente aujourd'hui sans Skip Alan et Wally Waller (pour problèmes de santé) et sont remplacés par deux jeunes loups, au demeurant excellents instrumentistes.
Bon laissons nous gagner par l'émotion, le concert fut époustouflant. On manque de mot pour décrire ce flot d'émotions qui nous a submergé après un tel concert, où comment un groupe de sexagénaires met la fessée à 99% des groupes actuels et renvoit les Rolling Stones à leurs chères études. Avec une puissance et une énergie remarquable, des musiciens au top de leur forme, les Pretty Things ont balayé l'ensemble de leur discographie, balayant toutes les époques et abordant tous les styles. Le groupe démarre avec deux classiques de leur répertoire rythm & blues, "Roadrunner" et "Don't Bring Me Down", deux pépites que l'on déguste sachant ces moments uniques. Le groupe proposera ensuite deux morceaux plus récents dont un "Beat Goes On" échappé de leur dernier album Balboa Island sorti en 2007.
Les choses sérieuses reprennent avec deux morceaux de SF Sorrow dont une version magistrale du morceau-titre. Alors que l'on aurait pu penser que le groupe pousuivrait sur cette voie, les musiciens quittent la scène, laissant Dick Taylor et Phil May seuls sur scène pour un des grands moments du concert, offrant au public deux blues sur lesquels Phil May démontre quel excellent chanteur il est, mais c'est surtout Dick Taylor qui tire son épingle du jeu, avec un jeu de guitare sans équivalent, si ce n'est chez Johnny Walker... Le groupe remonte ensuite sur scène pour une reprise boostée de "Hoochie Coochie Man". Après "Passion Of Love" (Rage Before Beauty 1999) et un excellent "Come See Me", le groupe convie sur scène Little Bob pour un "Midnight To Six" incandescent, avant d'inviter également Henri Padovani à prendre part à la fête !
Ne laissant pas le temps au public de reprendre son souffle, les Pretty Things exécuteront successivement "Judgement Day", un "LSD" enchainé à "Old Man Going" (excusez du peu!) avant de quitter la scène une première fois...
Le rappel sera constitué de "Rosalyn", "I'm Crying" (???) et une version explosive de "Mona" en compagnie des frenchies.

C'est le coeur léger et les yeux qui brillent que l'on quitte le Trabendo après une soirée parfaite !
Merci à Dave et Cedrico pour l'organisation de cette soirée. Et un grand coup de chapeau aux Carpet Sellers, The Revellions, et aux Pretty Things pour le plaisir qu'ils nous ont procuré.

Mr.Rock

lundi 2 février 2009

Concert : The Draytones / Effervescing Paintbox (Mecanique Ondulatoire 29/01/09)

Passage à la Mécanique Ondulatoire ce jeudi 29/02 pour découvrir les frenchies de The Effervescing Paintbox et jauger sur scène les anglais de The Draytones.
A notre grande honte on découvrait par la même occasion la Mécanique Ondulatoire... Chouette bar situé à deux pas de Bastille, les concerts s'y déroulant... dans une cave voûtée.
Comme tous les concerts de ce type le son est assez assourdissant et il faut quelques temps à nos oreilles pour s'y habituer. Mais saluons toutefois l'initiative, et la programmation impeccable de la salle et à 6 euros le concert on va pas faire la fine bouche !
http://www.myspace.com/lamecanique

Tant que l'on est sur le créneau des félicitations, rappelons donc que si les Draytones jouent 3 soirs de suite en France (Paris, Bordeaux et Toulouse), ils le doivent aux Effervescing Paintbox tombés sous le charme du trio anglais et qui a donc organisé leur venue ! Chapeau bas les gars.
The Effervescing Paintbox justement ce sont 5 toulousains exilés à Paris (Alex-guitare/voix, Guy-guitare/voix, Brice-claviers, Medhi-basse et Nico-batterie) auxquels s'est adjoint un 6e membre (Igor) trompettiste. Leurs influences sont clairement sixties : Stones, Kinks, Small Faces ou les Artwoods pour leur goût immodéré de l'orgue... Que du bon quoi...
Alors selon leurs propres dires, leur concert fut "à chier" ! Bigre ! Curieusement on ne partage pas cette impression mais on salue la preuve d'humilité! Il est vrai que leur première partie de concert fut poussive ce que n'arrangeait pas le fait de se produire à six sur scène avec l'acoustique de la salle...
A contrario la deuxième partie du set où le groupe se lâche est finalement très bonne. Les morceaux font mouche tant par les harmonies vocales déjà très au point, que par les couches d'orgue et l'apport de la trompette qui apporte un cachet très original aux compositions. Le groupe se permet deux reprises magistralement exécutés de "On nous cache tout, on nous dit rien" de Dutronc (revisité à la sauce freakbeat) et de "Shout" .
http://www.myspace.com/effervescingpaintbox

Le passage sur scène des Draytones nous rappelle que lorsque l'on a chroniqué leur album (ici) on a malheureusement oublié de mentionner l'excellence de leur batteur qui porte littéralement les morceaux. Sa prestation individuelle fut tout simplement éblouissante à tel point d'ailleurs qu'il donne l'impression de jouer à un autre niveau que ces deux compères ! Le concert fut assez bon dans l'ensemble bien qu'un peu court (mais l'album ne dure que 32 mn) et ce même si on regrette que sur les morceaux les plus poppy le groupe ne lâche pas la bride car quand il le fait le groupe est intouchable ! On se retrouve donc avec les mêmes qualités et défauts que sur le disque. Quoiqu'il en soit comment résister à des pépites comme "Turn It Down", "After All" ou "Summer's Arrived"?
Et que dire de "Heart Shaped Line" et surtout "Don't Talk To Me"... c'est sur ces morceaux que l'on sent que les Draytones ont tout pour réussir : maîtrise technique, improvisations. Des titres de ce calibre on en redemande !
http://www.myspace.com/thedraytones

Les deux groupes rejouent le 18/02 cette fois ci sur la scène du Backstage avec The Beyonders et The Delgados. Sur une scène certainement plus adaptée on va certainement aller voir ça !

Mr Rock
(sous l'oeil bienveillant de Mr Pop)

Festival Spot On #2 : No And The Maybes / The Blue Van / Are We Brothers ? / Vincent Van Go Go (Maroquinerie - 27-01-09)

Le festival SPOT ON au Danemark est l'équivalent des Transmusicales de Rennes en France. Parmi la programmation 2008 de ce festival qui se tient à Aarhus, 4 sont donc conviés à se produire sur la scène de la Maroquinerie.
Mis à part The Blue Van que l'on suit depuis plus de quatre ans maintenant, force est de reconnaître que les autres groupes nous sont inconnus.
Les NO AND THE MAYBES sont les premiers à se présenter sur scène. Passé un premier morceau poussif, le trio (avec un batteur qui joue debout à la manière des Love Bandits) nous a assez emballé avec ses harmonies pop de hautes volées et un talent manifeste pour les mélodies accrocheuses, les voix des trois musiciens s'accordant à merveille (comme sur le merveilleusement rétro "Monday").
"Un croisement entre XTC et Magic Numbers" nous annonçait le flyer de la soirée. Bon, hormis un morceau on a pas trop senti l'influence d'XTC. S'il y a un parallèle à faire c'est plutôt du côté des australiens de Crowded House qu'il faudrait chercher (les claviers bavards en moins). De loin en loin, on trouve aussi quelques échos de New Order ou des Pale Fountains. NO AND THE MAYBES est clairement influencé par la pop "ligne claire" des années 80, ce qui, pour les amateurs du genre, est toujours un bonheur. Quoiqu'il en soit ce groupe qui vient de sortir en octobre 2008 un album éponyme est assurément une belle découverte. Mr Pop suit l'affaire !
Assister à un concert de THE BLUE VAN, c'est un peu comme utiliser la machine à explorer le temps. Avec nos quatre danois, le mot vintage prend tout son sens : dans le look, les références et le son déployé tout ça fleure bon le rock 60's et 70's. Venu présenter les morceaux de leur nouvel album, Man's Up, qui tarde à sortir dans nos contrées, le groupe confirme un virage seventies où s'entrechoquent glam, soul et rock puissant. Le tout a souvent un côté cartoon mais c'est ce qui est extrêmement jouissif ! Le bassiste, particulièrement déjanté, prend le public à parti, grimpe sur les amplis, crache de la bière sur scène...C'est le rock'n'roll circus, c'est drôle et...ça fait plaisir à voir ! Le groupe balance les tubes en puissance du dernier album avec un plaisir communicatif ("Man's Up", "Silly Boy" ou "Be Home Soon"). Sûr de sa force le groupe se permet également de reprendre "Baby Please Don't Go", surpassant au passage la version des Amboy Dukes. Un très bon concert en définitive.
http://www.myspace.com/thebluevan
Leur succède les ARE WE BROTHERS ?. On avait une appréhension avant ce concert. Il faut dire que présenter le groupe comme "à la croisée du early Clash, du ska 80's et du meilleur du british beat 60's" à de quoi interpeller. Et finalement ce fut un bon concert, un rock mélangeant ska et post punk, interprété avec conviction et bonne humeur, le groupe réussit à faire se trémousser une bonne partie du public ce qui est un sacré tour de force. Quelque peu allergique en temps normal au ska, le groupe arrive à nous faire passer un très bon moment c'est dire ! Porté par le single "Echo" nul doute que l'on reparlera d'eux bientôt...
On ne s'est pas éternisé au concert de VINCENT VAN GO GO, tout simplement parce que ce n'est pas vraiment notre tasse de thé : une fusion rock funk qui ne nous laissera pas un souvenir impérissable. Nous décidons donc après deux morceaux de quitter la Maroquinerie où nous avons donc passé une très bonne soirée. Des soirées découvertes comme celle-là on en redemande !
Ecrit "à quatre mains" par
Mr Pop & Mr Rock !

dimanche 1 février 2009

Festival Magic - De La Jolie Musique / The Artyfacts / Aspirin For My Children (Fleche d'Or le 20/01/09)

De La Jolie Musique :
On s'attend à tout lorsque le rideau de la Flèche d'Or s'ouvre sur le collectif De La Jolie Musique. Une dizaine de musiciens au bas mot, des choristes, une flûtiste, un décor de safari, des girafes disséminées un peu partout sur scène...On se dit que tout cela va tourner au chaos, et l'on se trompe. Les membres de DLJM refusent de choisir entre variété et pop, entre Big Bazar et We're From Barcelona, entre véritable délire et second degré : ces hésitations font, pour l'instant, tout le sel de ce collectif. Musique pop bien balancée, guitares délurées, sens du spectacle : autant d'atouts pour De La Jolie Musique.
(http://www.myspace.com/delajoliemusique)

Avis de Mr Rock : Groupe vraiment curieux et au final attachant. La palme à leur morceau "Pas de clim' dans la voiture" excellent s'achevant dans la veine du meilleur indie rock !

The Artyfacts :
C'est pas une nouveauté mais je fonde de gros espoirs sur ce groupe bordelais dans la veine power pop. Restait à me convaincre que sur scène le groupe allait réussir à gommer les quelques aspects négatifs de l'album et surtout à emballer un Mr Pop toujours aussi sceptique quand il s'agit de groupes français ! Objectifs atteints ce soir. Ce qui a surpris au premier abord c'est le son développé par le groupe sur scène aux antipodes du disque trop lisse et aux guitares tellement cristallines qu'elles apparaissent parfois rachiiques. Le son est ample donnant enfin la profondeur nécessaire pour fournir un écrin digne des mélodies proposées par le groupe. Le chant s'est encore affirmé, et mention spéciale au bassiste dont le jeu sobre et efficace n'est pas sans rappeler, dixit Mr Pop, Paul Duffy de The Coral. Dans ces conditions, et devant un parterre clairsemé, le groupe proposa un concert remarquable enchaînant les pépites ("Love In Spain", "On A Carrousel", "Into The Wild"...) et proposa même un très bon nouveau morceau ("I Fall In Love With A Russian Girl"). A noter que du coup, lâchant clairement la bride, même "Chelsea Motel" qui nous avait déçu sur l'album devient incontournable sur scène.
Si on devait leur donner un conseil pour le prochain album : enregistrez live les gars !
(http://www.myspace.com/theartyfacts)

Avis de Mr Pop :
A l'écoute de quelques morceaux de l'album, on était tenté de dire : ils sont gentils les Artyfacts, mais c'est un peu léger. La faute sans doute à une production un peu portée sur la "ligne claire". Sur scène, les Bordelais ont un son plus gras, plus sale, plus américain , et ça leur réussit. Ce n'est pas mal du tout, pour le coup.

Aspirins For My Children :
La nouvelle sensation electro-pop venu d'Angleterre s'appelle The Aspirins For My Children. Sous la houlette de Daniel Barker, jeune designer de 21 ans, TAFMC balance une pop synthétique aux accents 80's assez prononcés. Rien de bien neuf, donc. Sur scène, les membres du groupe ressemblent aux types de Bros, Barker agite un clavier d'ordinateur (keyboard hero ?), on se demande ce que c'est que ce groupe. Sans doute une farce, peut on dire quelques morceaux plus tard. Ne soyons pas trop dur, un morceau,"Pinapple", tire son épingle du jeu : ses gimmicks de synthé foutraques, au parfum de musique des Caraïbes, couplés à sa rythmique balourde, donnent l'impression curieuse d'avoir forcé sur le ti punch... Le reste est dispensable, et lorsque le groupe balance, en guise de morceau final, une reprise du thème d'"Inspecteur Gadget", on se rend bien compte que tout ça c'est de la blague.
(http://www.myspace.com/aspirins)

Avis de Mr Rock : Que dire? Ma foi un groupe technoïde qui finit par une reprise du thème de l'Inspecteur Gadget, ça suffit comme commentaire, non?

(Mr Pop & Mr Rock)

lundi 19 janvier 2009

Concert : Little Joy - Maroquinerie (13/01/09)

Mais où est donc passée la magie qui étreint l'auditeur à l'écoute du très bon premier opus de Little Joy? Telle est la question que l'on se pose depuis maintenant six jours après avoir assisté à la prestation plus que moyenne pour ne pas dire médiocre du groupe de Fabrizio Moretti...
Le set commence par "Evaporar" comptine bossa en portugais qui terminait l'album chanté par un Rodrigo Amarante, seul, assis sur un tabouret... On se dit que le set va démarrer ensuite avec l'arrivée des autres musiciens, Fabrizio et sa girlfriend Binki Shapiro en tête. Le groupe s'est adjoint un bassiste (sosie de Frank Zappa) et un batteur (habillé en survêtement...). Revenons un moment d'ailleurs sur le choix du batteur : comment transcrire l'ambiance éthérée de l'album en choisissant un batteur monolithique prenant un plaisir à marteler ses fûts? Il en résulte le massacre en rêgle de nombre de morceaux, "Next Time Around" notamment méconnaissable alors qu'il s'agit d'un des tubes de l'album. D'ailleurs, le groupe fait monter sur plus de la moitié du concert le groupe de première partie, les Dead Trees de Portland, et on atteint jusqu'à dix personnes sur scène dont quatre guitaristes ! Pas étonnant dès lors que le rendu soit aussi médiocre... Il est surprenant vu le vécu d'Amarante et Moretti qu'un tel je-m'en-foutisme soit possible...
Pourtant il y eu des moments malgré tout très bons comme sur ce "Unattaible" joué comme sur l'album de façon minimaliste avec la seule Shapiro au chant. De même "Brand New Start" a étonnament bien supporté le passage à une version plus rock induite par ce qui est dit plus haut, tout comme "Keep In Mind" seule envolée rock du disque.
Signe que c'était pas le bon soir, le groupe jouera 40 minutes introduisant une reprise d'Helen Shapiro et un nouveau morceau tous deux dispensables.
Le groupe reviendra pour un seul morceau, une reprise de McCartney nous semble-t-il mais dont on ne retrouve pas le titre (une idée amis lecteurs?).
On est là depuis moins d'une heure et c'est déjà l'heure de rentrer...
Pour le premier concert de l'année ce ne fut pas une réussite. Mr Pop qui, la faute à un concert vite complet, n'a pu prendre sa place peut se rassurer : il n'a rien manqué !

Mr.Rock

PS : pour ajouter à cette soirée à oublier, un mauvais point à la Maroq' qui mettra plus de vingt minutes à changer les fûts de bières empêchant les personnes présentes de prendre une pinte entre les deux concerts !

samedi 20 décembre 2008

Concert : S.C.U.M / The Bishops / Young Knives - La Flèche d'Or (17/12/2008)

Paris, la Flèche d'Or, 17 décembre 2008 : soirée "Rock is dead", avec S.C.U.M, The Bishops et Young Knives.

Les Londoniens de S.C.U.M sont la dernière petite sensation gothique/punk. Ils sont cinq, quatre garçons et une fille. Ils sont jeunes : dix sept, dix huit ans. The Horrors les adore. Ils tirent leur nom de la Society For Cutting Up Men, le groupuscule castrateur emmené, dans les 70's, par Valerie Solanas.
C'est au son de Klaus Nomi que, sur scène, s'ouvre le rideau rouge. Le spectacle peut commencer. Le groupe se profile en contre-jour, sur fond de stroboscope. Le leader, Thomas Vain, en chemise blanche et bretelles, pantalon noir, les yeux faits, fait penser à Prince...Mais on est loin du funk. S.C.U.M propose plutôt un cocktail cold-wave/indus/gothique. La voix de Vain est systématiquement déformée, en un écho surpuissant, tandis que le bassiste, Huw Webb, s'inspire de Joy Division. Le temps d'une demi douzaine de morceaux, S.C.U.M fonctionne. Les morceaux, bien que dépouvus de mélodie clairement identifiables, finissent par gagner l'auditeur. Ce rock de train fantôme a un petit potentiel hypnotique. Par dessus tout, c'est Thomas Vain qui emporte le morceau. Tout au long du concert, il assure un spectacle impeccable : il grimpe sur un pilier, se contorsionne, ondule, se roule sur la scène, se bande les yeux avec un foulard noir. Le visuel est parfait. S.C.U.M a indéniablement quelque chose (un réel sens du spectacle et de l'image) et pourra facilement convaincre les amateurs de rock sombre.

Mr. Pop

(http://www.myspace.com/scum1968)

Après ce surprenant concert de S.C.U.M., on attendait beaucoup de la prestation des Bishops. Après un premier album excellent sorti en 2007, et truffé de pépites powerpop, et des concerts souvent enthousiasmants, l'attente était devenue longue ! L'impression qui s'est dégagée de ce concert est pourtant mitigée. Leur prestation fut l'occasion pour le groupe de dévoiler une bonne partie des morceaux qui composeront leur deuxième album (qui doit sortir au premier trimestre 2009).
Ces morceaux sont assez bons mais moins percutants que les hymnes épiques du premier album, d'où la sensation partagée qui nous a étreint lors du concert. La ligne de fracture avec le premier album étant par la même assez évidente. Ces nouveaux morceaux plus calmes, plus pop qu'à l'accoutumée dévoile la direction que semble prendre le groupe. A voir sur disque donc.
Sinon c'est toujours un régal de voir les jumeaux Mike et Pete, quelque peu allumés, s'exciter sur leurs instruments, arborant un large sourire à la moindre occasion !
C'est pourquoi même si on a été quelque peu désarçonné par ce concert au début, l'enthousiasme qu'apporte le groupe fait toujours souffler un vent de fraicheur bienvenu.

Mr Rock

(http://www.myspace.com/thebishopsuk)

Les frères Dartnell, alias Young Knives, ont bien du mal a enthousiasmer le public de la Flèche d'Or. Leur indie-pop aux mélodies obliques passe mal. Guitares aigrelettes, voix haut perchée, rythmique saccadée : Young Knives s'inscrit pleinement dans une certaine tendance de la pop britannique. Les deux frangins s'échangent des blagues, le public ne rit pas, on a l'impression que le soufflé n'arrive pas à monter. L'impression est mitigée : le concert des Young Knives n'est pas mauvais, leur pop ne manque pas d'arguments, mais...bof. A revoir, peut être.

Mr. Pop

(http://www.myspace.com/theyoungknives)

mercredi 3 décembre 2008

Concert : The Rascals - Music Is Not Fun (La Maroquinerie - 01/12/08)

Venus de Lyon, les Music Is Not Fun propose un rock bien ficelé, efficace et pour tout dire assez jouissif. Leurs influences semblent aller des mods anglais sixties (Kinks, Who, Action...) aux Libertines avec une bonne louche de Supergrass.
On avait eu des échos favorables de ce groupe lors de leurs nombreuses prestations scéniques grâce à un bouche à oreille et une stratégie communication via internet assez efficaces.
A l'évidence, les gars prennent plaisir à être sur scène, se font plaisir et font plaisir à leur public. On a que trop rarement l'occasion de s'enthousiasmer pour un groupe de première partie alors quand en plus le groupe est français (et lyonnais de surcroît ce qui fait que l'on ne se fera pas pour l'occasion taxer de parisianisme) profitons-en !
Après la sortie du Second Sex qui vient mettre un point d'orgue à la scène rock parisienne parrainée par R&F, on attends beaucoup des groupes de province. Et cela semble bien parti au vu des échos favorables qui nous sont parvenus de nombre d'entre eux (dont les bordelais de The Artyfact - on se procure l'album et on en reparle très bientôt!). Et bien on rajoutera les MINF à cette liste tant leur prestation fut remarquable (à ce propos amis lyonnais que deviennent les Purple Lords?).
De plus le groupe n'en oublie pas l'humour comme cet excellent moment qu'a été "HP" où le batteur a pris le micro pour pousser la chansonnette!
Leur album sort en mars 2009 et on fonde de réels espoirs sur ce groupe.
(http://www.myspace.com/musicisnotfun)

On a eu l'occasion de vous dire tout le bien que l'on pense des Rascals (ici). Dès lors, on aurait raté ce concert pour rien au monde tant l'album Rascalize de la bande à Miles Kane a tout pour décrocher la timbale de l'album rock de l'année.
D'entrée de jeu le groupe balance "Out Of Dreams", "Freakbeat Phantom" et "Suspicious Wit" soient les 3 morceaux titres de leurs 3 EP's ayant précédés la sortie de l'album, comme si le groupe voulait se débarrasser de ces tubes en puissance ! Mais l'album comprend tellement de pépites que cela est loin de constituer un handicap pour la suite de ce concert qui s'est révélé exceptionnel.
On avait vanté les mérites de la formule du power-trio sur le disque conférant une réelle assise au groupe, et bien c'est simple en concert cette formule dynamise les morceaux, les transcende même. A tel point que certains morceaux apparaissent encore meilleur qu'en studio !
Les trois musiciens sont irréprochables, on est d'ailleurs épaté par le mélange de technicité et de sérénité qui se dégage de ce groupe et de Miles Kane tout particulièrement.
Les morceaux s'enchaînent, achevant un public enthousiaste qui s'était déplacé massivement ; qu'ils soient issus de leur album ("Bond Girl", "Fear Invicted Into The Perfect Stranger", "I'd Be Lying To You", "How Do End This?", I'll Give You Sympathy...) ou des EP's ("Is It Too Late"...).
Et cerise sur le gâteau le groupe nous offre deux nouveaux morceaux : "Chills & Fever" et "Diamond Trip" qui montrent, si besoin était, que le groupe est loin d'avoir tout dit et présagent d'un avenir radieux.
(http://www.myspace.com/rascalmusic)

On quitte la Maroquinerie dans le froid parisien, le sourire jusqu'aux oreilles, heureux d'avoir vécu ce grand moment.

(Mr Rock)

lundi 1 décembre 2008

Concert : Giant Sand (le Point Ephémère - 27/11/2008)

Dès que l'on pénètre dans la salle de concert du Point Ephémère, on est frappé par l'auditoire : beaucoup de trentenaires mâles, légèrement moroses... Visiblement, on n'est pas là pour écouter des groupes qui font danser les filles... Dommage ! Mais rien d'étonnant à cela. Giant Sand n'est pas le "groupe" le plus glamour du monde. Fondé circa 1983 par Howe Gelb, le collectif de Tucson a livré près d'une vingtaine de disques assez confidentiels. Ce groupe pivot du rock indépendant américain est pourtant cité en exemple par PJ Harvey, Steve Wynn ou Isobel Campbell. De l'underground chic, donc, un peu excentrique. Giant Sand livre aujourd'hui un nouvel album, ProVISIONS, et assure une tournée.
On a à peine le temps de tremper les lèvres dans une bière que, déjà, Howe Gelb, monte sur scène. Le bonhomme annonce : "these guys come from Denmark. Denmark, Arizona", et laisse la place à The DeSoto Caucus. Les deux Danois (qui se font connaître par leurs seules initiales, AP et TT) nous donnent quatre morceaux de folk-rock bien imprégnés par Neil Young, Lambchop et...Giant Sand. Les deux cowboys scandinaves savent y faire, et délivrent une musique agréable, à défaut d'être nouvelle. Fin de la première partie. Sur la scène, une jeune femme brune grimpe alors sur une chaise, empoigne une guitare, et se lance dans une jolie chanson folk. La belle se nomme Lucie Idlout, parle français, et déclare venir du Nunavut. A ce moment là, on se dit que Howe Gelb a mis au point une sorte de mini-festival assez exotique. Lucie Idlout enchaîne trois autres morceaux, chantés d'une voix puissante, avec une petite pointe d'émotion. Les compositions ne sont pas bouleversantes, certes, mais le moment est agréable. Fin de la deuxième première partie. C'est au tour de Lonna Kelley. Après la brune, la blonde. La jeune femme est accompagnée des deux Danois, et propose un folk onirique, envoûtant le temps du premier morceau, un peu chichiteux pour les deux titres suivants. Fin de la troisième première partie...
Et début des choses, euh, sérieuses ? Pas sûr. Howe Gelb déboule sur scène habillé en sombre costume trois pièces, s'installe à l'orgue et commence à jouer ... "A Whiter Shade Of Pale". Il est accompagné des deux membres de The Desoto Caucus, enrichis par un batteur. Les quatre premiers morceaux laissent circonspects. Howe Gelb semble prendre un malin plaisir à saboter les morceaux par les dissonances qu'il tire de sa guitare. A coup d'effets étranges, et d'accords curieux, le bonhomme désarçonne le public. Mais après cette introduction un peu chaotique, Gelb se calme un peu. Les dérives soniques s'apaisent. Les morceaux, moins violentés, respirent plus librement. Chaque chanson semble prendre un malin plaisir à égarer l'auditeur : un morceau à l'intro country peut fort bien se terminer à coup de riffs dignes de Sonic Youth. Avec astuce, Gelb insère quelques airs connus dans ses chansons (on croit déceler, à un moment donné, une réminiscence de "la Bamba"), pour mieux plonger après dans de mini-maelstroms sonores. C'est avec la classe et la nonchalance d'un gentleman sudiste que Gelb emballe le concert - le leader de Giant Sand, avec sa barbichette et sa moustache, ressemble au personnage joué par Tom Hanks dans Ladykillers. La sortie de la salle de concert plonge dans la stupeur : pas facile de passer sans transition du soleil de Tucson, Arizona, au crachin de l'autome parisien...

Mr.Pop


samedi 15 novembre 2008

Concert : A Place To Bury Strangers (Nouveau Casino 12/11/08)

"Le groupe le plus bruyant de New York"... Voilà comment on vend ce power trio new yorkais.
Il faut dire que leur album influencé tout à la fois par Joy Division et My Bloody Valentine reléguerait Loveless au rayon pop music...
Et quand on sait que la scène new yorkaise abrite également quelques groupes fous furieux, on se dit qu'assister à ce concert comporte une bonne dose de risques... pour nos oreilles !
D'ailleurs pour la première fois de ma vie je fus contraint pour continuer d'apprécier le concert de mettre des boules quies dès le 4e morceau! C'est à ce prix qu'on a pu apprécier pleinement les mélodies et les rythmes cold wave du groupe tant leur prestation fut du domaine de l'agression sonore, du viol même...
La salle bondée se clairsemera au fil des morceaux, certains préférant s'exiler dans l'arrière salle. On voit même ça et là des personnes se tenir les oreilles et d'autres porter instinctivement la main à leur poitrine quand la batterie se met à rugir...
Il faut dire que les gaillards ne sont pas venus pour plaisanter et ce dans tous les sens du terme : pas une salutation, pas un mot durant le concert, à peine un regard pour le public, tout juste un "merci Paris" en toute fin de concert prononcé par le batteur.
Pendant 45 mn puis 5 mn de rappel, l'essentiel des titres de leur premier album (chroniqué ici) seront joués sur cette scène du Nouveau Casino bien rempli malgré la concurrence du festival des Inrocks...
Un bon point à la balance bien équilibrée qui permet de rendre audible les parties de chant qui ne sont pas trop noyées sous les couches de guitare ou de basse.
On assiste finalement à un concert assez éprouvant mais également exceptionnel, les morceaux sont transcendés par leur passage à l'épreuve du live, toujours aussi saturés que sur disque mais plus malsaines et violentes. Cette impression est renforcé par la diffusion sur écran géant de diverses images et d'un jeu de lumière assez agressif (notamment sur la deuxième partie du concert avec un usage abusif de spots clignotants blancs...). Le type de concert à déclencher des crises d'épilepsie !
Quoiqu'il en soit on conseillera fortement d'aller voir ce groupe en concert, surtout les fans de My Bloody Valentine qui ne seront pas déçus.

PS : sur le stand on a constaté que leur album a été réédité en LP et CD avec 5 morceaux en plus. Apparemment, deux inédits et les 3 faces B de leurs 45T. D'ailleurs ces trois 45T étaient également disponibles dans une version collector sous emballage carton.

(Mr Rock)

mardi 11 novembre 2008

Concert : Hushpuppies (Maroquinerie 07/11/08)

Les Hushpuppies, tout simplement le meilleur groupe de rock de l'hexagone, responsable de deux albums impeccables : The Trap (2005) et Silence Is Golden (2007). Tout autant inspiré par le rock sixties anglo-saxon que par des sonorités plus actuelles (Electrelane, Death In Vegas...), les Hushpuppies ont réussi le tour de force de s'approprier ces influences et d'avoir un son bien à eux, immédiatement reconnaissable.
Deux dates à la Maroquinerie pour terminer la tournée, deux dates qui afficheront complets...
Le public s'est en effet déplacé en masse, un public hétéroclite, de tout âge.
La performance de nos cinq gars (tous en costards, la palme pour le chanteur tout de blanc vêtu) fut assez exceptionnelle : 1h45 non stop d'un set quasi parfait et qui confirme l'impression que l'on avait eu à l'écoute de Silence Is Golden : le groupe a force de tourner s'est doté d'une assise rythmique solide, jamais prise en défaut, le chanteur, Olivier Jourdan, à la voix tour à tour enjôleuse ou puissante, s'est affirmé et apparaît plus maîtrisé qu'aux débuts. On assiste donc à la prestation d'un groupe sûr de sa force et de son talent.
La preuve sur "Marthelot 'n' Clavencine" où un ennui technique prive le groupe de guitare : là où d'autres groupes auraient cédé à la panique, les Huspuppies en profitent pour étirer le morceau par quelques lignes de basse et des nappes de moog, le temps pour le roadie et Cyrille Sudraud le guitariste d'arranger les choses...
Cette assurance, ne se transforme jamais en arrogance (certains devraient en prendre de la graine) : les Hushpuppies prennent du plaisir à être sur scène, se donne à fond pour leur public et n'hésite pas à manier l'humour voire l'auto dérision comme lorsque le bassiste Guillaume Le Guen s'adresse au public en lui demandant au sujet de Olivier Jourdan, "de ne pas fâcher la diva"! Olivier Jourdan, qui prend plaisir à jouer avec le public : "On est où là? à Paris? Il paraît qu'on est chez nous.... ça tombe bien on va vous emmenez ailleurs...", avant de lancer "A Trip To Vienna"...
En 1h45 on a eu droit à la quasi intégralité des deux albums et le mélange entre rocks puissants ("1975" ; "You're Gonna Say Yeah ; "Moloko Sound Club" ; "Pale Blue Eyes" ; "Bad Taste And Gold On The Doors" - et son refrain "I Want My Kate Moss - ") et passages plus apaisés et atmosphériques ("Comptine" ; "A Trip To Vienna" ; "Bassautobahn") fait merveille et touche sa cible à chaque fois.
Le groupe se prête même au jeu de la reprise avec une relecture survitaminée de "I'm Not Like Everybody Else" des Kinks sur lequel le groupe libère la rage simplement retenue dans l'original, donnant un souffle bienvenu à ce classique.
Le concert s'achève sur une version explosive de "Packt Up Like Sardines In A Crushing Box", Olivier Jourdan finissant porté par le public.
La grande classe !

(Mr Rock)

(http://www.myspace.com/hushpuppies)

mardi 23 septembre 2008

Concert : Lords Of Altamont / TV Buddhas (Maroquinerie 16-09-08)

Après des vacances bien méritées, mais pauvre en musique, le choix du concert de la rentrée s'est porté sur les Lords Of Altamont, naturellement dira-t-on.
En première partie, TV Buddhas duo israélien assez détonnant. Une demoiselle à la batterie qui frappe comme une sourdingue et un gars barbu portant une chemise façon hippie sur le retour à la guitare. Une formule minimaliste qui rappelle forcément... les White Stripes...
Musicalement, les White Stripes sonnent "léger" dirons-nous au vu de la puissance sonore dégagé par le duo... à telle point d'ailleurs que l'on distingue à peine les paroles éructées par ce barbu possédé... Pour faire un raccourci facile et même temps plein d'à-propos au vu de l'actualité, on a l'impression que My Bloody Valentine avait choisi de reprendre non pas Pornography de Cure mais le 1er White Stripes...
A la limite de l'agression sonore, le groupe a un côté vaguement psychédélique qui retient l'attention et fait passer un bon moment aux personnes présentes ce soir là. A noter que le duo joue au milieu de la salle, parmi le public!
Après ce déluge, débarquent nos fameux Lords Of Altamont, tatoués de la tête aux pieds, lunettes de soleil, habillés façon Marlon Brando dans l'Equipée Sauvage (un classique, au vu du concert des Black Lips en avril...).
Bon disons le, on a assisté au bon vieux fantasme rock and roll avec toute la dramaturgie et la mise en scène qui va avec : ces gars là perpétuent le rock des origines rendant tout autant hommage aux fifties (Eddie Cochran, Elvis, Vince Taylor...) qu'au garage-rock.
Il faut voir ce chanteur, certainement persuadé d'être un messie du rock (d'ailleurs il se fait appeler The Preacher...) déambuler sur scène, martyriser son orgue qui n'en demandait pas tant tout en déclamant avec conviction les titres de leurs trois opus...
Les deux autres grands acteurs de ce show sont le batteur "Sicko" personnage assez déglingué, descendant bière sur bière et le guitariste, incisif, "Sonic Medina"...
Le concert fut intense, jouissif mais malheureusement un peu court et s'acheva dans un joyeux bordel, The Preacher debout sur son orgue dans la fosse en train d'éructer des "psycho!" repris en choeur par le public pendant que "Sicko" détruit un à un les éléments de sa batterie...

Chaud...

(Mr Rock)

(http://www.myspace.com/lordsofaltamont)
(http://www.myspace.com/tvbuddhas)

samedi 12 juillet 2008

Concert : Thugs - Daria - Tang (Maroquinerie 12/06/08)

Désolé pour Tang, mais on a préféré boire une bonne bière bien fraîche en attendant Mr Indie plutôt que de subir les agressions sonores de ce combo hardcore lillois. Rien à voir donc avec la boisson qui a marqué notre enfance. Ou plutôt si : c'est nos oreilles qui finissent en poudre...

On se place donc pour Daria jeune groupe français pratiquant un punk-hardcore mélodique dans la lignée de Faith No More ou Bad Religion. Vraiment pas mal, manquent juste quelques morceaux tranchants pour décrocher la timbale. Heureuse découverte en tout cas.

L'attente avant l'arrivée des Thugs est quand même assez insoutenable. J'ai eu la chance d'assister à un de leur dernier concert - le 15 novembre 1999 pour être précis - dans le cadre de leur tournée d'adieu, à l'aéronef de Lille... Un de mes meilleurs souvenirs de concerts, 2h30 de furia rock'n'rollienne ponctuées de 3 rappels... le tout devant 50 personnes.. Tout ça ne nous rajeunit pas. Quant à Mr Indie, il m'avouait qu'il s'agissait pour lui de rattraper le temps perdu, n'ayant pas eu la chance d'assister à une de leurs prestations scéniques.

2008 : changement de décor, salle déjà comble, public bigarré composé à la fois de fans de 30-40 ans et de plus jeunes certainement convertis à nos Angevins préférés par leurs grands frères! Autre constat : Les Thugs attirent aussi bien un public rock « classique » que fans de punk ou de noisy!

A leur montée sur scène on sent un frisson nous parcourir l'échine... et un peu d'anxiété quand même, ne sachant pas si les automatismes reviendraient aisément, le groupe ayant très peu répété pour l'occasion... Un sourire jusqu'aux oreilles, on comprend dès les premières notes qu'on va assister à un grand moment... Car si les membres ont pris quelques années (tempes grisonnantes et calvitie galopante...) musicalement rien n'a changé : les Thugs donnent l'impression de n'avoir jamais cessé de jouer ensemble. La part belle est donné aux morceaux les plus radicaux de leur répertoire, pas de « I Was Dreaming » ou « The River ». Le groupe a choisi d'envoyer la sauce ! On retrouve le groupe tel qu'on l'a laissé, toujours la même voix de Sourice surfant sur des vagues de guitare et bercée par une rythmique de plomb... et ne rechignant pas à nous gratifier de longues plages plus atmosphériques, passant en revue leurs quinze années de productions discographiques (« road closed », « dirty white race », « I need you », « papapapa »...). On notera en rappel une reprise des Dead Kennedys.
1h30 de pur bonheur, 2 rappels, une joie évidente d'être là , une communion parfaite avec le public...

A la pensée que le groupe va s'envoler pour Seattle pour fêter l'anniversaire de Sub Pop avant de tirer à nouveau sa révérence a quelque chose de désolant... une sensation de gâchis... on en a la larme à l'oeil...

A noter que le groupe s'est produit sur la même scène pour une seconde date le 14/06, et le concert fut, paraît-il, encore meilleur!

(Mr Rock)

lundi 7 juillet 2008

Concert : Lightspeed Champion - These New Puritans - Glasvegas - Koko Von Napoo (Maroquinerie - 15/05/08)

Arrivé sur le tard à la Maroquinerie, le temps de prendre une bière et la prestation de Koko Von Napoo s'achevait. Neanmoins à l'écoute des deux derniers morceaux les quatre frenchies (dont trois filles, "Girls power" comme dirait Mr Indie) proposent un électro rock assez frais, sympathique.
(http://www.myspace.com/kokovonnapoo)
2e groupe à l'affiche, les Glasvegas, protégés d'Alan McGee, remettent la noisy de My Bloody Valentine au goût du jour. Mélodies fifties sur un énorme mur sonore, l'ensemble les rapproche des Raveonettes en plus brutal, plus radical. Ce fut un excellent moment, les compos tiennent la route et les Glasvegas ont de l'énergie à revendre. A noter le chanteur ressemblant beaucoup à Joe Strummer... bon signe !
(http://www.myspace.com/glasvegas)
Puis vint le tour des These New Puritans... bon on tient 2 morceaux avant de squatter le bar... Ce groupe fait partie de ce courant New Rave qui nous casse les pieds (pour rester poli) depuis maintenant de trop longs mois. Quoique quitte à faire des acronymes sur un style autant dire qu'ils font de la Cold Rave en référence à Joy Division auquel ils repiquent ambiances, sons et poses mais le tout tourné vers le dancefloor. Rien dans ce que l'on a pu entendre ne permet de comprendre un tel engouement pour ce groupe.
On a d'ailleurs appris le lendemain que Lenoir s'était excusé auprès des auditeurs de les avoir invités à sa traditionnelle Black Session. On le comprend.
(http://www.myspace.com/thesenewpuritans)
Lightspeed Champion débarque ensuite sur scène, une femme à la batterie, un bassiste, un violoniste et Dev Hynes à la guitare qui portait un chapeau d'esquimau par plus de 40° bel effort! La prestation du groupe fut assez enthousiasmante tant on sent les protagonistes concernés par leur sujet et heureux d'être là. L'énergie et la bonne humeur communicative viennent ça et là atténuer quelques petites déceptions. En effet, si la transposition en live des morceaux de l'album fut excellente, la bande nous proposa de nouveaux morceaux comme « Molina » et « Happy Birthday » qui méritent d'être un peu retravaillés tantils déparent aux côtés des fleurons de l'album.
De même entendre en guise d'intro de « Midnight Surprise » une reprise au violon puis à grand renfort de larsens du thème de Star Wars surprend... Mais le concert malgré ses travers donne paradoxalement un visage très humain aux Lightspeed Champion, renforcé par la grande décontraction de Dev Hynes et de ses acolytes. A noter que sur un des nouveaux morceaux, les deux filles de Koko Von Napoo sont invitées à chanter sur le refrain traduit pour l'occasion en français... sympa!
Donc un bon petit concert, très humain, chaleureux, les Lightspeed Champion nous ont apporté l'été avant l'heure!
(http://www.myspace.com/lightspeedchampion)
(Mr Rock)

Concert : Black Mountain - Jesse Sykes & The Sweet Heartbreakers - Marissa Nadler - Phosphorescent (Maroquinerie - 20/05/08)

Arrivé à 21h on assiste à la fin de la prestation de Marissa Nadler, folk acoustique, voix haut perchée. Trop peu de morceaux pour juger.
(http://www.myspace.com/songsoftheend)
Puis c'est la montée sur scène pour Jesse Sykes & The Sweet Hereafter, et là c'est la claque... Malgré les échos positifs recueillis ça et là on n'avait pu se pencher sur le cas de la folkeuse.. A tort, reconnaissons le... Synthèse brillante du folk de Dylan, de l'americana de Neil Young mais aussi des Stones période Sticky Fingers/Exile on Main Street, Jesse Sykes et son groupe surprennent par la profondeur des compositions, l'entrain dégagé et la qualité des musiciens et notamment un guitariste tout feu tout flamme, dont le jeu fait irrémédiablement penser à Mick Taylor (vous savez, le meilleur guitariste que les Stones aient jamais eu!).
Ce fut un live plein d'émotions comme en apporte souvent le folk mais empreint d'une énergie rock dévastatrice. Ce fut bon, ce fut chaud... que demandez de plus? Rien... si ce n'est avoir l'occasion de revoir le groupe en tête d'affiche.
(http://www.myspace.com/jessesykes)
Après un tel concert on se dit que la tâche va être rude pour Black Mountain et son prog-psych-rock (sic) qui doit autant à Black Sabbath (les riffs bien lourds), Deep Purple (l'orgue !!!) qu'à Jefferson Airplane et Grateful Dead.
Que nenni, le groupe (composé d'une chanteuse, un guitariste chanteur, un bassiste, un batteur et donc un organiste) démarre pied au plancher et pendant près d'une heure un quart nous en mettra plein les mirettes, ravageant dans le même temps nos esgourdes qui n'en demandaient pas temps.
Le plus surprenant c'est que Black Mountain arrive à donner ses lettres de noblesse à un genre décrié, le progressif en sachant en utiliser les oripeaux sans jamais recourir aux poncifs habituels (genre Yes...), le tout passé à la moulinette rock! La classe! Le concert sera aussi éblouissant que l'est le groupe sur disque, même si le live se prête encore plus à ce genre de musique. Le concert s'achèvera dans une jam lancinante, psychédélique à souhait,de plus de 10 mn, parsemée de larsens et d'accords subtils à l'orgue, rythmée par une basse vrombissante, avant que la batterie, par un rythme martial, ne soit le déclencheur d'un maëlstrom sonore finissant d'achever un public conquis, heureux d'être là.
(http://www.myspace.com/blackmountain)
Des soirées comme celle là on en redemande!
(Mr Rock)

Concert : The Mabuses - Antoine Loyer - The Sleeping Years (Café de la Danse - 21/05/08)

Comment faire pour emmener avec soi sa copine à un concert quand elle ne partage pas les mêmes goûts pour la "musique du diable"? Tout d'abord l'amener à s'inscrire sur tous les sites spécialisés où on peut gagner des places (comme il n'y a que des filles qui gagnent vos chances ont multipliées), lorsque son nom est tiré au sort l'amener sur le site myspace du groupe en question et ne lui faire écouter que les morceaux abordables, faire preuve de persuasion et lui dire combien vous êtes heureux d'être avec quelqu'un qui a autant de chance (la flatterie ça marche toujours). Si vous vous débrouillez bien c'est dans la poche!
Fier de son coup, direction donc le Café de la Danse pour le retour sur scène (et sur disque) des Mabuses après 15 ans d'absence.
Décidant d'éviter Antoine Loyer et de privilégier The Sleeping Years en première partie, on se pointe vers 20h... Las... contrairement à ce qui était indiqué les deux sont inversés... Résultat : seuls 4 morceaux de The Sleeping Years à se mettre sous la dent. Dommage car Dale Grundle (ex-Catchers) est assez doué malgré l'approche minimaliste, puisqu'il se présente seul à la guitare acoustique accompagné d'une charmante demoiselle, Michelle So, au violoncelle.
The Sleeping Years propose de très jolies mélodies graciles, un véritable ravissement pour les oreilles. A noter que leur premier opus vient de sortir, chez Talitres label bordelais...
Pour les anti-James Blunt, à écouter d'urgence! (http://www.myspace.com/thesleepingyears)
Puis vient Antoine Loyer... de la chanson française avec le sieur Loyer à la guitare acoustique accompagné d'un musicien jouant sur des djambés des sonorités indiennes... Paroles incompréhensibles ("donner un couteau à un homme vous en ferez un singe, la boule est pleine de larmes"), jeu approximatif... qu'en dire? On a l'impression d'avoir assisté au mieux à l'équivalent musical d'un film de Paul Préboist ou au pire à s'imaginer être le gars dans SAW obligé de se scier une jambe pour espérer s'échapper... et que dire du dernier morceau où les deux compères se lancent dans de l'impro (du moins on espère) où on a l'impression que les paroles sont inventées au fur et à mesure. Bon on va dire que l'on est méchant... allez faire un tour sur myspace... et jugez par vous mêmes... (http://www.myspace.com/antoineloyer)
Après cet authentique supplice pour tous les amateurs de pop et de rock, on se dit que The Mabuses n'aura aucun mal à nous faire oublier ce désastre. Malheureusement malgré le plaisir évident du groupe à jouer, ces derniers n'ont pas été véritablement aidés : batterie et basse dominant les autres instruments rendant inaudibles le violon et le piano et même les guitares !... et que dire des voix en retrait à tel point qu'à moins d'être dans les tous premiers rangs on ne saisissait pas le moindre mot... Après 5 morceaux on commença à pouvoir distinguer les instruments et seul le dernier tiers du concert nous permit d'entendre plus distinctement la voix de Kim Fahi. Enfin quel dommage pour un groupe aux mélodies complexes, qui se présente à 7 sur scène d'être ainsi massacré... De plus par instants des retours de larsens viennent nous vriller les oreilles... Navrant. Et quand en plus en plein milieu du concert, on nous projette 5 minutes de la finale de la Ligue des Champions, il y a de quoi halluciner...
En conclusion, un concert où on est heureux d'être invité !
(http://www.myspace.com/themabuses - site de fans du 1er album)
(http://www.themabuses.com - vous pourrez y écouter en streaming l'intégralité du dernier album)
(Mr Rock)

dimanche 6 juillet 2008

Concert : The Black Lips - Maroquinerie

Venus d'Atlanta, les Black Lips sont considérés outre-atlantique comme le meilleur groupe de scène actuellement en activité et est en passe de devenir culte. Même la presse française commence à s'emballer et la venue du groupe est à ce titre attendu comme LA sensation live du moment.
En première partie, nous avons droit à deux groupes français :
Tout d'abord venus de Bordeaux les Weakends proposant un garage rock sixties de bonne facture, vraiment emballant, à suivre donc... A noter que le groupe a sorti un 45T, ce qui fatalement impose le respect.
(http://www.myspace.com/theweakends)
Puis Cheveu groupe apocalyptique à mi-chemin entre Kraftwerk et Residents, présentant un guitariste balançant des riffs noisy agressifs pendant qu'un comparse aux claviers égrennent des sonorités synthétiques et que le chanteur (!) pourvu d'un appareil pour déformer la voix s'époumonne en hurlant littéralement.. extrême.. bon pas ma came...
(http://www.myspace.com/cheveu)
Juste avant l'entrée sur scène des Black Lips, un début de rixe éclate dans la fosse, la tension monte... un roadie qui passera d'ailleurs sa soirée à ça s'empresse d'immortaliser la scène, hilare. Les Black Lips montent enfin sur scène... On note deux gars avec des casquettes façon Marlon Brando dans l'Equipée sauvage...
La salle est blindée, le public est composé tout à la fois de trentenaires et de jeunes que l'on a plutôt l'habitude de voir aux soirées R&R Friday de R&F.
Ce fut disons le d'emblée un concert mémorable, et un énorme moment de sauvagerie comme seul peut en produire le rock and roll! Sauvage tout autant sur scène que dans le public. Un guitariste qui balance des glaviots en l'air et tente de les éviter, un chanteur qui décapsule les canettes avec ses dents, leur look et le répertoire, tout ça fait que les Black Lips SONT le Rock & Roll avec toute la dramaturgie et les clichés qui vont avec.
La bière vole sur scène comme dans le public...
Le public pogotte et slam tout le concert et ce dès les premiers accords : le premier morceau sera rejoué suite à la chute d'un micro heurté par un fan monté sur scène... Le service d'ordre aura été assez limite et aura eu énormément de mal à contenir une foule venu pour s'amuser, en cela attiser par le jeu des musiciens entourés d'une aura sulfureuse (pour rappel leur album précédent était un live enregistré à Tijuana dans une maison close...).
On voit donc un ballet incessant de jeunes montant sur scène pour se jeter dans le public ou une nana venant embrasser à tour de rôle tous les musiciens... poursuivis par deux gorilles de la sécurité qui n'ont à l'évidence pas compris que ce joyeux bordel est justement le but recherché par les Black Lips... Le guitariste allant même jusqu'à simuler une sodomie sur la personne du videur...
Musicalement c'est comme sur disque : approximatif, barré et sauvage! mais la joie de jouer emporte tout! La palme aux morceaux "Katrina", "Bad Kids", "Dirty Hands", "Cold Hands", qui remportent (encore plus) l'adhésion.
On a donc le sentiment d'avoir vécu un moment d'une rare intensité, tout en rage rock and roll et cela fut un réel plaisir à voir et à entendre... Pas de rappel, après près d'une heure de pur bonheur, non que cela soit forcément la volonté du groupe mais un fan aux derniers accords du dernier morceau a choisi de se jeter dans le kit de batterie... suivi par une nuée de fans montant sur scène...
Un concert dont on sort exsangue mais heureux...
Le genre de moment où on se dira plus tard : j'y étais...
(Mr Rock)

http://www.myspace.com/theblacklips

samedi 5 juillet 2008

Concert : Cat Power (Bataclan - 21/01/08)

« That old black magic? »
J'avais conservé des années 90 le souvenir ému de Chan Marshall, alias Catpower, chanteuse indiefolk emblématique pour une petite partie de la génération X ... et pour le bien plus jeune pote qui me proposai d'aller la voir au Bataclan ce 21 janvier 2008. Aussi est-ce avec un a-priori plutôt positif que je m apprêtai à retrouver la charmante Chan, espérant ainsi renouer avec sa voix au timbre si particulier, associée à des mélodies très personnelles, toutes empreintes d'une grande sensibilité, composées à l'époque sur le fil du rasoir . Catpower s'était rappelée à mon bon souvenir avec l'album « The Greatest », gorgé d une soul music agréable, laissant entendre que miss Marshall avait recouvré une certaine sérénité, composant là des morceaux beaucoup moins tourmentés et plus lumineux que ceux de ses débuts. Je fus d'abord surpris de constater que la salle était bondée avant d'assister, une fois passée la prestation oubliable d'une première partie scandaleuse d'amateurisme, à l'entrée de Catpower et de son groupe.
S'imposèrent alors toute la puissance instrumentale et scénique du groupe ... ainsi que ma profonde déception !
« Jokebox »
Certes, Marshall semble goûter son plaisir sur scène, multilpliant les sourires et les clins d'oeils à ses musiciens, qui jouent un mélange de blues et de soul on ne peut plus sympathique. Le public lui-même est très enthousiaste,souhaitant à Marshall un joyeux anniversaire (la date du concert correspondait à l'heureux évènement) en multipliant cris et applaudissements ... La plénitude et l'allégresse semblaient donc habiter le Bataclan l'espace d'une soirée qui aurait dû être mémorable ... « W hat would the community think? » Mais la prestation cache bien mal une évidence : la jolie chanteuse n'en a pas fini avec ses tourments intérieurs. En effet, à aucun moment Catpower ne nous gratifiera de l'interprétation de morceaux de ses débuts, manifestant ainsi le désir de solder définitivement le compte d une période où la jeune femme laissait transparaître son mal être dans des ballades d une nudité presque impudique mais particulièrement touchante. C'était Chan Marshall seule avec sa guitare et ses démons : un dénuement de moyens et d effets qui faisaient tout son charme. Peur de traumatiser son nouveau public, qui l'a peut-être découverte à travers The Greatest ? Au lieu de cela, la chanteuse se cache désormais derrière des compositions impeccablement lisses, des instruments qui ne laissent aucun espace aux fêlures vocales de son organe si caractéristique (mais comment jouer sur la corde sensible lorsqu'on doit composer avec des musiciens omniprésents) et un registre musical passablement ennuyeux de classicisme ...
« I 've been loving you (too long) ... but I can get no satisfaction! »
Les deux derniers morceaux du concert (après premier rappel) sont symptomatiques : une reprise sensiblement décalée des Stones (sans comparaison avec la performance équivalente de Björk et PJ Harvey sur le même morceau) et une interprétation appliquée et orthodoxe d'un standard d'Otis Redding ... C'en est fini du temps où Chan Marshall jouait sa vie sur ses morceaux, se donnant sans compter ... Désormais elle prend plus qu'elle n'offre, profitant d'une standing-ovation qui vire à l'ego-trip pendant 20 minutes, sans pour autant revenir sur scène, et sans avoir joué quoi que ce soit d'un peu personnel ... Etonnant de constater que celle qui aurait pu devenir la nouvelle PJ Harvey a choisi de suivre exactement le chemin inverse : la lady du Dorset, dans son superbe dernier album "White Chalk", a préféré défier son piano avec sa seule voix, jouant des mélodies obscures et sans âge ... Probablement ce que Catpower ne fera plus jamais !
N.B.: Quelques semaines plus tard, je constaterai dans une interview que ce changement de registre "soul & sexy" n'avait pas permis à Catpower de retrouver la paix intérieure . J'ai donc dépensé vingt-huit euros pour une psychothérapie de groupe ratée ....
(Mr Indie)

Concert : Von Bondies - Hopper - Sheraff (Nouveau Casino - 10/02/08)

Arrivés en retard on n'a pu goûter la prestation complète des français de Sheraff. Néanmoins les trois derniers morceaux joués présentent un garage rock carré, joué avec énergie et dans la bonne humeur, les gars étant visiblement heureux d'être là. La palme au batteur présentant une coupe afro à la Rob Tyner. Les Sheraff laisse la place sur scène à Hopper autre groupe français mélangeant avec plus ou moins de bonheur garage et shoegaze. Portées par deux femmes, l'une à la voix mélodieuse et l'autre à la voix haut perché, le groupe alterne morceaux tout en guitares et morceaux plus éthérés... dans l'indifférence générale... Il faut dire que présenter un groupe shoegaze avant les Von Bondies ressemble à une erreur de casting. Ce qui est bien dommage car on aurait aimé les entendre dans un contexte différent, les morceaux étant loin d'être dénués de qualité en dépit de certaines faiblesse. A revoir donc.
Après ces deux bons groupes arrivent les Von Bondies qui en une heure (oui ça fait peu...) on fait parler la poudre. Le répertoire du groupe sur scène fait la part belle aux tueries du premier album (« Lack of Communication »), avec notamment des morceaux de la trempe de « Sound Of Terror », « It came from Japan » (en hommage aux japonais de Guitar Wolf), « Going down », « No sugar mama » ou le morceau titre « Lack Of Communication » sans oublier les pépites de « Pawnshoppe Heart » que sont « Broken Man », « C'mon C'mon » et « The Fever ». A noter l'excellent « R'n'r Nurse » échappé de Raw and Rare le recueil d'inédits et chanter par le batteur. A cela s'ajoute l'excellent « Pale Bride » du dernier EP 4 titres augurant d'un très bon album attendu cette année. Le groupe est carré, concentré sur son sujet. Le seul hic venant de l'alternance entre les titres des débuts plus garage, permettant toutes les impros possibles sur scène et les « tubes » du deuxième album, plus concis et jouer à la note près comme sur l'album qui laisse donc une impression mitigée comme si le groupe avait le cul entre deux chaises. Mais ne boudons pas notre plaisir, le concert fut très bon et disons le, oui les Von Bondies nous ont manqué!
(Mr Rock)

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- la suite des coups de projo -
LES BILLETS D'HUMOUR DE MR COCKTAIL & MRS ROBINSON :
Ladybirds des filles au poilCelles dont on a honte en public...Jesse Garon ou le 5e TelephoneItsi Bitsi BikiniLes 50 ans du twist...
- On s'en repaye une tranche ? -
DERNIERS CONCERTS :
Tav Falco (La Java 24/05/12)Amon Tobin (Olympia 10/05/12)The Legendary Shack Shakers (@ L’Aeronef, Lille – 02/05/2012) Jacuzzi Boys (Point Ephémère, 17/04/2012)Cool Soul Festival #2 (@ L'Aéronef, Lille, 05/04/2012)
- suite de nos errances ? -
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Maintenant j'imagine qu'une question, essentielle voire existentielle, vous taraude : Who The Fuck Are They ? Laissez moi vous conter une histoire...
Il était une fois trois amis quelque peu "désoeuvrés", fans de musique, déçus de la presse musicale et qui un jour se sont dit : pourquoi pas nous? Puisque l'on ne trouve pas ce que l'on cherche dans la presse pourquoi ne pas animer nous même notre blog musical? Ainsi avec nos défauts mais aussi notre enthousiasme, ce blog a vu le jour. Votre serviteur qui chaque mois dépense plus en disques qu'en nourriture et mes acolytes qui à l'occasion viennent contrebalancer mes penchants pour le rock saignant... Mr Pop, nutritionniste qui défend l'idée que l'apport journalier d'une pop racée et sucrée peut lutter efficacement contre le diabète et réduire l'apparition des caries. Et Mr Indie, psychiatre, convaincu des vertus du bruit blanc pour lutter contre la schizophrénie, méthode testée sur lui même avec succès... Désireux de s'ouvrir sur le monde et pour faire face aux productions de plus en plus épisodiques de Mr Pop et Mr Indie, l'équipe a été rejointe par d'autres intermittents du spectacle : - le délicieux Mr Cocktail qui passe des heures sur internet, entre deux siestes, à traquer de quoi alimenter ses billets d'humour, - Mr Bof autre cerveau malade, amoureux du cinéma bis et qui nous fait partager sa passion pour les musiques de films, - John The Revelator, historique lecteur du blog, qui est passé temporairement de l'autre côté et qui doit depuis lutter contre sa timidité maladive pour offrir de nouveaux articles... Frank